Révolte civile contre la République française

Freddy Eytan

Les émeutes en France sont les plus graves depuis la révolte étudiante de mai 1968. Elles s’aggraveront encore si les autorités ne prennent pas de mesures drastiques et ne décrètent pas l’état d’urgence. Elles ont commencé par un mouvement de protestation de lycéens contre le manque d’enseignants et d’infrastructures scolaires, avant de se transformer très rapidement en l’une des crises les plus graves qu’ait connues la France au cours des dernières décennies.

La fracture est profonde et la confiance dans les autorités et les forces de l’ordre s’est totalement effondrée, malgré le déploiement de dizaines de milliers de policiers à Paris et dans les villes de province. Ces derniers ont eu du mal à contenir les foyers de violence, les pillages, les incendies de voitures ainsi que les dégradations et les incendies visant les symboles de l’État. Les consignes données aux policiers limitaient le recours à la force maximale, tant la crainte d’un lourd bilan humain était grande. