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Editorial
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La reprise des négociations de la dernière chance
Freddy Eytan
22/08/2010
Après de longues tractations, de valses diplomatiques et des hésitations, Israël et l'Autorité palestinienne reprennent le dialogue direct pour tenter d'aboutir à un accord de paix. Ces négociations se présentent sans enthousiasme et dans l'indifférence mais sont aussi celles de la dernière chance. La mission est difficile voire impossible, mais pour certains l'espoir renaît enfin dans cette région du monde. Saisissons donc cette nouvelle occasion. Israël doit sortir de son isolement et dire toujours oui à la paix.
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L'essentiel
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01/09/2010
Quatre Israéliens tués à la veille des pourparlers de paix
Benjamin Netanyahou a promis de punir ceux qui font couler «le sang des civils israéliens», après l'attaque meurtrière en Cisjordanie. Revendiqué par la branche armée du Hamas, l'incident survient deux jours avant la reprise des tractations directes pour la paix au Proche-Orient.
Quatre colons israéliens ont été tués mardi soir dans une attaque près de l'implantation de Kyriat Arba, voisine d'Hébron, en Cisjordanie, revendiquée par le Hamas. Et ce, à la veille de nouvelles négociations de paix israélo-palestiniennes à Washington. «Il s'agit d'une attaque terroriste», a déclaré le porte-parole de la police israélienne Micky Rosenfeld.
Cet attentat, le plus grave depuis de nombreux mois en Cisjordanie occupée survient alors que les pourparlers directs de paix entre Israéliens et Palestiniens, suspendus depuis fin 2008, doivent reprendre jeudi à Washington sous l'égide du président Barack Obama.
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, qui sont déjà aux Etats-Unis pour la relance des discussions, ont été informés de l'attaque. Dès son arrivée à Washington, Benjamin Netanyahou a ordonné de poursuivre les assaillants «sans aucune restriction diplomatique», en allusion aux zones autonomes de Cisjordanie sous contrôle de l'Autorité palestinienne. Il a également promis de «punir» ceux qui font couler «le sang des civils israéliens». Quant au ministre israélien de la Défense Ehoud Barak, il a qualifié l'attentat de «douloureux et grave», assurant que l'armée et les services de sécurité feraient «tout leur possible pour appréhender les meurtriers».
De son côté, le coordinateur spécial de l'ONU pour le processus de paix au Proche-Orient, Robert Serry, s'est dit «choqué» et a condamné cet «acte meurtrier».Dans un communiqué, il a exhorté toutes les parties à «ne pas laisser les ennemis de la paix entraver les négociations sur le point d'être lancées, et d'avancer avec détermination et courage au nom des deux peuples (israélien et palestinien) vers un règlement final».
<<Une réaction normale aux crimes de l'occupation>>
Le premier ministre palestinien Salam Fayyad a condamné l'attaque meurtrière contre des colons israéliens en Cisjordanie, considérant qu'elle était «contraire aux intérêts palestiniens». Dans un communiqué, le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a estimé pour sa part que «le but de cet attentat revendiqué par le Hamas et simplement de perturber le processus politique. Il ne saurait être considéré comme un acte de résistance».
Mais à Gaza, la branche armée du mouvement islamiste Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, a revendiqué «l'entière responsabilité de cette opération héroïque». Auparavant, dans un autre communiqué publié à Gaza, la direction politique du Hamas -qui contrôle la bande de Gaza, alors que l'Autorité palestinienne est en charge des zones autonomes de Cisjordanie- avait salué l'attaque.
«Le Hamas salue l'opération à Hébron et considère qu'il s'agit d'une réaction normale aux crimes de l'occupation et une preuve de l'échec de la collaboration sécuritaire entre l'Autorité palestinienne et les occupants contre la résistance», a affirmé son porte-parole, Sami Abou Zouhri.
L'attaque a déclenché la colère de jeunes colons à Kyriat Arba, les plus radicaux accusant Netanyahou de «négocier avec des terroristes».
Selon les services d'ambulance, les victimes sont un couple d'une quarantaine d'années et un autre couple âgé d'une vingtaine d'années. L'une des femmes était enceinte, a précisé l'armée. Selon des habitants de Kyriat Arba, un des couples est originaire de l'implantation juive voisine de Beit Hagai.
La voiture dans laquelle ils circulaient a été criblée de balles sur une route entre Kyriat Arba et le village palestinien de Bani Naim, près d'Hébron, a précisé le porte-parole de la police. Cette route est notamment fréquentée par les colons de la région, dans une zone où les tensions sont vives et récurrentes avec les Palestiniens.
Le dernier bilan aussi lourd pour un attentat contre des colons remonte au 30 mars 2006 lorsqu'un attentat suicide avait coûté la vie à quatre d'entre eux à l'entrée de la colonie de Kedoumim, au nord de la Cisjordanie.
- (avec AFP), Le Figaro
30/08/2010
La Grèce : meilleure amie d'Israël ?
La Grèce remplacera-t-elle la Turquie, ancienne alliée stratégique d'Israël dans le Bassin méditerranéen ? Dans une certaine mesure, oui, mais pas complètement. La Grèce peut fournir un espace aérien à l'armée israélienne pour l'entraînement de ses avions de combat.
Elle peut également augmenter ses achats d'équipements militaires de pointe et étendre les échanges d'informations sensibles. Athènes représente déjà une alternative pour les 400 000 touristes israéliens qui avaient pour habitude de remplir les très confortables et peu coûteux hôtels turcs. Elle offre également de nombreuses opportunités, aussi bien pour les accros au shopping à moindre coût que pour les amateurs de sites antiques, avec son Acropole.
Le Premier ministre Binyamin Netanyahou avait tous ces paramètres en tête lorsqu'il s'est embarqué pour un voyage officiel de deux jours à Athènes, la semaine dernière. Cette visite, première du genre pour un Premier ministre israélien en fonctions, faisait écho à celle de son homologue grec, George Papandréou, un mois plus tôt. L'emploi du temps de Netanyahou comprenait aussi bien la visite d'un navire grec fabriqué en Israël, que des entretiens avec des responsables militaires et diplomatiques ainsi qu'avec Papandréou lui-même.
Moins d'influence sur le monde arabe...
La Grèce présente, certes, quelques inconvénients dont Netanyahou est probablement conscient. Sa population est largement moins nombreuse que celle de la Turquie : 12 millions contre 63 millions. Donc un potentiel économique réduit.
Historiquement, Athènes a maintenu des relations diplomatiques de circonstances, sans être particulièrement cordiales, avec Israël. Ce qui s'explique par les liens commerciaux qui l'unissent aux pays arabes, ainsi qu'une gauche très active qui ne cache pas son soutien aux Palestiniens. D'un autre côté, le fait que la Grèce a lutté contre l'Allemagne nazie et subi son occupation doit être gardé à l'esprit comme un facteur de coalition [la Turquie était restée neutre jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale]. Politiquement, Athènes a beaucoup moins d'influence sur les Etats arabes qu'Ankara.
La Turquie, elle, est un Etat majoritairement musulman, même si sa constitution plaide pour une sécularisation du politique comme du social.
Le parti islamique au pouvoir à Ankara, dirigé par le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, aspire à rétablir l'ancienne hégémonie de l'Empire ottoman sur la région. À savoir replacer Bagdad, Damas, Beyrouth, Jérusalem et le Caire dans sa sphère d'influence, au moins en matière de politique étrangère.
... mais une place bien ancrée à l'UE
Pour ce qui est des atouts : la Grèce est un Etat-membre de longue date de l'Union européenne, organe multinational qui représente un intérêt vital pour Israël. L'Etat hébreu serait même très heureux de l'intégrer si on lui en donnait l'opportunité. Les Grecs servent également d'intermédiaires discrets pour les exportations israéliennes vers les pays arabes.
Il faut aussi souligner l'engagement religieux profond de la Grèce en Terre sainte. L'Eglise grecque orthodoxe est l'un des principaux propriétaires terriens d'Israël. Sans compter que des milliers de ses pèlerins affluent chaque année en Israël, notamment au moment de Noël ou de la Pâques orthodoxe.
Jérusalem semble aujourd'hui vouloir tourner le dos à la Turquie au profit de la Grèce - spécialement depuis les déclarations hostiles d'Erdogan suite à l'arraisonnement de Tsahal du 31 mai dernier sur le Mavi Marmara. Ce qui pourrait bien causer du tort à Ankara. Ce choix a d'ores et déjà privé la Turquie de son rôle de médiateur dans la région (entre la Syrie et Israël par exemple). Les Etats-Unis ont également menacé Ankara de différer son approvisionnement en équipements militaires et de se voir exclure des efforts de la communauté internationale pour empêcher l'Iran de développer son programme nucléaire.
- Jay Bushinksy, Jerusalem Post
25/08/2010
XVIIIème Conférence des Ambassadeurs
DISCOURS DE M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
25/08/2010
Affrontements à Beyrouth
Sunnites et Chiites ont pris les armes, mardi à Beyrouth. Deux personnes sont mortes dans les affrontements et plusieurs autres ont été blessées. Les soldats libanais ont déployés un cordon de sécurité, empêchant les journalistes d'entrer.
Des hommes armés se tenaient aux coins des rues alors que les ambulances affluaient de part et d'autre.
Les premières violences ont éclaté entre des partisans du Hezbollah chiite et un groupe conservateur sunnite. Ils se sont affrontés dans le quartier résidentiel de Bouri Abu Haidar, au sud de Beyrouth. Selon les autorités libanaises, Mohammed Fawaz, dirigeant local du Hezbollah, a été tué.
Les heurts sont intervenus alors que le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, appelait le Liban à collaborer davantage avec l'Iran et les autres pays arabes.
Le ministre libanais de la Défense, Elias Murr, a publié un communiqué dans lequel il interdit aux Libanais d'utiliser des armes dans les rues.
Il s'agit du pire incident depuis 2008, quand des membres armés du Hezbollah s'étaient rendus dans des quartiers sunnites de Beyrouth, en réponse à la tentative du gouvernement pro-occidental de démanteler les réseaux de télécommunication du mouvement chiite. Les combats avaient alors mené le pays au bord d'une nouvelle guerre civile.
- Jerusalem Post
22/08/2010
Israël: le général Yoav Galant prochain chef d'état-major
JERUSALEM - Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a annoncé officiellement dimanche la désignation du général Yoav Galant, comme prochain chef d'état-major, au terme d'une bataille acharnée au sein du commandement supérieur.
M. Barak a indiqué que son choix s'était porté sur le général Galant, l'actuel commandant de la région Sud d'Israël, lors du Conseil des ministres hebdomadaire, selon un communiqué du ministère de la Défense.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu l'a félicité pour sa décision qui doit être entérinée la semaine prochaine par le gouvernement.
"C'est une décision juste afin de rendre à l'armée une direction stable. Il fallait une décision rapide pour en finir avec l'incertitude", a-t-il déclaré en allusion aux remous provoqués ces dernières semaines autour de la succession du chef d'état-major Gaby Ashkenazi qui achève son mandat en février 2011.
Le général Galant, 51 ans, a commencé sa carrière militaire au sein de l'unité 13 des commandos de marine en 1986 qu'il commandera de 1994 à 1996.
Après avoir servi à la tête de l'état-major des forces terrestres , il accède au poste d'attaché militaire du Premier ministre Ariel Sharon entre 2002 et 2005.
En 2005, il prend la tête de la région sud d'Israël et à ce titre dirige l'opération dévastatrice "Plomb durci" (décembre 2008-janvier 2009) à Gaza qui se solde par la mort de 1.400 Palestiniens, en grande partie des civils et 13 Israéliens, des militaires pour la plupart.
Sa désignation a été rendue possible après que la police eut annoncé qu'un document censé l'impliquer dans une opération de déstabilisation était "un faux" et que la haute hiérarchie militaire était hors de cause.
La publication de ce document par les médias israéliens avait envenimé la "guerre des généraux" pour la succession du général Ashkenazi.
Ce pseudo document établi avec le logo falsifié d'un célèbre bureau d'études et de conseils avait été prétendument commandé par le général Galant.
Il comporte une série de recommandations censées rehausser son prestige et déstabiliser ses rivaux ainsi que le général Ashkenazi, qui lui serait hostile.
Cette affaire a régulièrement fait la une des médias israéliens ces deux dernières semaines, éclipsant tous les autres sujets, et terni l'image de l'armée.
La presse a notamment lié le scandale aux relations exécrables qu'entretiendraient M. Barak et le général Ashkenazi.
Les deux autres principaux candidats à ce poste étaient l'adjoint du général Ashkenazi, le général Benny Gantz, et le chef de la région militaire Nord, le général Gadi Eizenkot.
- Actualité
22/08/2010
Obama à la recherche d'un succès diplomatique
En difficulté dans les sondages, le président Obama réussira-t-il un gros coup diplomatique avant les élections législatives de novembre, qui permettrait à son parti de ne pas perdre sa majorité au Congrès? Rien n'est moins sûr, car jamais dans l'histoire vieille de soixante ans des négociations de paix israélo-arabes une quelconque avancée n'a été obtenue en si peu de temps.
Mais rien n'interdit à Barack Obama de viser, d'ici à deux ans, la conclusion d'un accord de paix instituant, aux côtés d'Israël, un État palestinien viable et fixant enfin des frontières internationales définitives au Levant. On peut même considérer que l'absence d'un tel accord d'ici à l'été 2012 constituerait un lourd handicap pour Obama, dans sa campagne de réélection à la Maison-Blanche. Car autant les élections législatives de mi-mandat aux États-Unis sont traditionnellement tournées vers l'économie et les thèmes de politique intérieure, autant les campagnes présidentielles comportent toujours un important volet diplomatique.
Condamné à réussir
Sur le Proche-Orient, Barack Obama en a déjà trop dit pour ne pas être condamné à réussir pendant son premier mandat. La première chose qu'il fit en tant que président, le 21janvier 2009, au lendemain de son investiture, fut d'appeler Mahmoud Abbas, le leader de l'Autorité palestinienne. Et l'équipe de communication de la Maison-Blanche le fit immédiatement savoir, expliquant que le nouveau président faisait du règlement du différend israélo-palestinien la priorité de la nouvelle politique étrangère américaine. Il est vrai que l'opinion publique américaine avait été choquée par la violence des opérations militaires israéliennes contre la bande de Gaza de la fin décembre et du début janvier2009 (un millier de victimes, dont de nombreux civils, du côté palestinien).
Dans la foulée, les effets d'annonce se poursuivirent. Le 22 janvier, le président nommait son nouvel envoyé spécial au Moyen-Orient en la personne de l'ancien sénateur démocrate George Mitchell, homme qui avait mené avec succès les négociations sur la question d'Irlande du Nord, qui aboutirent au fameux accord politique du Vendredi Saint (1998), où les leaders historiques de l'IRA abandonnèrent définitivement la lutte armée.
L'idée était de relancer, grâce à un médiateur américain qui avait fait ses preuves, un processus de paix israélo-palestinien complètement bloqué depuis l'échec de la Conférence internationale d'Annapolis sur le Moyen-Orient, organisée par l'Administration Bush au mois de novembre 2007.
Dialogue direct
De manière rationnelle - mais sans doute diplomatiquement imprudente -, la Maison-Blanche fixa ensuite les conditions à remplir par les deux parties en conflit avant qu'elles puissent reprendre sereinement un dialogue direct. La partie palestinienne (réduite au Fatah, car les États-Unis se refusent à négocier avec le Hamas tant que le mouvement islamiste contrôlant Gaza n'aura pas formellement reconnu le droit à l'existence d'Israël) devait rétablir chez elle la sécurité, afin de prévenir toute attaque terroriste dirigée contre Israël. Quant aux Israéliens, ils devaient geler toutes les colonisations dans les Territoires occupés (illégales au regard des conventions de Genève, dont Israël est signataire).
Sous la direction du président Abbas et du très efficace premier ministre Salam Fayyad, l'Autorité palestinienne s'est mise au travail, bénéficiant sur le terrain de l'aide de conseillers militaires américains et européens. La sécurité fut si bien rétablie qu'une ville jadis révoltée comme Jenine devint un lieu d'excursion fréquent pour maints «touristes politiques» israéliens.
Gifle israélienne
Fort de ces initiatives, Obama put prononcer, le 4 juin 2009 à l'université du Caire, un discours de main tendue aux musulmans du monde entier, sans être accusé d'hypocrisie. Mais, patatras, tout s'effondra au cours de l'été 2009, après que le gouvernement israélien de Benyamin Nétanyahou eut exprimé son refus du gel des colonisations. Le pire est que la secrétaire d'État Hillary Clinton expliqua ensuite, de manière embarrassée, que les critères exigés d'Israël par Washington ne l'étaient plus vraiment… La médiation Mitchell s'embourba.
Pour atténuer l'effet de sa gifle diplomatique à l'égard de l'allié américain, Nétanyahou décréta ensuite un moratoire partiel - dans l'espace et dans le temps - des colonies de peuplement. L'idée, en ramenant aujourd'hui les parties autour d'une table américaine, est d'obliger moralement les Israéliens à poursuivre ce moratoire au-delà de son délai initial (censé expirer le 26 septembre 2010).
Tous ces efforts sont louables, mais les chances sont encore minimes d'aboutir, même à moyen terme. Obama joue donc gros.
- Renaud Girar, Le Figaro
18/08/2010
Le Hezbollah se réarme au Sud-Liban
Tsahal l'affirme : le Hezbollah amasse des armes et forme des combattants dans les villages du Sud-Liban. Quatre ans après la guerre qui l'a opposée au mouvement chiite, l'armée israélienne l'accuse de se mêler à la population libanaise et de développer un réseau secret de bunkers, d'entrepôts et de postes de commandement en préparation d'une nouvelle guerre.
Aucune des deux parties n'a cependant donné de signes de l'imminence d'un conflit. Si Tsahal détaille aussi ouvertement ses informations sur les préparatifs supposés du Hezbollah, c'est pour servir des objectifs précis. Il s'agit d'abord de montrer l'étendue de ses renseignements, ensuite, dans le cas où une nouvelle guerre éclaterait, d'en reporter d'avance la responsabilité sur le Hezbollah. Ses hommes et ses armes ont quitté les zones boisées pour les villages, affirme l'Etat hébreu, qui l'accuse de vouloir utiliser les civils comme boucliers humains.
Un réseau alimenté par l'Iran
Depuis le mont Adir, qui surplombe la frontière avec le Pays du Cèdre, un officier du commandement Nord désigne le village libanais d'Aïta el-Chaâb. Selon lui, le Hezbollah a installé plusieurs postes dans des bâtiments civils du centre du village. Des dizaines de terroristes peuvent passer d'un site à l'autre grâce à des tunnels. Les armes importées d'Iran via la Syrie sont entreposées dans un réseau de caches diverses : garages, sous-sols, jardins,..
Il estime que 5000 terroristes du Hezbollah opèrent actuellement dans la zone tampon située entre la frontière et le fleuve Litani. Selon l'accord de cessez-le-feu de 2006, aucune activité paramilitaire n'est cependant censée avoir lieu dans cette bande, large de 5 à 30 km selon les endroits.
- Matti Friedman, Jerusalem Post
17/08/2010
Les guerres «au scalpel» d'Obama contre al-Qaida
Du Yémen à la Somalie, il privilégie les opérations secrètes menées par la CIA.
Le 25 mai dernier, une frappe aérienne américaine secrète visa au Yémen, dans un coin de désert perdu de la province de Marib, un groupe d'agents opérationnels d'al-Qaida. Elle ne tarda pas à être connue, en raison d'une bavure. Sans doute à la suite d'un échange défectueux d'informations entre les autorités américaines et yéménites, le gouverneur adjoint de la province fut tué dans le bombardement. Cette personnalité du cru, respectée par la population locale, était partie en mission auprès du groupe d'al-Qaida, espérant le persuader de renoncer à la guerre. Laissant éclater sa colère en privé à l'égard de ses alliés américains, le président yéménite, Ali Abdullah Saleh, endossa néanmoins la responsabilité du raid, et paya le prix du sang à la tribu d'origine du gouverneur adjoint.
Au cours de l'été 2009, alors que Barack Obama s'éternisait à répondre aux demandes de renforts exprimées par ses généraux en Afghanistan, les commentateurs s'étaient mis à évoquer la «cartérisation» du nouveau président démocrate. Carter, président de 1976 à 1980, incarnation d'un angélisme droit-de-l'hommiste, responsable du déclin de l'influence américaine au Moyen-Orient et en Amérique latine. À l'examen des faits, la vision d'un Obama pacifiste et «soft» (doux) envers le terrorisme est loin d'être avérée. Simplement, la guerre qu'il mène à al-Qaida est une guerre secrète, principalement confiée à la CIA.
Un scalpel fait moins de dommages collatéraux qu'un marteau
«Pour la première fois dans notre histoire, une organisation nous a déclaré une guerre secrète. Nous lui répondons de la même manière, en utilisant les meilleurs outils clandestins de la puissance américaine», a confié au New York Times le député démocrate Adam Smith, membre à la fois de la commission des Forces armées et de la commission du Renseignement de la chambre des Représentants. Assermenté, le parlementaire a accès à la plupart des documents classés secret-défense de l'exécutif.
À la Maison-Blanche, le suivi de cette guerre secrète a été confié à John Brennan, le conseiller du président en matière de contre-terrorisme. Ancien de la Direction des opérations de la CIA, ancien chef de la station «Moyen-Orient», ancien numéro 2 de la grande agence de Langley, Brennan n'est pas vraiment né de la dernière pluie. Lors d'une conférence qu'il donna à un think-tank (groupe de réflexion stratégique) de Washington en mai dernier, Brennan expliqua que, dans sa guerre au terrorisme, l'Amérique était passée d'une stratégie du «marteau» à une stratégie du «scalpel». Un scalpel a bien sûr l'avantage de faire beaucoup moins de bruit et de «dégâts collatéraux» qu'un marteau.
Cette stratégie, qui jouit d'un soutien bipartisan au Congrès, a totalement répudié celle des néoconservateurs à la Paul Wolfowitz, où le combat contre le terrorisme islamiste passait par des «changements de régime» et par l'occupation militaire de pays étrangers et lointains.
Le fait est bien connu qu'Obama a, dès sa prise de fonctions, accru les opérations de la CIA dans les zones tribales pakistanaises, fondées sur l'exécution «ciblée» de responsables d'al-Qaida, à coups de missiles Hellfire largués par des drones en vol stationnaire. Mais l'épisode du terroriste nigérian arrêté le 25 décembre dernier (alors qu'il s'apprêtait à faire exploser un avion civil sur une ligne transatlantique) a démontré que les complots contre le territoire américain n'étaient plus exclusivement ourdis autour de l'Hindu Kuch. Non seulement les réseaux d'al-Qaida en Afghanistan ont été démantelés dès la fin de l'année 2001, mais ses réseaux pakistanais sont aujourd'hui très handicapés par l'intensification de la coopération entre le Pentagone et l'état-major du général Kayani, chef de l'armée d'Islamabad.
Efficacité à démontrer
D'autres terres d'islam, jouissant d'un contrôle étatique faible ou inexistant, sont devenues le refuge des plus irréductibles ennemis de la civilisation occidentale. Les terroristes les plus dangereux résident maintenant en Somalie ou au Yémen (lieu de villégiature des responsables d'al-Qaida qui manipulaient le Nigérian), où ils ont tout loisir pour s'entraîner. Au cours des dix derniers mois, la CIA a monté, à partir du Kenya, plusieurs raids secrets vers le territoire somalien, pour tenter d'y tuer des militants du djihadisme planétaire.
Avant la «bavure» du 25 mai, d'autres frappes américaines ciblées avaient eu lieu au Yémen, avec des résultats mitigés. En décembre, un bombardement à la bombe à fragmentation (cluster bombs, théoriquement interdites par les conventions de Genève) avait rasé un camp d'entraînement d'al-Qaida dans le désert. Mais les éclats n'avaient pas épargné un camp de nomades voisin. Rompu à la guerre médiatique, al-Qaida avait immédiatement fait des images vidéo de corps de femmes et d'enfants ensanglantés, pour les diffuser ensuite sur la chaîne satellitaire qatarie al-Jezira, afin d'alimenter l'antiaméricanisme dans la région.
Les déserts du Yémen ou de la Somalie ne constituent toutefois que des espaces de recrutement mineurs pour les chefs d'al-Qaida. Le cyberespace est devenu le principal champ de recrutement des apprentis terroristes. «Lors des attentats du 11 septembre 2001, il n'existait sur le Web qu'une quinzaine de sites islamistes violents. Il y en a aujourd'hui des milliers à travers la planète!», a expliqué au Figaro l'ancien reporter de guerre Arnaud de Borchgrave, aujourd'hui chef d'un département spécialisé sur le Pakistan au sein du prestigieux think-tank CSIS. «Brennan a eu l'intelligence de le comprendre, et il a fait du contrôle du cyberespace la priorité de nos agences de renseignement.»
Le problème pour la Maison-Blanche est que ces guerres secrètes n'ont pas encore apporté la preuve de leur efficacité. À Washington, on se demande toujours si elles affaiblissent l'ennemi islamiste ou si, au contraire, elles en nourrissent le recrutement. L'exemple du Yémen, où l'ambassade américaine est bourrée d'agents de la CIA, n'est pas encourageant. Personne ne peut dire qu'al-Qaida y est moins forte qu'en octobre 2000, époque où elle attaqua, avec une barque piégée, dans le port d'Aden, le destroyer USS Cole (17 marins américains tués).
La réalité est que l'Amérique, neuf ans après le traumatisme du 11 Septembre, n'a toujours pas trouvé la réponse adéquate à la haine islamiste dont elle est la victime.
- Renaud Girard, Le Figaro
16/08/2010
Nétanyahou cherche des alliés en Grèce
Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou entame aujourd'hui une visite de deux jours en Grèce avec pour objectif de rechercher d'autres alliés stratégiques en Méditerranée en raison des tensions actuelles avec la Turquie.
Il s'agit de la première visite d'un dirigeant israélien de ce niveau en Grèce, un pays traditionnellement proche du monde arabe et qui a été l'un des tout derniers pays européens à établir des relations diplomatiques avec l'Etat juif, en 1990.
Mais le gouvernement du socialiste George Papandreou a ces derniers temps exprimé publiquement le souhait d'un rapprochement avec Israël, au moment même où la Turquie, qui avait forgé des liens étroits avec le gouvernement israélien, devenait de plus en plus en critique à son encontre.
Les relations entre Israël et la Turquie, qui s'étaient traduites par une coopération militaire et un rôle de médiateur d'Ankara au Proche-Orient, ont commencé à se détériorer lorsque les autorités turques ont condamné en décembre 2008 l'offensive de Tsahal à Gaza.
L'arraisonnage meurtrier par l'armée israélienne de la flottille pro-palestinienne se rendant vers Gaza il y a deux mois, au cours duquel neuf Turcs ont été tués, a achevé de mettre un terme à la lune de miel entre les deux pays.
Par contraste, la Grèce et Israël ont vu leur dialogue s'approfondir. "Il existe une chaleur inédite dans les relations israélo-grecques", note un haut responsable israélien qui accompagne Nétanyahou à Athènes.
Les entretiens entre le premier ministre israélien et son homologue grec devraient porter sur un renforcement des liens commerciaux et militaires, dit-on tant à Athènes qu'à Jérusalem.
En se rapprochant de la Grèce, Israël risque d'attiser un peu plus le ressentiment de la Turquie à son égard. Les relations entre Athènes et Ankara, rivaux de longue date, demeurent difficiles, même si une amélioration a été constatée ces dernières années.
La Grèce a déja tiré un premier bénéfice de cette évolution: les dizaines de milliers d'Israéliens qui choisissaient ces dernières années les rivages turcs pour les vacances se sont tournés en masse vers les îles grecques cet été.
- Reuters, Le Figaro
13/08/2010
L'Iran active sa première centrale nucléaire
Le démarrage de Bouchehr, grâce au combustible russe, inquiète les États-Unis, qui le jugent «prématuré».
Moscou a tenu sa promesse. La Russie mettra en route la première centrale nucléaire d'Iran le 21 août, ont annoncé vendredi la Russie et l'Iran. La nouvelle, bien que prévisible, ne fait pas plaisir à Washington. Quand le premier ministre Vladimir Poutine avait indiqué, en mars, que Bouchehr fonctionnerait dès cet été, la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, avait jugé la date «prématurée». La centrale est destinée à produire de l'électricité avec du combustible fourni par la Russie, mais les États-Unis souhaitent ne rien céder à Téhéran avant que l'Iran, soumis à de lourdes sanctions par le Conseil de sécurité de l'ONU, ne mette fin à toute autre activité nucléaire.
La décision russe divise le «groupe de Vienne» formé de la Russie, des États-Unis et de la France. La Russie, bien que préoccupée par la construction d'une bombe iranienne, a toujours soutenu que la centrale de Bouchehr n'avait rien à voir avec un éventuel projet militaire. La France soutient la décision irano-russe, tout en insistant sur l'autre partie du programme nucléaire iranien. Le démarrage de la centrale est «une raison supplémentaire» pour que Téhéran «suspende ses activités nucléaires sensibles» , a commenté vendredi Paris. Pour le porte-parole du Quai d'Orsay, qui rappelle que Bouchehr est autorisée par l'ONU, «l'Iran ne peut y utiliser de combustible autre que le combustible russe. L'enrichissement d'uranium par l'Iran ne peut donc avoir pour justification de contribuer au fonctionnement de la centrale de Bouchehr».
Le projet est ancien. Commencé avant la révolution islamique de 1979 par le groupe allemand Siemens, puis abandonné, le chantier avait été repris en 1994 par la Russie. Les responsables russes ont souligné que le développement de Bouchehr se faisait sous le contrôle de la Russie et de l'AIEA. Selon le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Ali Akbar Salehi, l'Iran a invité les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à assister à l'opération de lancement. «Le combustible, déjà livré par la Russie, est sous scellés et les inspecteurs de l'AIEA doivent être présents pour les enlever», a ajouté M. Salehi. D'après l'accord avec la Russie, l'Iran aura l'obligation de remettre plus tard à Moscou les barres de combustible usagées.
L'agence russe du nucléaire a rappelé vendredi que la mise en route prendrait du temps : «Après trois à quatre mois, le bloc énergétique sera à sa puissance minimale de 1 %», a précisé un porte-parole, et il faudra «six à sept mois pour atteindre la puissance maximale de la centrale».
- Pierre Prier, Le Figaro
12/08/2010
Un juriste turc spécialiste en droit international vilipende la conduite des organisateurs du Mavi Marmara:
Centre d'Information sur les Renseignements et le Terrorisme
10/08/2010
L'armée recule face au gouvernement en Turquie
Ankara a gagné le bras de fer contre une institution militaire qui veut garder le contrôle du pouvoir.
La «Star Académie» turque, version militaire, touche à sa fin. Les vainqueurs sont les généraux Isik Kosaner, promu chef de l'état-major, et Erdal Ceylanoglu, désigné commandant de l'armée de terre. Dimanche soir, le gouvernement et la hiérarchie militaire sont enfin tombés d'accord sur la désignation des numéros un et deux de l'armée, faisant baisser, provisoirement, les tensions au sommet de l'État.
Habituellement, le processus de nomination des hauts gradés relève de la routine. Il se déroule chaque année les premiers jours d'août lors du Conseil militaire suprême (YAS). Mais la semaine dernière, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan a refusé plusieurs promotions. Pour le journal Aksam, il s'agit «d'un tournant historique» dans un pays où l'armée, qui a quatre coups d'État à son actif en un demi-siècle et a pendu, en 1961, le premier ministre Adnan Menderes, considère que le gouvernement doit obéir à ses ordres. «Nous assistons à une manifestation de la démilitarisation du pouvoir, à un affaiblissement de la tutelle militaire, le politique prend le dessus», analyse l'intellectuel Mehmet Altan.
Multiplication des procès
Le premier signe de ce bras de fer a été le refus du gouvernement, la semaine dernière, d'entériner la promotion de onze généraux et amiraux. Un mandat d'arrêt avait été délivré contre eux fin juillet - il a depuis été annulé - pour leur implication supposée en 2003 dans un projet de déstabilisation du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir. La formation, dont les racines puisent dans l'islam politique, est perçue par l'institution militaire comme une menace contre la laïcité. Selon l'accusation, ce complot, baptisé «Masse de forgeron», prévoyait de faire exploser des bombes dans des mosquées pendant la prière du vendredi et de provoquer une escalade militaire avec la Grèce.
Le second acte s'est joué quand Recep Tayyip Erdogan a refusé la promotion au poste de chef de l'armée de terre du général Hasan Igsiz, qu'il soupçonne d'être impliqué dans une autre tentative de putsch. «Dans un pays démocratique, il serait impossible de promouvoir un militaire ainsi mis en cause», souligne Ümit Kardas, ancien juge militaire qui se félicite de la «résistance» du gouvernement.
Depuis des mois, gouvernement et généraux se livrent une guerre ouverte pour le contrôle du pouvoir.
Les jugements du réseau dit «Ergenekon», des auteurs présumés du «Plan d'action contre les forces réactionnaires», de ceux de l'opération «Cage» sont en cours, le procès de 102 personnes pour leur implication dans le complot «Masse de forgeron» s'ouvre en décembre… Des dizaines de militaires, accusés de conspirations ourdies contre l'AKP rendent des comptes à la justice. Il y a deux ans, les premiers officiers inquiétés par les procureurs étaient majoritairement à la retraite, mais l'étau se resserre autour de ceux d'active.
Normalisation «a la turca»
Les défenseurs de l'institution militaire estiment que les magistrats sont aux ordres du premier ministre et instrumentalisent les affaires, citant, comme dernier exemple, la convocation par la justice du général Hasan Igsiz au moment même où il devait être promu à la tête de l'armée de terre. Les actes d'accusation sont critiqués pour leur approximation ou le non-respect de la présomption d'innocence.
Pour un diplomate européen, il ne fait guère de doute que «la normalisation des relations civilo-militaires est en route même si faute de consensus politique, elle se fait “a la turca”, ce qui veut dire que la victime est l'État de droit. Mais les militaires doivent comprendre qu'ils ne peuvent même plus imaginer l'éventualité de renverser le gouvernement, cette mentalité appartient au passé.»
«Protéger la République de Turquie»
L'armée tire toujours sa légitimité à intervenir dans la vie politique de l'article 35 de son code interne: sa mission est «de surveiller et de protéger la République de Turquie établie constitutionnellement». Et l'«exception turque» a la vie dure dans les casernes. Selon le général à la retraite Arman Kuloglu, «notre armée ne peut pas fonctionner comme celles qui en Europe sont subordonnées au ministre de la Défense. Nous avons la responsabilité de sauver le pays de certains dangers». Menaces islamiste, arménienne ou kurde. La liste dressée par l'armée est longue. Mais, signe que sa tutelle est à l'agonie, même l'opposition kémaliste, gardienne de l'héritage d'Atatürk, a proposé la modification du texte afin de mettre un terme à son ingérence.
Après sa victoire contre le YAS, le premier ministre s'est lancé dans la campagne pour le référendum sur la révision de la Constitution, prévu le mois prochain. Meeting après meeting, il galvanise ses supporteurs en se présentant comme le protecteur de la «nation» face aux coups d'État. Un des articles soumis à la consultation populaire prévoit la possibilité de traduire les militaires devant des tribunaux civils. La date choisie résume la mue qu'opère le pays: les Turcs se prononceront le 12 septembre, date anniversaire du coup d'État de 1980.
- Laure Marchand, Le Figaro
04/08/2010
Proche-Orient : fragile statu quo
Faut-il craindre un nouvel affrontement au Proche-Orient ? En l'espace de quelques jours, des épisodes de violence se sont succédé. Des tirs de roquettes à partir de la péninsule du Sinaï, c'est-à-dire en territoire égyptien, ont atteint les villes d'Aqaba et d'Eilat, sur la mer Rouge, faisant des victimes dans la première, en Jordanie. Des fusées tirées du territoire de Gaza ont touché le sud d'Israël, entraînant une forte riposte israélienne.
Enfin mardi, à la frontière entre Israël et le Liban, de violentes escarmouches ont opposé les forces armées des deux pays, dans des circonstances encore confuses. Les Israéliens parlent de piège et de provocation délibérée, une version au moins partiellement confirmée par les forces des Nations unies, pour qui les Israéliens étaient dans leur territoire au moment des incidents. Les Libanais, eux, parlent de violation délibérée de leur territoire. Qui croire ?
Au Proche-Orient, les événements, bien souvent, imposent leur logique aux hommes, et pas l'inverse. Il y a des forces qui jouent avec le feu de manière quasi automatique. Des extrémistes, au sein du mouvement Hamas, s'inquiètent des rumeurs de reprise de négociations entre Israéliens et Palestiniens sous pression américaine. Au sein des forces armées libanaises, à la veille de la réouverture de la commission d'enquête sur l'assassinat de l'ex-Premier ministre Hariri, peut exister la tentation d'éviter l'éclatement du pays par le biais d'une « bonne escalade » avec Israël.
En réalité, à moins d'un développement improbable, mais toujours possible, ou d'une erreur de calcul grossière d'une ou plusieurs des parties, nous ne sommes probablement pas à la veille d'un nouveau conflit généralisé.
Quatre ans après la dernière guerre du Liban, en 2006, le Hezbollah a certes reconstitué ses forces, après une guerre qu'il n'a pas clairement perdue, et remportée de fait. Mais il ne peut souhaiter, pas plus que son protecteur et mentor l'Iran, un nouveau test avec une armée israélienne moins sûre d'elle-même et ayant tiré les leçons de 2006, sinon de 2009 à Gaza.
L'armée libanaise, encouragée ou non par la Syrie, peut prendre des risques, mais pas celui d'une guerre classique avec Israël. Le déséquilibre entre les deux armées est trop grand. Côté Israël, on peut penser que l'État hébreu est tombé de lui-même dans de trop nombreux pièges récemment, pour s'engager à la légère dans une nouvelle escalade. Tout autant que le précédent de la guerre en 2006, c'est l'épisode désastreux de juin, l'attaque sur la flottille au large de Gaza, qui doit inciter le gouvernement d'Israël à la retenue. Avec une économie au rythme de croissance presque asiatique, Israël n'a surtout pas besoin d'une nouvelle guerre.
Ce que démontre cette nouvelle escalade militaire, c'est la profonde fragilité du statu quo actuel. En l'absence de solutions durables, les hommes seront toujours à la merci d'événements qu'ils ne contrôlent pas. Sur le fond, le déséquilibre entre les parties est trop grand pour qu'elles parviennent seules à une solution de compromis raisonnable, mais douloureuse. Et la communauté internationale, derrière les États-Unis, est trop velléitaire, dispersée, sinon trop affaiblie pour imposer à des parties réticentes, mais qui seraient sans doute prêtes à s'y résigner, une solution indispensable. Les Palestiniens, en dépit d'un soutien arabe de surface, sont terriblement seuls ; les Israéliens sont comme paralysés par leur mémoire.
Dominique Moïsi, Ouest France
03/08/2010
Israël tient le gouvernement libanais pour responsable des affrontements de Aadaissi
Israël a averti mardi le Liban des "conséquences" en cas de nouveaux heurts le long de la frontière, dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères quelques heures après un échange de tirs meurtrier dans cette zone.
"Israël tient le gouvernement du Liban pour responsable de ce grave incident et met en garde contre les conséquences dans le cas où des troubles de ce type se poursuivent", indique le communiqué du bureau du ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman. "Israël voit dans les tirs contre l'armée, qui opérait ces dernières heures dans la zone frontalière en coordination avec la Finul, une claire violation de la résolution du Conseil de sécurité (de l'ONU) 1701", poursuit le ministère.
Trois soldats et un journaliste libanais ont été tués et au moins un soldat israélien a été blessé lors d'affrontements mardi à la frontière entre le Liban et Israël, a affirmé à l'AFP un responsable de services de sécurité libanais.
L'Orient-Le Jour
03/08/2010
Obama détaille le calendrier de retrait des troupes américaines
Barack Obama a déclaré, lundi, qu'il tiendrait sa promesse de mettre fin aux opérations de combat de l'armée américaine en Irak à la fin du mois d'août, et ce, malgré le blocage politique dans lequel se trouve Bagdad et le regain d'activités insurrectionnelles enregistré le mois dernier. À Atlanta, s'adressant à d'anciens combattants handicapés, au moment où l'opinion publique soutient de moins en moins l'effort de guerre en Afghanistan, le chef de la Maison-Blanche a insisté sur la réduction rapide du rôle militaire américain en Irak.
À l'approche des élections de mi-mandat (novembre), il a ainsi rappelé aux démocrates, dont l'opposition à la guerre d'Irak a contribué à le hisser à la présidence, que sa promesse de "mettre fin à la guerre en Irak de façon responsable" était en voie de se concrétiser. "Peu après avoir pris mes fonctions, j'ai annoncé notre nouvelle stratégie pour l'Irak et pour le passage progressif à une entière responsabilité des Irakiens", a dit le Président. "J'ai clairement fait comprendre que d'ici au 31 août 2010, la mission de combat de l'Amérique en Irak prendrait fin. Et c'est exactement ce que nous sommes en train de faire - comme promis et dans les temps."
L'armée américaine compte réduire ses effectifs en Irak à 50.000 hommes d'ici fin août. Officiellement, ils joueront un rôle consultatif auprès des forces de sécurité irakiennes. Obama s'est de nouveau engagé à retirer toutes les troupes américaines d'Irak "d'ici à la fin de l'an prochain". Il a néanmoins reconnu que des risques persistaient à l'heure actuelle. "Le fait est que nous ne sommes pas encore au bout des sacrifices américains en Irak", a-t-il déclaré.
"Nous avons d'immenses défis à relever en Afghanistan" (Obama)
Obama a prononcé ce discours sur fond de tensions et d'incertitude politiques en Irak, où les deux principaux partis n'ont pas réussi à s'entendre sur la mise en place d'un nouveau gouvernement, cinq mois après des élections législatives qui n'ont pas dégagé de tendance nette. L'augmentation des attaques et attentats meurtriers observée en juillet fait craindre que les insurgés ne profitent de ce vide politique pour relancer les antagonismes intercommunautaires. Face à l'opposition croissante de l'opinion américaine à la guerre d'Afghanistan, où il a envoyé des renforts pour contrer une recrudescence des attaques montées par les talibans, Obama s'est aussi efforcé, lundi, de rallier des soutiens. "Nous avons d'immenses défis à relever en Afghanistan", a-t-il noté. "Mais il importe que le peuple américain sache que nous progressons et que nous nous concentrons sur des objectifs clairs et réalisables."
Le dirigeant américain a également souligné que le Pakistan commençait à porter le fer contre les activistes dans ses frontières, et il a minimisé la récente fuite de documents confidentiels sur le conflit afghan qui mettait en cause l'engagement d'Islamabad dans la guerre et sa fiabilité. "Des revers de taille ont été infligés à Al-Qaeda et à ses dirigeants", a-t-il souligné.
Bien que l'Irak ne figure plus dans les grands titres de presse et occupe très peu de place dans la campagne pour les élections de novembre, ce discours permettait à Obama d'imprimer sa marque sur une étape-clé dans le retrait américain et de montrer aux indécis qu'il s'en tenait à son programme initial. Des statistiques du gouvernement irakien publiées samedi montrent que le nombre de civils tués par des bombes et d'autres formes de violence a quasiment doublé en juillet, même si la violence a fortement diminué de façon plus globale dans le pays ces dernières années.
- Le Point
Flottille/enquête: Israël veut coopérer
Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a informé le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon que l'Etat hébreu participera à l'enquête des Nations unies sur l'assaut contre une flottille humanitaire pour la bande de Gaza.
"Aujourd'hui, Israël a informé le secrétaire général des Nations unies que nous participerons à la commission mise en place par le secrétaire général pour enquêter sur l'incident de la flottille", a précisé le porte-parole du gouvernement, Mark Regev. "Nous sommes sûrs que les faits sont de notre côté. A partir du moment où la commission est crédible, objective, cela ne nous pose pas de problème."
Jusqu'à présent, l'Etat hébreu s'était montré réticent à la mise en place d'une commission internationale pour enquêter sur cette affaire. Mark Regev n'a pas dit si Israël avait reçu des garanties de la part de Ban Ki-moon.
Toujours lundi, Ban Ki-moon a annoncé que la commission d'enquête sera présidée par l'ancien premier ministre néo-zélandais Geoffrey Palmer, et coprésidée par le président colombien sortant Alvaro Uribe. Elle inclura deux autres membres d'Israël et de Turquie qui n'ont pas encore été nommés.
Un accord après deux mois de consultations
L'accord sur sa composition a été conclu après, selon Ban Ki-moon, deux mois de "consultations intensives avec les dirigeants d'Israël et de Turquie", et des consultations de dernière minute pendant le week-end. Il a remercié les dirigeants de ces deux pays "pour leur esprit de compromis". "J'espère sincèrement que cela contribuera au processus de paix, ainsi qu'à l'amélioration des relations entre Israël et la Turquie", a-t-il déclaré.
Ban Ki-moon a précisé que la commission commencera à travailler le 10 août et présentera un premier rapport à la mi-septembre.
Le 31 mai, des militaires israéliens avaient donné l'assaut contre une flottille humanitaire pour la bande de Gaza, tuant neuf militants pro-palestiniens, huit Turcs et un Turco-Américain.
L'indignation internationale déclenchée par cette intervention a contraint Israël à assouplir son blocus terrestre. Le blocus maritime auquel l'étroite bande côtière palestinienne est soumise demeure quant à lui maintenu.
AP, Le Figaro
02/08/2010
Assad : La paix s’éloigne, le risque de guerre
À l’occasion de la journée de l’armée syrienne, le président Bachar el-Assad a déclaré hier que la Syrie reste attachée à la recherche de la paix avec Israël, mais qu’elle doit néanmoins se tenir prête à la guerre. « Les perspectives d’une paix véritable dans la région disparaissent et la possibilité de guerre s’accroît », a estimé le chef de l’État syrien. Parallèlement, le président israélien Shimon Peres et son homologue égyptien Hosni Moubarak ont discuté hier au Caire des moyens de reprendre des négociations israélo-palestiniennes directes.
Le président israélien Shimon Peres et son homologue égyptien Hosni Moubarak ont discuté hier au Caire des moyens de reprendre des négociations israélo-palestiniennes directes pour remplacer les pourparlers indirects infructueux, a annoncé la présidence égyptienne.
Le président palestinien Mahmoud Abbas est soumis à une intense pression américaine pour reprendre les discussions directes avec l'État hébreu, suspendues depuis l'offensive israélienne sur Gaza fin 2008, au lieu des pourparlers dits « de proximité » impulsés sans résultat par Washington. M. Abbas refuse de s'engager dans des discussions directes sans avoir obtenu au préalable un gel de la colonisation israélienne et des garanties sur les frontières du futur État palestinien. Une réunion de la Ligue arabe jeudi dernier au Caire a abouti à un accord de principe pour des pourparlers directs, tout en laissant à M. Abbas le soin de dire quand il jugerait cela possible. Ces pourparlers, a souligné M. Moubarak, toujours selon son porte-parole, « doivent être sérieux, avec une durée définie et des points clairement définis ». Il s'est en néanmoins refusé à « spéculer sur le moment » où ces négociations pourraient débuter.
La rencontre entre MM. Moubarak et Peres a duré une heure et demie et a été suivie d'un déjeuner de travail. La dernière entrevue entre les deux présidents remontait à novembre dernier. M. Peres a quitté le palais présidentiel égyptien sans faire de déclaration. M. Moubarak a quant à lui souligné la nécessité de « créer une atmosphère propice au lancement de pourparlers directs », a ajouté M. Awad. « Il y a beaucoup de choses qu'Israël peut faire pour instaurer la confiance » en Cisjordanie, comme lever les barrages militaires, a-t-il ajouté. M. Moubarak a également appelé Israël à « mettre fin au blocus qui oppresse la bande de Gaza ».
Samedi, le président américain Barack Obama avait averti Mahmoud Abbas que tout refus d'une reprise de ces négociations directes pourrait nuire aux relations palestino-américaines.
Dans ce contexte, et à l'occasion de la journée de l'armée syrienne, le président Bachar el-Assad a déclaré que la Syrie reste attachée à la recherche de la paix avec Israël, mais qu'elle doit néanmoins se tenir prête à la guerre. « Le monde est maintenant convaincu que c'est Israël qui dresse des obstacles à la paix et à ses exigences. Les perspectives d'une paix véritable dans la région disparaissent et la possibilité de guerre s'accroît », a estimé le chef de l'État syrien.
M. Assad a réaffirmé la position ferme de Damas quant aux conditions de la paix. « Quiconque pense que la Syrie pourrait négocier au sujet de son territoire occupé se méprend. La libération du Golan est un droit profondément enraciné », a-t-il dit. « La paix requiert la restitution de tout le sol occupé, jusqu'à la ligne du 4 juin 1967 », a-t-il dit, se référant à la veille du déclenchement de la guerre des Six-Jours, qui a notamment permis à Israël de conquérir les hauteurs du Golan syrien.
Les déclarations de M. Assad interviennent alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait évoqué durant le week-end à la Knesset des différences d'interprétation parmi les dirigeants israéliens quant à la sincérité des intentions de paix affichées par la Syrie, dont certains pensent qu'elles ne visent qu'à polir son image sur la scène internationale. Le chef de la diplomatie israélienne, Avigdor Lieberman, est allé plus loin en assurant que toute nouvelle guerre serait fatale au pouvoir de Bachar el-Assad. La Syrie a répondu qu'elle pourrait ne pas épargner les villes israéliennes en cas de nouveau conflit.
Sur le terrain, l'aviation israélienne a mené hier avant l'aube deux raids contre deux tunnels servant à la contrebande dans la bande de Gaza en réponse à un nouveau tir de roquettes palestinien contre le sud d'Israël. Les raids ont fait un blessé palestinien, selon des sources médicales à Gaza.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a immédiatement affirmé qu'il considérait le Hamas au pouvoir à Gaza comme « responsable direct » des attaques lancées contre Israël à partir de ce territoire et promis de prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre son pays.
- Le Orient Le Jour
01/08/2010
Négociations directes avec Israël : l’avertissement de Barack Obama à Mahmoud Abbas
Les Palestiniens se plaignent des pressions de Barack Obama. Ce dernier a écrit au président palestinien pour le mettre en garde contre un refus de reprendre les négociations directes avec Israël. Si les Palestiniens refusent de revenir à la table des négociations, il y aura des conséquences, a prévenu le président américain.
Avec notre correspondant à Ramallah, Karim Lebhour
Le message de Barack Obama à Mahmoud Abbas n’a rien de surprenant. Le président américain s’agace du refus des Palestiniens de négocier directement avec Israël. Dans cette lettre, révélée par une indiscrétion palestinienne, Barack Obama manie la carotte et le bâton. Si les Palestiniens acceptent les négociations, la Maison blanche s’engage à peser de tout son poids pour une extension du gel de la colonisation. Le moratoire sur la colonisation juive en Cisjordanie expire en principe le 26 septembre prochain. En revanche, si les Palestiniens refusent, les Etats-Unis limiteront leur aide à l’Autorité palestinienne.
Le message n’est pas nouveau
Des dirigeants européens ont déjà prévenu Mahmoud Abbas qu’un refus des négociations directes pourrait se traduire par une révision à la baisse de l’aide financière européenne aux Palestiniens. Jusqu’ici Mahmoud Abbas répète qu’il ne veut pas entrer en négociations si Israël ne s’engage pas au moins à prendre les frontières de 1967 comme base des discussions. Mais à Jérusalem et à Ramallah, personne ne doute que le président palestinien ne pourra pas résister très longtemps à la pression de l’Europe et des Etats-Unis.
- RFI
30/07/2010
Damas et Riyad, garants de la stabilité libanaise
Un sommet réunissant les chefs d'État de la région s'est tenu, vendredi, à Beyrouth.
La route du palais présidentiel libanais était pavoisée, vendredi, de drapeaux syriens, saoudiens, et qatariens. Sur des panneaux publicitaires géants s'affichaient des messages de bienvenue au roi Abdallah d'Arabie, au président Bachar el-Assad et à l'émir du Qatar Cheikh Hamad Ben Khalifa al-Thani. À défaut d'être populaire, l'accueil réservé à ses hôtes par le président libanais, Michel Sleimane, est à la hauteur de l'enjeu de ces visites historiques, celui d'éviter une nouvelle escalade de violence au pays du Cèdre.
C'est la vive réaction du Hezbollah à la perspective de la publication éventuelle par le Tribunal spécial pour le Liban d'un acte d'accusation impliquant certains de ses membres dans l'assassinat de Rafic Hariri, le 14 février 2005, qui a fait brusquement monter la tension ces derniers jours. Et c'est en pompiers que le roi d'Arabie et le président syrien se sont précipités au Liban.
Les sourires de Bachar el-Assad
Il s'agit du premier déplacement à Beyrouth du président syrien depuis l'assassinat de Hariri, qui avait entraîné le retrait contraint des troupes syriennes stationnées au Liban, Damas étant soupçonné d'en être le commanditaire, ce que Bachar el-Assad a toujours démenti. Quant au roi Abdallah, il n'était plus venu à Beyrouth depuis le sommet arabe de 2002 - il était alors prince héritier. Sa visite est la première d'un roi saoudien depuis des décennies.
C'est à bord du même avion en provenance de Damas que le roi Abdallah et Bachar el-Assad ont atterri à Beyrouth avant de se diriger vers le palais présidentiel de Baabda pour une réunion tripartite. Abdallah a ensuite été reçu par Saad Hariri, son principal allié au Liban, dans la résidence personnelle du premier ministre. Pendant ce temps, Bachar el-Assad s'entretenait avec son homologue libanais et le président de la Chambre, Nabih Berri, tandis que le chef de la diplomatie syrienne rencontrait des représentants du Hezbollah.
Préserver la stabilité du Liban, tel est le mot d'ordre du minisommet présenté comme le début d'une nouvelle étape de l'histoire du pays du Cèdre, théâtre permanent des conflits et rapprochements régionaux. La teneur du bref communiqué publié par la présidence libanaise confirme la dimension avant tout symbolique de la réunion tripartite : le président syrien et le roi saoudien exhortent les Libanais «à ne pas recourir à la violence (et à faire prévaloir) les intérêts du Liban au-delà de tout intérêt sectaire (…) et à recourir aux institutions légales et constitutionnelles ainsi qu'au gouvernement d'union nationale pour régler les différends».
Au-delà des mots, c'est la force des images qui a impressionné les Libanais : souriant et décontracté, le président syrien, encore honni il y a quelques mois par une partie de la classe politique libanaise, effectue un retour en force à Beyrouth. «Comme son père avant lui, Bachar el-Assad est passé maître dans l'art de se rendre indispensable pour gérer des situations compliquées, comme celle du Liban, où il conserve une grande influence», commente un ministre.
- Sibylle Rizk, Le Figaro
28/07/2010
Visite surprise en Jordanie
Binyamin Netanyahou crée la surprise. Le Premier ministre a rencontré, mardi, le roi Abdallah II de Jordanie à Amman. Cette visite inattendue intervient deux jours avant un sommet crucial entre les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe, au Caire. Ils doivent y décider ou non d'engager des négociations directes entre Israëliens et Palestiniens.
Il s'agit seulement de la deuxième rencontre entre Netanyahou et Abdallah depuis le début du mandat du Premier ministre israélien. L'objectif de ce déplacement, gardé secret jusqu'au dernier moment, était d'obtenir le soutien de la Jordanie pour des négociations directes. La veille, le chef de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a également rencontré le monarque jordanien.
Amman, partenaire incontournable
Selon Netanyahou, l'influence d'Abdallah II est importante pour la paix et la stabilité de la région. Il tient donc à resserrer les liens entre les deux pays. Cette déclaration intervient trois mois après le triste tableau dressé par Abdallah sur l'état actuel des relations bilatérales. "Pour la première fois depuis que mon père a signé la paix avec Israël, nos relations sont au plus bas. Elles n'ont jamais été si aussi mauvaises et tendues qu'aujourd'hui", avait-il déploré.
Trois points essentiels ont été abordés mardi : le processus diplomatique israélo-palestinien, la menace iranienne ainsi que les relations économiques Amman-Jérusalem.
Cependant, l'appel israélien à la Jordanie ne fait pas l'unanimité au gouvernement. "Netanyahou est prêt à abandonner des terres juste pour obtenir des négociations directes", estime Arieh Eldad, député d'Union nationale. "Ses ambitions ont complètement changé. Il y a deux ans, personne n'aurait imaginé qu'il pourrait se rendre en Jordanie pour demander à Abdallah de l'aider à créer un Etat palestinien. Et cela, non pas en Jordanie mais bien en Israël."
- Herb Keinon, Jerusalem Post
19/07/2010
Le Hezbollah sème un vent antifrançais au Liban-Sud
«La main qui touchera à l'armement de la résistance sera coupée.» Sur l'affiche, l'homme fort du Liban-Sud, Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah («le Parti de Dieu»), lance cet avertissement dans la langue de Molière. Pour que le message soit bien compris des soldats français de la Force des Nations unies au Liban (Finul), qui patrouillent à Kirbet Slem, bourgade encaissée dans la vallée du wadi al-Ahjir. Une voie de pénétration privilégiée par les miliciens chiites pour se rapprocher de la frontière avec Israël.
Partant du fleuve Litani, les combattants pro-iraniens se sont longtemps infiltrés en toute discrétion vers le Sud, profitant des nombreuses crevasses du relief pour y acheminer des roquettes, avant de les lancer sur la région de Kiriat Shmona, au nord de l'État hébreu.
Après la guerre de l'été 2006 entre Tsahal et le Hezbollah, les Français ont hérité de ce secteur sensible, véritable paradis pour la guérilla. Le déploiement des chars Leclerc, équipés de capteurs, permet de repérer tout mouvement suspect à quatre kilomètres à la ronde. De nombreuses caches d'armes ont ainsi été vidées. Mais la pression de la Finul s'est ensuite relâchée. Le Hezbollah en a profité pour consolider sa présence. Israël s'en est alarmé. Ce qui a provoqué le retour de la Finul. «Mais les soldats avaient perdu le contact avec la population et, quand les habitants les ont vus revenir, ils se sont dit que c'était sur injonction israélienne», relève Timor Goksel, qui fut porte-parole de la Finul pendant plus de vingt ans.
Passivité de l'armée libanaise
Dans son échoppe ornée des portraits des leaders du Hezbollah, Ibrahim énonce les griefs antifrançais, que l'on entend désormais dans de nombreux villages : «Les Français pénètrent avec leurs blindés dans les ruelles. Ils violent notre intimité. Ils prennent des photos et, une semaine après, on voit qu'Israël diffuse d'autres photos de villages du Sud. On se dit qu'il y a quelque chose entre eux et Israël», ajoute ce commerçant durant la journée, qui se transforme en combattant la nuit. Comme beaucoup de jeunes du Sud, où le Hezbollah est partout et nulle part à la fois.
Le 3 juillet, après une première série d'incidents qui n'avait pas visé uniquement le contingent français, dans le village voisin de Touline, un convoi militaire français a été violemment attaqué à coups de bâtons et de jets de pierre. Des habitants sont parvenus à prendre le contrôle des véhicules, avant d'humilier les Casques bleus en les désarmant.
Loin d'être spontanée, comme l'assure la population de Touline, l'embuscade avait été minutieusement préparée par le Hezbollah. Au volant d'une Mercedes, un milicien suivait la patrouille française, téléphone portable à l'oreille, pour renseigner ses hommes et piéger le convoi de la Finul dans un cul-de-sac. Juste avant de repartir, un des assaillants lança à un Français : «On vous prévient, à partir de maintenant, la situation a changé.» En clair : on ne veut plus de vos patrouilles intrusives.
Face aux menaces d'Israël, qui accuse le Hezbollah de s'être puissamment réarmé depuis 2006, le «Parti de Dieu» veut être libre de se préparer au prochain conflit. Quitte à violer la résolution 1701 de l'ONU, qui donne davantage de moyens à la Finul pour prévenir l'acheminement d'armes au sud du Liban.
Aujourd'hui, «le Hezbollah cherche à reprendre le contrôle clandestin de la zone, afin de pouvoir réagir quand et où il veut», analyse l'ancien patron de la Finul, le général Alain Péllégrini, qui prépare un livre sur la Force. L'incident de Touline montre que le Hezbollah dispose de solides renseignements sur la Finul et qu'il peut quadriller le secteur à sa guise. Tout cela sans sortir la moindre arme à feu. De quoi inquiéter les Occidentaux. D'autant que la milice bénéficie d'une certaine passivité de l'armée libanaise.
Un attentat est redouté
Trois jours avant le déclenchement des manœuvres onusiennes début juillet, à Beyrouth, le ministère de la Défense conseilla à la Finul de ne pas se déployer sur le terrain. «Je répétais aux Français qu'ils devaient faire attention», affirme de son côté Nabil Fawaz, le maire de Tibnine.
L'activisme français dérange le Hezbollah. Certaines de ses armes restent dissimulées sous les mosquées et les terrains de football. Mais, contrairement aux Israéliens, les experts militaires occidentaux ne pensent pas que le Hezbollah ait introduit une quantité importante de munitions au Sud depuis 2006. Sa priorité est au nord de la zone Finul et du fleuve Litani. Le «Parti de Dieu» y a camouflé ses armes les plus sophistiquées, venues d'Iran et de Syrie, y compris dans les zones chrétiennes.
Son rapprochement avec Walid Joumblatt lui a également permis de grignoter du terrain, en secteur druze, au nord-est de la zone Finul, offrant aux logisticiens de la milice une très utile continuité territoriale à partir de la plaine de la Békaa, limitrophe de la Syrie, jusqu'à ses bastions du Liban- Sud. Dans cette nouvelle zone d'influence, le Hezbollah envoie aussi des messages clairs : au printemps, l'attaché de défense hollandais s'est fait arrêter à un barrage clandestin tenu par des miliciens chiites et sa voiture a été fouillée.
Officiellement, entre les Français et le Hezbollah, l'incident est désormais clos. Sur le terrain, on a fumé le «narguilé de la paix» lors de la finale de la Coupe du monde. À Beyrouth, des diplomates ont rencontré des représentants du «Parti de Dieu». Mais personne n'est dupe. «Si les Français ne changent pas leur comportement, il y aura une autre réaction», assure Hola Ibrahim, de Kirbet Slem. Sous-entendu : un attentat contre le contingent français ne serait pas à exclure.
- Georges Malbrunot, Le Figaro
14/07/2010
Entretien publié dans Diplomatie magazine avec Freddy Eytan sur la nouvelle géopolitique au Moyen-Orient
Freddy Eytan : Il est essentiel de resituer les événements au sein d’un contexte géopolitique nouveau. Dans la course à l’hégémonie au Moyen-Orient, la donne a en effet changé. D’une part, l’Iran et la Turquie poussent leurs pions, Israël se trouvant au milieu. D’autre part – élément grave à la fois pour Israël et pour l’Occident en général – nous nous trouvons face à un nouvel axe Téhéran-Damas-Ankara. La visite de Dmitri Medvedev en Syrie le 10 mai dernier démontre de surcroמt la connivence qui entoure le retour de l’ex-Union soviétique dans la région.
-Diplomatie voir l'intégralité de l'entretien
13/07/2010
L’Iran est « proche » de la bombe, estime Moscou
Moscou a encore durci le ton contre Téhéran. Hier, le président russe Dmitri Medvedev a accusé l’Iran d’être proche du « potentiel qui, en principe, peut être utilisé pour créer une arme nucléaire ».
« L'Iran est proche d'avoir le potentiel qui, en principe, peut être utilisé pour créer une arme nucléaire », a affirmé le président russe, Dmitri Medvedev, cité par l'agence Interfax, au cours d'une réunion hier à Moscou avec les ambassadeurs de Russie. Cette déclaration témoigne une nouvelle fois du durcissement de la position de la Russie à l'égard de l'Iran et de son programme nucléaire controversé, alors que les deux pays entretenaient traditionnellement de bonnes relations. Selon Interfax, M. Medvedev a regretté qu'un tel potentiel ne constitue pas en soi une violation du Traité de non-prolifération nucléaire : « C'est l'un des problèmes », a-t-il estimé, jugeant par ailleurs que « la partie iranienne ne se comportait pas de la meilleure des manières ».
Moscou a voté en juin, avec les autres grandes puissances du Conseil de sécurité de l'ONU, en faveur d'une quatrième série de sanctions financières et militaires contre Téhéran en raison du refus iranien de suspendre ses activités nucléaires sensibles, en particulier l'enrichissement d'uranium. Les sanctions « ont un sens, c'est un signal destiné à stimuler le processus de négociations. Maintenant, il faut de la patience et une reprise rapide du dialogue avec Téhéran », a relevé par ailleurs le président russe. « Si la diplomatie laisse passer cette chance, ce sera un échec collectif », a averti M. Medvedev. « Nous appelons systématiquement Téhéran à faire preuve de l'ouverture et de la coopération nécessaires avec l'AIEA » (l'Agence internationale de l'énergie atomique), a-t-il encore souligné.
L'Iran, qui affirme que son programme nucléaire a un objectif strictement pacifique, a fait savoir la semaine dernière qu'il pourrait, sous condition, reprendre en septembre le dialogue avec le groupe 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne). Dimanche, Téhéran a par ailleurs affirmé avoir produit environ 20 kilos d'uranium enrichi à 20 %, défiant ainsi la communauté internationale. « Nous (...) travaillons à produire des plaques de combustible », a déclaré le chef du nucléaire iranien, Ali Akbar Salehi, à l'agence ISNA. L'uranium enrichi peut servir de combustible pour alimenter des réacteurs nucléaires, mais aussi pour créer le noyau fissible d'une bombe atomique. M. Salehi a répété que d'ici à septembre 2011, l'Iran pourrait par lui-même « livrer le combustible nécessaire au réacteur de recherche de Téhéran ».
Parallèlement, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré à une chaîne de télévision américaine que des « régimes irrationnels » tels que l'Iran ne peuvent être autorisés à posséder des armes nucléaires et que ce serait une erreur de croire que les ambitions de Téhéran peuvent être contenues. M. Netanyahu a affirmé lors de l'émission « Fox News Sunday » que l'Iran « poursuit ses efforts pour se doter d'armes nucléaires », ce qu'il a jugé de « très, très dangereux », ajoutant que « c'est la menace terroriste suprême d'aujourd'hui ». Il n'a pas voulu dire s'il se fixait une date-limite pour laisser la diplomatie suivre son cours avec l'Iran. « Nous nous réservons toujours le droit de nous défendre », a-t-il répondu. M. Netanyahu a éludé une question sur la création d'une zone dénucléarisée au Proche-Orient, mais il a accusé l'Iran, l'Irak et la Libye de violer le Traité de non-prolifération.
- L'Orient-Le Jour
01/07/2010
Pétition
Pour Israël, pour l'Occident - Pétition de l'Initiative Amis d'Israël initiée par José Maria Aznar, ancien premier ministre espagnol, juin 2010
- L'intégralité de la pétition (Crif)
01/07/2010
Israël, roi des drones
Le Heron peut voler jusqu’à 52 heures d’affilée à 10 km d’altitude en transportant une charge utile de 300 kilos
Menahem Kahana/AFP
Éclairage Une centaine d'avions sans pilote ont déjà été vendus à travers le monde.
Véritables yeux de la guerre moderne, omniprésents dans le ciel du Pakistan, d'Irak ou de Gaza, les drones sont devenus une spécialité et une priorité d'Israël, premier exportateur mondial. L'enjeu est tel que, selon les médias locaux, même en pleine crise israélo-turque, une délégation militaire serait venue secrètement il y a quelques jours de Turquie en Israël pour s'entraîner au pilotage du Heron, un modèle de drone israélien.
Cet avion sans pilote, long de 11 mètres, est propulsé par un moteur de 1 200 CV. Il peut voler jusqu'à 52 heures d'affilée à 10 km d'altitude en transportant une charge utile de 300 kilos. Le bord de ses ailes, revêtu d'une plaque en titane, est doté d'un système antigel. « Il a accumulé des dizaines de milliers d'heures de vol. Sa vocation, c'est l'ISR : intelligence, surveillance et reconnaissance », autrement dit la collecte des renseignements, la surveillance du terrain en temps réel et l'appui aux troupes terrestres, explique le capitaine « Gil », 30 ans, commandant d'une escadrille « qui opère tous les jours, 24 heures sur 24 », de la base aérienne de Palmahim, au sud de Tel-Aviv.
Totalement autonome du décollage à l'atterrissage, le Heron garde contact avec un QG opérationnel mobile sur fréquences radio. Sa caméra à haute résolution permet de distinguer nettement un suspect au sol. Équipés de missiles, les drones frappent sans être vus. Leur ronronnement familier pèse sur la bande de Gaza.
« Sous diverses appellations, une centaine de Heron ont déjà été vendus à travers le monde, notamment à la France, l'Allemagne, l'Australie, au Canada, à l'Espagne ou à la Turquie, et on les retrouve en Afghanistan et en Irak », explique Jacques Chemla, ingénieur en chef et « cerveau » de Malat, le département des UAV (Unmanned Air Vehicle), les drones, d'Israel Aerospace Industries (Industries aéronautiques d'Israël - IAI). Pour découvrir ce saint des saints, près de Tel-Aviv, il faut montrer patte blanche. Caméra, téléphone portable ou magnétophone sont interdits et un censeur veille aux propos émis. « Israël est le premier exportateur mondial de drones, avec plus d'un millier d'appareils vendus dans 42 pays, soit un chiffre d'affaires annuel d'environ 350 millions de dollars », précise M. Chemla.
Le Malat fournit ses clients clé en main, avec les qualifications requises, le soutien logistique (la formation) et technique, voire en leasing. Plus d'un millier d'employés et sous-traitants phosphorent pour remplir les carnets de commandes. Sur 80 projets examinés, 15 ont été retenus.
Le drone le plus imposant, le Heron TP, baptisé Eytan
(« Fort » en hébreu), de la taille d'un Boeing 737, pèse 4,5 tonnes. Récemment adopté par l'armée de l'air israélienne, il a une autonomie de vol de 36 heures et transporte à 13 000 mètres d'altitude une charge utile d'une tonne. Il communique via satellite. Son rayon d'action couvre l'Iran. À l'inverse, le Parpar (« papillon ») ne pèse que 35 grammes. Avec cet œil volant, les forces russes auraient eu davantage de chances d'éviter le massacre de Beslan en 2004 en localisant le commando protchétchène qui avait pris des otages dans une école, selon les experts israéliens.
Les minidrones peuvent aisément être lancés puis récupérés à l'aide de filets, de parachutes de freinage ou encore en se retournant sur le dos à l'atterrissage pour préserver leur caméra fixée sur le ventre. Les applications civiles des mouchards du ciel ouvrent aussi des perspectives infinies. « Après d'interminables patrouilles, quand le bleu de la mer et du ciel se confondent, les aviateurs rêvent tous d'être remplacés par des drones surveillant les frontières, le littoral ou les oléoducs », affirme M. Chemla. Et d'ajouter que seuls ses drones sont capables de guider les pompiers en repérant à travers les fumées les foyers des feux de forêt.
- L'Orient le Jour
27/06/2010
Lettre du président Sarkozy à la famille Shalit
- L'intégralité de la lettre (pdf)
- "F. Eytan : "Guilad Shalit est devenu le symbole de la nation entière," Guysen News, 18 Mai 2010
23/06/2010
Premières transmissions de l'Ofek 9
Le satellite espion Ofek 9, a transmis ses premières informations, mercredi.
Lancé vers 22h mardi, de la base aérienne Palmahim sur la côte méditerranéenne, l'Ofek 9 a été placé en orbite par l'industrie aérospatiale israélienne (IAI). Selon des représentants de la défense, il offrira à l'armée israélienne des capacités sans précédent.
"Cela donne à Israël une plus grande flexibilité opérationnelle", a déclaré Chaï Eshed, directeur de la programmation spatiale au conseil d'administration et de développement du ministère de la Défense (MAFAT).
C'est un grand soulagement pour le milieu de la défense israélien. En particulier pour l'IAI, le contractuel du projet Ofek. En septembre 2004, Ofek 6 était tombé dans la mer. Le nouveau satellite ne représente pas une innovation technologique profonde. La camera est peu plus développée que celle d'Ofek 7. Ofek 9 permettra néanmoins aux forces de défense israéliennes de mieux exploiter les atouts de l'espace.
Un autre satellite sera lancé dans les années à venir
Le dernier satellite israélien, TecSar, a été lancé d'Inde en 2008. TecSar, développé également par l'IAI, a la capacité de créer des images haute résolution en utilisant une technologie avancée, le Radar synthétique d'Ouverture. Cette technologie permet de produire des images dans toutes conditions météorologiques et même la nuit.
Le prochain satellite espion lancé s'appellera Opsat 3 000. Il devrait être envoyé dans l'espace d'ici 2020.
D'un poids de 300 kg et d'une durée de vie de 4 ans, Ofek 9 sera placé en orbite autour de la Terre, à une hauteur de 600 km. Il communiquera ses images à une station de l'IAI.
Si la défense n'a pas voulu divulguer les niveaux de performance du nouveau satellite, Ofek 9 serait le modèle le plus avancé jamais lancé par Israël dans l'espace. Il devrait surpasser Eros B, lancé en avril 2006 et capable de repérer des images sur la terre d'une taille de 70cm.
31/05/2010
«Les lois internationales ont été bafouées. Israël se devait de réagir»
Mehdi Atmani
Selon le directeur du centre des affaires publiques et de l’Etat à Jérusalem Freddy Eytan, Israël a tout fait pour éviter l’escalade de la violenceSix bateaux transportant plusieurs centaines de militants pro-palestiniens et de l’aide matérielle à destination de Gaza ont été arraisonnés à l’aube par des commandos israéliens alors qu’ils tentaient de forcer le blocus. Journaliste et directeur du centre des affaires publiques et de l’Etat à Jérusalem (CAPE), Freddy Eytan condamne une provocation des «ennemis d’Israël» visant à isoler l’Etat hébreux sur la scène internationale.
Le Temps: Les réactions internationales ne se sont pas fait attendre. Israël aurait-elle pu éviter cette escalade?
Freddy Eytan: Sans aucun doute. Israël n’a pas choisi la confrontation. Elle s’est trouvée face à des fanatiques prêts à tout pour forcer le blocus. Elle se devait donc de réagir. Il y a des lois internationales à respecter. On ne peut donc pas rester les bras croisés lorsque celles-ci sont bafouées. Il aurait été plus simple de demander à Israël de jouer les intermédiaires pour acheminer l’aide humanitaire à Gaza pour autant qu’il y ait un besoin.
– C’est-à-dire?
– Il n’y a pas de crise humanitaire à Gaza. Alors pourquoi s’entêter à vouloir acheminer de l’aide matérielle? Cette opération orchestrée par des islamistes radicaux n’est qu’une provocation visant à menacer la paix dans la région. Israël se doit de maîtriser la situation.
– Le Hamas a très vite appelé au soulèvement devant les ambassades sionistes forçant Israël à relever son niveau d’alerte. Faut-il s’attendre à des débordements?
– La crise est grave. Dans les rues de Jérusalem, la tension est palpable. Chacun prend ses dispositions pour contrecarrer d’éventuels attentats. Il faut espérer que le Hezbollah et le Hamas renoncent à mener des actions nuisant à la sécurité du pays ou que d’autres ne tentent de forcer le blocus à leur tour.
– L’ONU s’est dite «choquée» La Turquie a prévenu Israël de «conséquences irréparables» sur les relations bilatérales. D’autres sanctions de la part de la communauté internationale sont-elles envisageables?
– De quel droit ? Nous sommes chez nous. Lorsque l’on essaye de pénétrer de force dans votre maison, généralement on appelle la police ou l’armée. C’est ce qu’à fait Israël. L’Etat hébreux n’a jamais été fermé au dialogue. Il est d’ailleurs prêt à lever le blocus pour autant que Noam Shalit (caporal israélien retenu en otage par le Hamas ndlr.) soit libéré et que le Hamas se garde de mener des actions contre Israël.
– Le Premier ministre Benjamin Netanyahou rencontrera Barack Obama cette semaine. Le raid israélien va-t-il ternir davantage des relations déjà tendues entre les deux pays?
– Au contraire, je pense que cela va contribuer à réchauffer les liens entre Israël et les Etats-Unis. Les deux hommes semblent résolus à renouer le dialogue et éviter l’escalade. Ces discussions ne pourront qu’apaiser la situation. Par contre Israël va devoir s’attendre au maintien d’une campagne menée par la Turquie et l’Iran pour isoler l’Etat hébreux sur la scène internationale.
– Et nuire à la réputation d’Israël à l’étranger?
– C’est en tout cas leur but, mais la communauté internationale est consciente qu’il s’agit d’une provocation menée par une minorité d’extrémistes.
-Le Temps
30/5/2010
ISRAEL ET LE TNP
Israël a fustigé "l'hypocrisie" de l'accord de la Conférence de suivi du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et annoncé qu'il ne participerait pas à sa mise en oeuvre portant sur la création d'une zone exempte d'armes nucléaires au Proche-Orient. C'est la première fois qu'Israël, considéré comme la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient mais qui n'est pas signataire du TNP, est ainsi montré du doigt sur la scène internationale pour ses activités nucléaires sur lesquelles il maintient systématiquement un flou volontaire.
Les Israéliens n'ont jamais reconnu disposer de l'arme atomique et refusent d'adhérer au TNP en considérant que ce traité a "prouvé dans le passé sa totale inefficacité pour empêcher la prolifération nucléaire".
"Cette résolution de la conférence est profondément hypocrite et défaillante. Elle ignore les réalités du Proche-Orient et les vraies menaces auxquelles la région et le monde tout entier sont confrontés", a affirmé le gouvernement israélien dans un communiqué publié à Toronto, où le Premier ministre Benjamin Netanyahu est actuellement en visite.
La Conférence de suivi du TNP a adopté par consensus vendredi une déclaration finale(voire le document de l'ONU) prévoyant notamment la tenue en 2012 d'une conférence internationale pour un Moyen-Orient dénucléarisé. Le document singularise l'État hébreu, affirmant qu'¨il importe qu'Israël adhère au traité et place toutes ses installations nucléaires sous les garanties globales de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)".
La résolution "stigmatise Israël, la seule véritable démocratie au Proche-Orient et le seul pays menacé d'anéantissement", déplore le communiqué israélien. "Étant donné la nature biaisée de cette résolution, Israël ne sera pas en mesure de prendre part à sa mise en oeuvre", souligne le communiqué qui précise qu'en tant qu'État non signataire du TNP, Israël n'est pas "tenu à appliquer les résolutions de la Conférence".
Toutefois, le gouvernement israélien "prend note des clarifications apportées par les États-Unis quant à leur politique", et annonce que ce dossier sera discuté lors de la rencontre prévue jeudi à Washington entre le Premier ministre israélien le président américain Barack Obama.
"Notre politique en matière de nucléaire est bien connue, bien comprise et solide comme un roc", a indiqué un haut responsable israélien voyageant avec M. Netanyahu. "L'administration américaine a changé sa politique en matière de non prolifération", a estimé le haut responsable israélien. "Nous n'avons pas fini de parler de ce sujet", a-t-il ajouté.
L'accord, le premier depuis 10 ans, a été salué par le président américain Barack Obama qui l'a qualifié d'"équilibré et réaliste". "Les États-Unis saluent l'accord obtenu lors de la conférence de suivi du Traité de non-prolifération (TNP) pour renforcer le régime de non-prolifération globale", déclare M. Obama dans un communiqué. Il a cependant ajouté être "fortement" en désaccord avec le fait que la conférence ait singularisé Israël dans sa section consacrée au Proche-Orient.
La République islamique d'Iran, accusée malgré ses démentis par une partie de la communauté internationale de chercher à se doter de l'arme nucléaire s'est pour sa part félicitée du résultat de la conférence sur le TNP. "C'est un pas en avant vers la création d'un monde sans armes nucléaires", a estimé Ali Asgar Soltanieh, représentant de l'Iran à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) cité par l'agence officielle Irna.
La France par la voix de son ministre des Affaires étrangères a accueilli favorablement ce document à l'instar de l'Union européenne. "La France se félicite de l'adoption, par la conférence, d'un document final comportant une feuille de route ambitieuse, apte à relancer la dynamique de ce Traité essentiel qu'est le TNP", a indiqué dans un communiqué Bernard Kouchner. "Les textes auraient certes pu, selon nous, être plus incisifs sur les crises de prolifération, en particulier la crise iranienne qui est au coeur des préoccupations de la communauté internationale", a-t-il ajouté.
À Bruxelles, la chef de la diplomatie de l'UE Catherine Ashton a salué "avec enthousiasme" le texte. "L'UE va immédiatement s'atteler à la préparation de sa contribution au processus d'application de la résolution sur le Proche-Orient", a-t-elle indiqué.
- L'Orient le Jour- Site officiel de l'ONU
28/5/2010
Conférence de l’examen du TNP
16e séance - après-midi
La Conférence d’examen des Parties chargées d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) a adopté, aujourd’hui, le document final* de ses travaux, qui contient trois plans d’action portant sur les trois piliers du Traité, et des recommandations pour parvenir à la création au Moyen-Orient, d’une zone exempte d’armes nucléaires, comme recommandé par la résolution adoptée en 1995 sur la question.
Après quatre semaines de travaux, la Conférence, dont les travaux ont été marqués par la participation de 172 États parties aux TNP, est parvenue à un accord comportant une série de recommandations destinées à relancer les efforts multilatéraux de désarmement nucléaire et de non-prolifération et à promouvoir le développement responsable des usages pacifiques de l’énergie nucléaire.
Figurent également dans le document final de la Conférence d’examen, des mesures pratiques pour mettre pleinement en œuvre la résolution de 1995 sur la création d’une zone exempte d’armes nucléaires et autres armes de destruction massive au Moyen-Orient. À cet égard, les Parties au TNP ont décidé, notamment, de l’organisation d’une conférence en 2012 sur la résolution de 1995, appuyée par les États dotés de l’arme nucléaire et à laquelle devront participer tous les États de la région du Moyen-Orient sur la base d’accords librement consentis.
En vue de la tenue de la conférence de 2012, la Conférence d’examen demande au Secrétaire général de nommer un facilitateur chargé de mener des consultations avec l’ensemble des pays du Moyen-Orient. Le facilitateur devra de plus faire rapport sur les résultats de la conférence de 2012 lors de la prochaine conférence d’examen du TNP, en 2015. En outre, la Conférence rappelle la réaffirmation, par la Conférence d’examen de 2000, de l’importance qu’Israël adhère au TNP et place toutes ses installations nucléaires sous le régime de sauvegarde de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
- Nations Unies
27/05/2010
Nétanyahou : «L'islam radical sera défait»
INTERVIEW EXCLUSIVE - Dans un entretien au Figaro, le premier ministre israélien se prononce pour un État palestinien démilitarisé.
En visite jeudi à Paris à l'occasion de l'entrée d'Israël dans l'OCDE, et avant de rencontrer Barack Obama à Washington mardi prochain, Benyamin Nétanyahou répond aux questions du Figaro.
LE FIGARO. - Où en sont les relations entre Israël et la France?
Benyamin NÉTANYAHOU. - Mes relations personnelles avec Nicolas Sarkozy sont très amicales. Nous nous connaissons depuis des années et j'apprécie son intérêt pour Israël. Entre des amis et des membres d'une même famille, nous pouvons avoir des désaccords occasionnels, mais la fraternité est là. Nous appartenons à la communauté des nations libres, et l'admission d'Israël dans l'OCDE en est le symbole.
JCall, un groupe comprenant de nombreux représentants de la communauté juive en France et en Europe, a récemment critiqué dans une lettre ouverte la politique de votre gouvernement. Quelle est votre réaction?
Je crois qu'ils s'égarent. J'ai, dès le premier jour de mon entrée en fonction, appelé à la reprise des pourparlers de paix avec les Palestiniens. J'ai reconnu dans mon discours à Bar-Ilan l'idée de deux États pour deux peuples et me suis prononcé en faveur de la paix avec un État palestinien démilitarisé, qui reconnaîtrait Israël en tant qu'État juif. Nous avons, au cours de l'année écoulée, levé des centaines de barrages en Cisjordanie pour faciliter la reprise économique chez les Palestiniens. Malheureusement, rien de tout cela n'a été suivi par des mesures réciproques de leur part. En fait, ils ont fait l'inverse. Ils refusent de reprendre des pourparlers directs et ont mis des préconditions à la relance de ce dialogue. Ils ont essayé de bloquer l'accession d'Israël à l'OCDE, ont appelé à l'expulsion d'Israël de l'ONU et ont baptisé plusieurs de leurs places du nom de terroristes connus. Tout ceci va à l'encontre de l'esprit de la paix. Un examen objectif de ces faits devrait plutôt conduire les Juifs comme les non-Juifs français et européens à appeler les Palestiniens à revenir à un esprit plus pacifique plutôt que de condamner Israël
Les États-Unis souhaitent la création d'un État palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale. Votre position sur ce sujet a-t-elle évolué?
Une perception répandue dans certains milieux, en Europe et ailleurs, est que la question de Jérusalem et la présence de communautés israéliennes en Cisjordanie seraient à l'origine du conflit. Or ce conflit a en réalité commencé dans les années 1920 et a duré pendant cinquante ans, avant même qu'il y ait une seule colonie israélienne en Cisjordanie. Nous avons quitté le Liban, nous nous sommes retirés de Gaza, et ces endroits sont tombés sous le contrôle de militants soutenus par l'Iran, qui ont tiré des milliers de roquettes contre Israël. Leur but n'est pas que nous nous retirions de Cisjordanie, mais que nous nous retirions aussi de Tel-Aviv. Ils veulent liquider l'État d'Israël. La véritable cause du conflit n'est donc pas la question des Territoires occupés par Israël en 1967. On nous demande, et je l'ai accepté, de reconnaître un État palestinien comme l'État légitime du peuple palestinien. Comment est-il possible que les Palestiniens refusent de reconnaître l'État du peuple juif? C'est là où se trouve la véritable cause de ce conflit, et c'est là où la solution se trouve aussi. Sans cela, un retrait de Cisjordanie et un traité de paix ne résoudront rien.
Quels gestes attendez-vous des Palestiniens pour revenir à des pourparlers directs?
Je ne pose aucune condition à la reprise des négociations. Mais il y a deux éléments critiques pour parvenir à la paix, et pour persuader les Israéliens de faire des concessions significatives pour l'obtenir.
Le premier est qu'un partenaire palestinien accepte la reconnaissance de l'État juif. Un État palestinien ne doit pas être établi pour continuer le conflit. Il doit coïncider avec l'établissement d'une paix durable. Ce qui signifie la fin des revendications ultérieures et que la question des réfugiés palestiniens soit résolue en dehors des frontières d'Israël. Le second est que cet État palestinien soit démilitarisé. Nous ne pouvons pas répéter les expériences tragiques du Sud-Liban et de Gaza pour nous retrouver en Cisjordanie avec des bases établies par des clients de l'Iran, depuis lesquelles des milliers de missiles seront tirés contre le territoire israélien. La reconnaissance de l'État juif par les Palestiniens et la démilitarisation de la Cisjordanie sont les deux conditions essentielles à la paix.
On est passé, il y a quelques semaines, à côté d'une confrontation entre Israël et le Hezbollah. Avez-vous aujourd'hui la certitude que le Hezbollah n'a pas de missiles Scud au Liban?
L'Iran et le Hezbollah ont tenté de fomenter des tensions à notre frontière nord et de persuader la Syrie que nous préparions une attaque. Tout ceci n'était qu'une mise en scène. Nous avons fait savoir que notre objectif était la paix avec tous nos voisins, Syrie et Liban inclus. Hélas, l'Iran et la Syrie continuent de fournir des armes au Hezbollah. Au cours des quatre dernières années, des livraisons massives d'armes au Hezbollah ont eu lieu. Nous en avons intercepté certaines, dont un navire chargé de plus de 200 tonnes d'armes et de roquettes destinées à être tirées contre des civils israéliens. Mais d'autres sont passées. C'est un élément déstabilisant.
La France et les États-Unis se sont récemment rapprochés de la Syrie. À quelles conditions reprendriez-vous les négociations avec Damas?
J'ai parlé de ceci avec le président Sarkozy. Le principal obstacle aux négociations avec la Syrie est son insistance à ce qu'elles soient conclues avant d'avoir commencé. C'est une assez drôle de conception d'un traité de paix. C'est là le principal obstacle.
Un accord se dessine entre Washington, Moscou et Pékin à l'ONU pour de nouvelles sanctions contre l'Iran. Croyez-vous à l'efficacité de ces sanctions? Sinon, une option militaire est-elle toujours envisagée?
Le danger d'un Iran nucléaire pour la paix et la stabilité, non seulement au Moyen-Orient mais aussi pour le monde, est aujourd'hui bien compris. L'Iran soutient des mouvements terroristes, tout autour d'Israël, au Liban et à Gaza, et pourrait le faire en Asie ou en Europe. Les terroristes ne peuvent pas développer eux-mêmes des armes nucléaires. Mais les régimes qui les soutiennent peuvent leur en fournir, sans avoir besoin de brandir des menaces directes avec des missiles. On peut donner une arme nucléaire à des terroristes, la mettre dans un conteneur, l'embarquer à bord d'un navire et la faire apparaître dans n'importe quel port. Les régimes militants islamiques comme l'Iran n'obéissent pas aux règles de prudence et de calcul des coûts et des bénéfices, du type de celles qui ont guidé les choix de toutes les puissances nucléaires depuis le début de l'ère nucléaire. Le plus grand danger auquel le monde ait à faire face est de voir des régimes islamiques militants se doter de l'arme nucléaire. Une arme nucléaire iranienne ou une prise du pouvoir des talibans au Pakistan doivent être prévenues par tous les moyens par la communauté internationale.
La Turquie, longtemps un allié et un partenaire d'Israël, est devenue très critique vis-à-vis de vous. Cela vous inquiète-t-il?
Je pense que la direction générale de la politique turque et son attitude envers Israël sont les conséquences d'un changement plus profond dans ce pays, et non pas ses causes. Nous préférerions que des relations pacifiques et productives, comme celles que nous avons entretenues au cours des deux dernières décennies, puissent reprendre. Mais la décision revient aux Turcs. Nous espérons qu'ils réaliseront l'intérêt de poursuivre leur partenariat avec Israël.
Quelle est la signification économique et politique de l'entrée d'Israël dans l'OCDE?
Israël a entrepris une transformation majeure, qui n'a pas été appréciée à sa juste valeur par des médias focalisés sur des sujets comme le terrorisme ou la colonisation. Israël est devenu l'une des puissances technologique du monde et se situe aujourd'hui juste après les États-Unis et le Canada dans la recherche, l'innovation et l'éducation. Nous avons connu une croissance spectaculaire et le potentiel économique que nous pourrons développer à travers des échanges de technologie bénéficiera à l'OCDE tout entière.
L'un des défis actuel est aussi de développer la situation économique des Palestiniens et de nos voisins. La coopération entre Israël, les Palestiniens, la Jordanie et l'Égypte - et, qui sait, peut-être un jour la Syrie et le Liban - pourrait contribuer à l'amélioration de la condition de tous. Cela ne se substitue pas à la paix politique, mais cela pourrait grandement l'aider
Quelle place voudriez-vous laisser dans l'histoire d'Israël?
Israël est un pays différent des autres. C'est le seul pays du monde à être menacé de destruction. Personne ne veut rayer la France de la carte, c'est une particularité de l'État juif. Rappelez-vous que nous avons traversé une terrible expérience historique dans notre passé récent. Le peuple juif a payé d'un prix terrible le fait de ne pas avoir d'État. Que pouvons-nous imaginer quand nous entendons Nasrallah (le chef du Hezbollah, NDLR) ou Ahmadinejad (le président iranien, NDLR) parler de rayer Israël de la carte? Ce n'est pas un concept abstrait. Le premier ministre d'Israël a donc pour mission première d'assurer la survie de l'État juif, parce que l'histoire ne donnera pas une seconde chance aux Juifs. Sa seconde responsabilité est d'arriver à une paix réaliste. Ce qui signifie une paix qui aille au-delà des déclarations de bonne foi et des vœux pieux, et cela doit se traduire par de robustes garanties de sécurité.
Vous vous êtes décrit comme un faucon pragmatique. Êtes-vous plus «faucon» ou plus «pragmatique»?
Le Moyen-Orient est une région dangereuse, dans laquelle la seule paix qui dure est une paix que vous pouvez défendre. Si la paix implique d'affaiblir vos défenses, elle ne tiendra pas. Nous devons relever le défi d'arriver à une telle paix. Et aussi celui d'exploiter les possibilités qu'offre la nouvelle ère technologique qui commence. Quand je vois les importants changements à l'œuvre en Asie et à travers le monde, quand je vois ce que nous avons été capables de réaliser dans un pays où nous grattions le sable il y a à peine soixante ans, j'ai confiance dans l'avenir. Mais il y a des forces rétrogrades, comme celles des radicaux islamiques, qui s'opposent à la nouvelle civilisation de l'information et déploient contre elle une violence sans limites. Comment avancer vers l'avenir si nous devons en permanence lutter contre ces forces rétrogrades? Je crois que nous arriverons à les vaincre et que l'islam radical sera défait. Mais nous avons déjà vu d'autres idéologies fanatiques. Elles ont finalement été vaincues, non sans avoir auparavant causé de terribles souffrances au monde civilisé, et à mon propre peuple. Et cela ne doit pas se répéter.
18/5/2010
F. Eytan : Guilad Shalit est devenu le symbole de la nation entière
Guilat Shalit est toujours détenu quelque part dans la bande de Gaza. Mais quatre ans après la capture du jeune francov-israélien, les négociations en sont toujours au point mort. La population israélienne reste mobilisée et la communauté internationale s'implique dans les pourparlers. Mais alors quels sont les zones d'ombre du dossier Shalit qui freine la libération du jeune soldat ?
Vendredi 14 mai, des centaines de personnes ont manifesté devant la résidence de Benyamin Netanyahou. A l'aide de banderoles à l'effigie du jeune soldat, la foule a exhorté le Premier ministre à œuvrer pour la libération de Guilad Shalit.
"Après quatre ans de détention la population israélienne est toujours mobilisée" commente Freddy Eytan, ancien diplomate et chargé des affaires européennes au Centre des Affaires Publiques et de l'État, interviewé sur Guysen TV. "C'est la seule nation qui est aussi solidaire pour un seul de ses soldats", précise t-il.
Selon le diplomate, même s'il "n'y a pas de droite ou de gauche concernant Guilad Shalit" , le dossier Guilad Shalit n'est cependant pas prioritaire pour l'administration Netanyahou.
Lors de la protestation du 14 mai, Noam Shalit présent, a adressé à son fils un message symbolique. "Je te promets que tes cris silencieux seront entendus" a t-il promis dans un mégaphone. La douleur d'un père qui rallie la population israélienne.
"Guilad Shalit est devenu le symbole de la nation entière. Celui de la lutte inlassable d'Israël contre le terrorisme".
Un symbole national, mais aussi international puisque Guilad Shalit est franco-israélien. En décembre dernier, l'Allemagne et l'Egypte ont tenté de faire avancer les négociations en vue de sa libération.
Tout dernièrement la Russie s'est elle aussi investie dans le dossier Shalit. De visite à Damas, le président russe s'est entretenu avec son homologue syrien Bachar El Assad et avec le chef du Hamas, Khaled Mechaal. Un entretien au cours duquel M. Medvedev a demandé à son interlocuteur de libérer l'otage israélien. En vain...
"Guilad Shalit ne sera renvoyé en Israël que dans le cadre d'un accord honorable" a rétorqué Khaled Mechaal. Il accuse Israël d'entraver le processus d'échange de prisonniers. Le groupe islamiste exige, en effet, la libération de plus d'un millier de prisonniers palestiniens actuellement détenus en Israël, contre celle du soldat Shalit.
Ainsi donc et en dépit des efforts déployés par la communauté internationale, "le dossier reste entre les seules mains du Hamas" explique Freddy Eytan.
Un dossier qui pèse aussi sur les négociations de paix. "Mahmoud Abbas avait voulu s'emparer de cette affaire, mais n'a pas réussi. Il se trouve dans une situation où il doit négocier sur d'autres problèmes comme ceux des frontières, Jérusalem et autres. Pourtant la détention de Guilad Shalit interfère aussi dans le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens".
Depuis son enlèvement dans le sud de la bande de Gaza, personne n'a pu rentrer en contact avec l'otage. Malgré ses demandes répétées, la Croix Rouge Internationale n'a pas pu se rendre sur place. A ce jours, les signes de vie de l'otage sont rares. Au total : deux lettres et un enregistrement vidéo ont été distillés par le Hamas. Un impact médiatique fort, dans une société israélienne traumatisée par la capture du jeune soldat.
- Par Juliane Grasser pour Guysen International News
Dix questions explosives sur le nucléaire iranien
Alors que les négociations avec les grandes puissances doivent reprendre le 1er octobre, Téhéran disposerait déjà d'assez d'uranium pour fabriquer une bombe. Enjeux intérieurs et internationaux, options politiques et militaires : état du dossier de tous les dangers.
1. Comment le programme est-il né?
Les ambitions nucléaires de l'Iran remontent aux années 1960. A l'époque, le chah, Mohammad Reza Pahlavi, souhaite doter son pays de centrales destinées à la production d'électricité; la France, notamment, est prête à l'aider. Mais, en 1979, l'ayatollah Khomeini met fin à tous les contrats de coopération signés par l'ancien régime: le Guide suprême de la révolution juge l'option nucléaire non conforme aux préceptes de la religion. Après trois années de guerre avec l'Irak, les mollahs changent d'avis. Face à la menace que représentent Saddam Hussein et ses armes chimiques, ils veulent acquérir la maîtrise de l'atome. Pour y parvenir, ils s'adressent au Pakistan, seul pays musulman à maîtriser la production d'uranium enrichi.
Les premières discussions ont lieu en 1984. Elles débouchent, trois ans plus tard, sur un accord formel de coopération. Le père de la bombe pakistanaise, Abdul Qadeer Khan, promet de fournir les composants nécessaires à la fabrication de centrifugeuses - les machines à enrichir l'uranium - de première génération (P-1). A Natanz, les Iraniens construisent un vaste complexe: en surface, une usine pilote susceptible de recevoir 984 centrifugeuses; au sous-sol, l'unité principale, conçue pour accueillir 54 000 machines.
Les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), organisme des Nations unies chargé de veiller à l'usage pacifique de l'énergie nucléaire, ne sont autorisés à visiter les lieux qu'en 2003. Les Iraniens jurent alors qu'ils ne cherchent à produire que de l'uranium faiblement enrichi, à des fins civiles... Parallèlement, l'Iran s'intéresse aussi à une autre filière, celle du plutonium. La République islamique bâtit en secret, à Arak, un réacteur à eau lourde, capable de produire du combustible de qualité militaire.
2. Où en est-il aujourd'hui?
Le réacteur d'Arak devrait entrer en service vers 2010, ce qui permettrait en théorie aux Iraniens de disposer d'une bombe nucléaire au plutonium dans trois ans environ. Mais c'est surtout le programme d'enrichissement d'uranium qui inquiète la communauté internationale. L'usine de Natanz est opérationnelle depuis 2006. Selon le dernier rapport de l'AIEA, rendu public il y a trois semaines, 8803 centrifugeuses fonctionneraient sur le site. Elles auraient déjà produit 1508 kilos d'uranium faiblement enrichi. Assez pour fabriquer une bombe, à condition de "surenchérir" cette matière. Et les experts estiment que quelques semaines suffiraient pour mener à bien cette opération.
Le complexe de Natanz est-il le seul site de production d'uranium enrichi en Iran? Les centrifugeuses de Natanz sont de type P-1. Or les Iraniens ont passé en 1994 un second accord avec Abdul Qadeer Khan, qui portait sur la fourniture des plans d'une centrifugeuse plus performante, la P-2. Trois de ces centrifugeuses de seconde génération auraient été livrées en 1997.
3. Est-ce un programme militaire?
Le seul fait d'enrichir de l'uranium ne constitue pas une violation du Traité de non-prolifération (TNP, ratifié par Téhéran en 1970). Mais dans le cas de l'Iran, plusieurs indices ont été jugés inquiétants : le secret autour de la construction des sites de Natanz et d'Arak, des importations de matériaux sensibles non déclarées, le programme balistique et la découverte, surtout, en 2003, à Natanz, par les inspecteurs de l'AIEA, d'un document pakistanais expliquant comment former des hémisphères d'uranium, technique qui ne sert que si l'on veut fabriquer une bombe...
A cela s'ajoute une remarque de bon sens: l'Iran ne dispose d'aucune centrale susceptible d'utiliser l'uranium enrichi produit à Natanz. Les Iraniens ne possèdent en effet qu'une centrale nucléaire civile, à Buchehr, construite par les Russes. Elle ne peut être alimentée, au terme d'un accord signé en 2005, qu'avec du combustible russe.
Pour autant, l'uranium produit à Natanz n'est que faiblement enrichi. Cela fait de l'Iran un "pays du seuil", mais non encore une puissance nucléaire. Et du programme iranien "un programme d'apparence civile, avec vraisemblablement une option militaire qui n'a pas encore été levée". Empruntée à Jean François-Poncet et Monique Cerisier-ben Guiga, auteurs d'un récent rapport d'information destinée à la commission de la défense du Sénat, cette définition est sans doute la plus juste.
4. Faut-il avoir peur d'un Iran atomique?
Les stratagèmes mis en oeuvre par Téhéran, souvent pris en flagrant délit d'importations clandestines de technologie et de mensonge quant à la nature ou à l'ampleur de son programme, suscitent une inquiétude légitime. Inquiétude alimentée par les imprécations du président Mahmoud Ahmadinejad. Reste que les dirigeants iraniens, plus rationnels qu'on ne le pense en Occident, ne sauraient mésestimer le caractère suicidaire qu'aurait une attaque nucléaire sur Israël ou sur toute autre cible, pour peu qu'ils en maîtrisent le déclenchement.
En revanche, ils pourraient miser sur l'accession de l'Iran au sein du club de l'atome pour modifier, à son profit, la donne géopolitique moyen-orientale. En cela, la République islamique s'inscrit dans une obsession historique, née au temps de Cyrus le Grand (vie s. avant J.-C.) et patente, au xxe siècle, sous la dynastie Pahlavi: l'obtention d'un statut de puissance régionale respectée. Sans doute la pérennité d'un régime contesté passe-t-elle, aux yeux des mollahs, par cette forme de dissuasion.
Reste que l'émergence d'un Iran nucléaire ouvrirait la boîte de Pandore de la prolifération. Comment convaincre des pays vulnérables et sunnites, tels que l'Arabie saoudite ou l'Egypte, de renoncer face à une telle menace à la course à l'arsenal atomique?
5. Comment a réagi la communauté internationale?
La tâche des interlocuteurs de l'Iran est compliquée par la fragmentation du régime de Téhéran, constitué d'une nébuleuse de comités et traversé de lignes de fracture politiques encore renforcées par la réélection contestée, le 12 juin, de Mahmoud Ahmadinejad. Occidentaux et Russes ont d'abord cherché à encourager l'Iran à adopter un programme nucléaire civil. Mais Téhéran a rejeté, le 6 août 2005, une proposition de l'Union européenne afin de l'aider à construire un tel programme, "non proliférant et économiquement viable".
L'année suivante, Téhéran ayant repris son programme d'enrichissement de l'uranium, l'AIEA saisit le conseil de sécurité de l'ONU. Ce dernier adopte, en décembre 2006, une série de sanctions contre l'Iran, renforcées en 2007. A cela, les Etats-Unis et l'Union européenne ajoutent plusieurs mesures qui visent les principales banques du pays.
L'investiture de Barack Obama, en janvier 2009, marque un changement de ton de la part de Washington, qui appelle Téhéran à reprendre, avant le 23 septembre, un dialogue engagé avec le Groupe des six, qualifié aussi "5 + 1" (Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni, France et Allemagne), chargé par l'ONU de traiter la question nucléaire; les dernières discussions dans ce cadre remontent à juillet 2008.
Mais la main tendue d'Obama est restée sans effet. Téhéran n'a toujours pas répondu aux questions sur la nature militaire supposée de son programme. Dans les dernières propositions iraniennes en vue de la reprise des négociations, remises le 9 septembre, rien ne figure sur une suspension de l'enrichissement de l'uranium réclamée par les Nations unies. Plus que jamais, Téhéran semble chercher à gagner du temps.
6. Que fera-t-elle demain?
Le Groupe des six, Etats-Unis en tête, a décidé de prendre au mot l'Iran, qui se dit "prêt à négocier": les représentants des uns et des autres doivent se retrouver le 1er octobre, afin de discuter des dernières propositions de Téhéran. Celles-ci restent ambiguës. Pourquoi, alors, reprendre le dialogue sur des bases aussi fragiles? Les grandes puissances espèrent sans doute jouer des désaccords parmi les mollahs au pouvoir, dans l'espoir de renforcer la main des plus pragmatiques.
En cas d'échec, de nouvelles sanctions, plus sévères, pourraient être imposées. Certains, à Washington, souhaitent interdire à l'Iran toute importation d'essence: le pays, grand exportateur de pétrole brut, ne dispose pas de capacités de raffinage suffisantes et importe 40 % de son essence.
Mais tout le monde n'est pas d'accord. Car les Occidentaux eux-mêmes sont plus divisés qu'il n'y paraît. Barack Obama, dont l'état de grâce touche à sa fin, veut à tout prix éviter d'apparaître faible en face de l'Iran. D'autres, parmi les Européens, craignent, sous l'effet de nouvelles sanctions, un durcissement de Téhéran qui risquerait de précipiter une frappe militaire israélienne. Et de nombreux pays sont eux-mêmes partagés sur la marche à suivre: la chancelière allemande, Angela Merkel, use volontiers d'un discours offensif, mais les milieux industriels de son pays soulignent que Berlin est le premier partenaire commercial de Téhéran.
7. L'Iran, seul contre tous?
Face à l'ambition iranienne, le "reste du monde" n'a jamais parlé d'une seule voix. Pour autant, l'Iran compte peu d'alliés, sinon la Syrie, la Corée du Nord ou encore le Venezuela de Hugo Chavez.
Au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, deux des cinq membres permanents ménagent Téhéran. La Russie, qui tarde à livrer la centrale de Buchehr, doit résoudre ses contradictions: l'irritation que lui inspire la raideur iranienne, la crainte suscitée par un Iran nucléarisé au sud d'un Caucase déstabilisé par l'islamisme armé, la volonté de maintenir des relations politiques et commerciales qui tiennent l'Amérique à distance. La Chine, elle, s'emploie à entraver l'intensification des sanctions et plaide en faveur de nouveaux "efforts diplomatiques": Téhéran est le troisième fournisseur de brut de Pékin, qui craint en outre un précédent utilisable contre la Corée du Nord.
Dans le monde musulman, l'épouvantail téhéranais tourmente avant tout les émirats travaillés par une minorité chiite insoumise (Bahreïn, Koweït), les régimes sunnites fragilisés par l'activisme fondamentaliste et les "laïques" d'Irak, pays sous influence. La crainte est d'autant plus palpable que la rhétorique d'Ahmadinejad puise souvent aux sources d'une chimère chère au défunt ayatollah Khomeini : l'exportation de la révolution.
8. Pourquoi Sarkozy hausse-t-il le ton?
Le besoin d'occuper l'avant-scène et la volonté de se tailler une stature internationale n'expliquent pas tout. Aux yeux du président français, l'irruption d'un Iran pourvu de l'arme nucléaire ou capable de s'en doter à brève échéance constitue un authentique péril pour la paix du monde, et fait peser sur l'Etat d'Israël, dont il se veut l'ami fidèle au point d'adopter son argumentaire, une "menace existentielle".
Paris ne doute pas de la dimension militaire du forcing technologique iranien et tend à soupçonner l'AIEA d'indulgence excessive envers Téhéran. Partisan d'un durcissement des sanctions, tant à l'ONU qu'à l'échelon européen, Nicolas Sarkozy a sans doute été le leader occidental le plus abrupt dans la condamnation de la répression de la fronde civique consécutive à la réélection douteuse, le 12 juin, de Mahmoud Ahmadinejad. Le peuple iranien, a-t-il ainsi répété voilà peu, "mérite mieux que ses dirigeants actuels".
Les diplomates familiers du dossier qualifient d'ailleurs d'"exécrables" les relations bilatérales. L'arrestation et la comparution, devant un "tribunal révolutionnaire", de la jeune chercheuse Clotilde Reiss, assignée à résidence à l'ambassade de France dans l'attente de son jugement, ont bien entendu contribué à assombrir l'horizon.
9. Israël va-t-il frapper?
Lors d'un voyage à Berlin, à la fin du mois d'août, Benyamin Netanyahu se voit offrir l'original des plans d'Auschwitz: "Nous ne pouvons pas laisser le mal organiser le meurtre massif d'innocents", commente-t-il. Le Premier ministre israélien ne rate pas une occasion de répéter qu'il ne tolérera pas la menace vitale pour son pays que représenterait, à ses yeux, ce régime iranien armé de la bombe. C'est la doctrine Begin, du nom de l'un de ses prédécesseurs qui avait ordonné, en 1981, la destruction du réacteur irakien d'Osirak, et qui prétend empêcher tout ennemi d'Israël d'acquérir l'arme nucléaire.
L'état-major de Tsahal, l'armée de l'Etat hébreu, ainsi que les services de sécurité seraient aujourd'hui divisés sur l'opportunité de bombardements préventifs des installations en Iran. Y aller malgré l'opposition américaine? Pour de simples frappes ou pour une campagne de plusieurs semaines? Avec quelle efficacité, in fine? Et quelles conséquences régionales? Le débat irrigue les médias.
10. En Iran, à qui profite la crise?
A court terme, le régime, un temps ébranlé par la vague de contestation la plus ample de son histoire, peut tabler sur le bras de fer engagé avec l'Occident pour forger un semblant d'union sacrée, au nom de l'indépendance nationale. Sans doute Mahmoud Ahmadinejad doit-il en partie au regain de tension sur le front nucléaire l'adoubement par le Majlis (Parlement) de la plupart des ministres de son gouvernement, pourtant jugés "incompétents" par de nombreux députés.
Il ne se prive d'ailleurs pas d'accabler ses prédécesseurs, accusés de "faiblesse" dans l'arène atomique. Voilà les rescapés du courant réformateur muselés pour un moment. De même, si le Guide suprême Ali Khamenei, maître des choix stratégiques, affiche son soutien à un président dont les foucades le lassent parfois, c'est aussi par souci de serrer les rangs face à l'"arrogance mondiale".
Reste qu'à long terme la stratégie du perpétuel défi risque de trouver ses limites. La logomachie du "droit inaliénable à l'énergie nucléaire" ne nourrit pas son homme. Or la plupart des démunis attendent toujours l'"argent du pétrole", censé garnir la table familiale. Quoi qu'en disent les officiels, le peuple pâtit de sanctions imputées certes à la cruauté de l'ennemi, mais aussi, mezza voce, à l'entêtement du pouvoir.
- Par Marc Epstein, Jean-Michel Demetz, Vincent Hugeux, Dominique Lagarde, publié le 17/09/2009, L'Express
13/5/2010
Le nucléaire Russo-Turque
La Russie a signé à Ankara un accord avec la Turquie pour la construction de la première centrale nucléaire turque, un projet salué par le président russe Dmitri Medvedev comme le symbole des liens « stratégiques » qui unissent les deux pays. « Cet accord ouvre une nouvelle page dans notre coopération », a déclaré M. Medvedev, lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.
Le mémorandum sur la construction et l'exploitation d'une centrale nucléaire à Akkuyu, sur la côte méditerranéenne turque, fait partie de la vingtaine d'accords signés hier par les deux pays, pour un montant total d'investissements estimé par M. Medvedev à 25 milliards de dollars. M. Erdogan a indiqué que la construction débuterait après la ratification de l'accord par les Parlements des deux pays et prendrait sept ans.
L'accord signé mercredi « est un très gros contrat », a déclaré à des journalistes Sergueï Kirienko, le directeur général du géant russe du nucléaire Rosatom. « Le prix approximatif d'un tel projet est d'environ 18-20 milliards de dollars ». M. Kirienko a indiqué que la Russie serait propriétaire de la centrale, en ne détenant « pas moins qu'une part assurant le contrôle ». « Il s'agit d'une situation nouvelle, a-t-il estimé. La Russie n'avait jamais auparavant possédé de centrale nucléaire hors de son territoire (...) Pour nous, il s'agit d'un contrat extrêmement important. »
M. Erdogan a souligné qu'il avait discuté avec M. Medvedev de la coopération dans le domaine énergétique, et notamment de l'approvisionnement en gaz et en pétrole des marchés européens via la Turquie.
- L'Orient le Jour
9/5/2010
Israël face au piège du T.N.P.
Une fois encore, il est de bon ton de s'en prendre à Israël à propos d'un projet de dénucléarisation du Proche-Orient. Dans son numéro daté du 8 mai, le correspondant à Jérusalem du journal Le Monde titrait son article sur la question : « Arsenal nucléaire : Israël sur la défensive - l'AIEA veut convaincre l'Etat hébreux de signer le TNP alors qu'une résolution appelle à un Proche-Orient dénucléarisé ».
De fait, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), dont le Conseil des gouverneurs se réunira après la Conférence de suivi du traité de non-prolifération nucléaire (TNP), qui se tient actuellement, à New York, devrait se concentrer lors de sa prochaine session sur ce qu'elle appelle les ''capacités nucléaires d'Israël'', selon une ébauche d'accord sur l'ordre du jour de sa réunion du Conseil des gouverneurs, prévue en juin, Déjà, il y a quelques jours, en marge de la conférence quinquennale de suivi du TNP, les cinq puissances nucléaires « officielles » (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne et France), par ailleurs membres permanents du Conseil de sécurité, ont repris à leur compte la résolution adoptée par la conférence de suivi du TNP, qui, en 1995, avait appelé à l'établissement d'une zone dénucléarisée au Proche-Orient.
Mais, nous ne pensons pas, contrairement à l'affirmation de Laurent Zecchini, que cette déclaration commune constitue un « revers diplomatique » pour Israël. Dans la mesure, où comme le reconnaît lui-même le journaliste français, cette initiative vise « bien sûr » l'Iran (ce qui n'était pas le cas en 1995).
Et il faut, d'ailleurs, replacer la résolution de 1995, dans son contexte.
Source: Par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international
- desinfos.com

Débat exceptionnel sur le rapport Goldstone
CLIQUEZ ICI
Jeudi 5 novembre 2009 un duel oratoire a eu lieu à l'université Brandeis (USA) entre le juge Goldstone et le président du CAPE, l'ancien ambassadeur d'Israel aux Nations-Unies Dore Gold.
Pour pouvoir écouter le débat GOLDSTONE- GOLD cliquer sur le site CAPE en anglais.
Quelle issue pour le rapport Goldstone sur Gaza ?
Après avoir été discuté hier au Conseil de sécurité des Nations unies sur le Proche-Orient, le rapport Goldstone sur la guerre de Gaza de l'hiver 2008 arrive aujourd'hui sur le bureau du Conseil des droits de l'homme de l'ONU. L'ouverture d'enquêtes par les deux parties, israélienne et palestinienne, réclamée par le juge sud-africain Richard Goldstone, continue de diviser les deux camps. Après avoir demandé l'ajournement de l'examen du texte, le président de l'Autorité palestinienne tente de "sauver sa tête", explique Le Temps. La frilosité initiale de Mahmoud Abbas face au rapport Goldstone a en effet été très critiquée, et son leadership remis en cause, souligne Electronic Intifada. Et c'est sous la pression de la rue que Mahmoud Abbas a envoyé le rapport, lundi, à Genève, pour demander son examen par le Conseil des droits de l'homme, indique Al-Jazira. L'attention internationale portée au rapport risque toutefois de ne pas avoir de conséquence, regrette Dar Al-Hayat, qui évoque le débat au Conseil de sécurité, qui n'a débouché sur aucune condamnation. Côté israélien, le gouvernement rejette en bloc le document, tout comme une partie de l'opinion publique. Le conservateur Jerusalem Post publie ainsi le point de vue d'un rabbin sud-africain, dénonçant les irrégularités procédurales de la "mission Goldstone".
Discours de Benjamin Netanyahou à l'ONU
Il y a près de 62 ans, l'Organisation des Nations Unies reconnaissait le droit des Juifs - un peuple antique dont l’existence remonte à 3500 ans - à un Etat qui leur soit propre dans leur patrie ancestrale.
Obama- Sarkozy- Brown se mobilisent contre l'Iran
Le Conseil de sécurité des Nations Unies s’est réuni à New York au niveau le plus élevé pour adopter une résolution ferme sur la non-prolifération et le
désarmement nucléaires. Nous sommes venus ici pour annoncer qu’hier, à Vienne, nous avons également présenté à l’AIEA des éléments détaillés qui prouvent que la
République islamique d’Iran s’emploie depuis plusieurs années à construire à proximité de Qom une usine clandestine d’enrichissement d’uranium.
Une douzaine de délégations a quitté cette nuit à New York la salle de l'Assemblée générale de l'ONU pour protester contre le discours du président iranien, jugé antisémite.
Un discours «inacceptable», estime un diplomate français. Une douzaine de délégations, dont la française et l'américaine, ont quitté mercredi soir à New York la salle de l'Assemblée générale de l'ONU afin de protester contre le discours du président iranien. «Il est décevant que M. Ahmadinejad ait choisi une nouvelle fois de recourir à une rhétorique haineuse, insultante et antisémite», a déclaré le porte-parole de la mission américaine auprès de l'ONU. Le président iranien a donc terminé son discours devant un parterre à moitié vide.
Le président iranien a livré un long réquisitoire -35 minutes au lieu des 15 réglementaires- contre l'état actuel du monde, dirigeant des attaques à mots plus ou moins voilés contre les Etats-Unis et les juifs.
Les vraies questions sur le rapport Goldstone
De nombreuses questions se posent sur les intentions de la commission Goldstone et on peut se demander si ses membres ont vraiment voulu chercher la vérité.
La commission n'a pas interrogé les témoins palestiniens sur les réelles activités du Hamas et les différents groupuscules terroristes dans la bande de Gaza. N'utilisent pas-ils des maisons d'habitation pour lancer des roquettes, des tirs de mortiers pour viser systématiquement les villages israéliens? Ces maisons qui abritent des familles palestiniennes ne sont-elles pas transformées en véritables positions militaires? N'ont-elles pas été utilisées comme tremplin pour des embuscades contres les soldats de Tsahal? Ces maisons n'ont-elles pas été piégées avant et pendant l'opération "Plomb durci"? Les combattants et les tireurs d’élite du Hamas n'ont pas été placés dans ces maisons? Derrière les fenêtres et sur les toits? Toutes sortes de pièges explosifs n'ont pas été posés dans ces appartements et aux alentours de ces "maisons civiles'?
Dans tous les témoignages recueillis par les membres de la commission Goldstone, (publiés dans le site Web de l'ONU) on ne trouve aucune trace, aucun rapport sur la présence d'activistes du Hamas en civil et armé. Aucun témoignage sur le tir de roquettes contre les villages israéliens; des milliers de roquettes et obus qui ont semé la terreur durant plus de 8 années consécutives. Les membres de la commission n'ont pas osé affronter ces témoignages accablants. Ils n'ont pas voulu contredire les récits enregistrés par des ONG engagées et en fait ont présenté volontairement un rapport peu crédible et imbibé de nombreuses zones d'ombre.
Voir l'intégralité de l'article du colonel (de réserve) Yohanan-Dahouah Halévy dans le site anglais du JCPA.
Réponses israéliennes sur le rapport de l'ONU concernant l'opération "Plomb durci "
• Israël est outré et déçu par le rapport publié le 15 septembre 2009 par la Mission d’Etablissement des Faits à Gaza. Le rapport ignore proprement le droit d’Israël à l’autodéfense, rend des conclusions non corroborées concernant ses objectifs et remet en question les valeurs démocratiques d’Israël et son attachement à l’Etat de Droit.
Voire les réponses du gouvernement israélien dans le site du ministère des Affaires étrangères.
L'armée israélienne et le Hamas face à la justice ?
Dans un rapport très attendu sur l'offensive israélienne l'hiver dernier dans la bande de Gaza, rendu public hier, le juge sud-africain Richard Goldstone conclut à des crimes de guerre dans les deux camps et somme l'ONU d'agir. "Un nouveau rapport, qui ne fait que confirmer ce qu'ont déjà constaté plusieurs ONG ?, demande Le Temps. Pas sûr. Celui-ci porte le sceau de l'ONU et bénéficie de la notoriété internationale de son auteur." Qualifié de "nauséabond" par Israël (Jerusalem Post), "manquant d'objectivité et d'impartialité" selon le Hamas (Al-Jazira), le rapport de 574 pages détaille les exactions commises par les deux camps et indique la marche à suivre pour que ces crimes soient punis. Richard Goldstone suggère ainsi que le Conseil de sécurité de l'ONU exige des deux parties qu'elles mènent une enquête indépendante, faute de quoi la Cour pénale internationale serait saisie. Reste à savoir si l'ONU suivra ces recommandations. Yediot Aharonot ne croit pas à une saisie de la justice internationale, mais plutôt à des poursuites individuelles. De son côté, Haaretz estime que ce rapport aura des conséquences politiques et diplomatiques durables.
Le grand retour d'Israël en Afrique
Florissantes après les indépendances, quasi inexistantes ensuite, les relations entre l’État hébreu et le continent s’intensifient et obéissent désormais à des considérations avant tout économiques.
L'article de Jeune Afrique
Journalisme ou combat idéologique ?
Un journal suédois, l’Aftonbladet, a publié récemment un article infamant sur Tsahal qui a provoqué une crise diplomatique entre Israël et la Suède. Un peu plus tard, c’est la chaîne télévisée Al Jazeera qui a repris ces accusations. Réactions de Freddy Eytan, ancien ambassadeur d’Israël et également journaliste, politologue et écrivain.
L'interview radio de actu.co.il
Séminaire animé par Freddy Eytan
Le Centre de recherche français à Jérusalem a le plaisir de vous inviter au séminaire animé par Freddy Eytan Ancien ambassadeur, Chercheur au Centre des Affaires Publiques et de l'Etat (CAPE) de Jérusalem, Aauteur de "Sarkozy, le monde juif et Israël" (Editions Alphée/Jean-Paul Bertrand, septembre 2009) La politique de Nicolas Sarkozy au Proche-Orient : le changement dans la continuité ? le mercredi 4 novembre 2009 à 18h, au Centre de recherche français de Jérusalem, 3, rue Shimshon, Bakaa, Jérusalem, Tél : 02-565 81 11 - Fax : 02-673 53 2 5- ,E-mail : crfj@crfj.org.il
Nouveaux développements dans les capacités ballistiques iraniennes: Les implications au-delà du Moyen-Orient - Uzi Rubin (en Anglais)

L'industrie de la haine: le Hamas et le Jihad Islamique Palestinien (JIP)
Le Hamas et le JIP considèrent les enfants comme un public-cible particulièrement important et comme de futures recrues potentielles. Ils soumettent donc les enfants à une large variété detechniques d'endoctrinement intensives, y compris l'inculcation de l'idéologie jihadiste islamique radicale dans les jardins d'enfants, la diffusion de publications adaptées aux enfants etl'intégration d'enfants dans les activités de propagande effectuées dans la bande de Gaza, où les enfants sont souvent vus portant des masques et des armes.
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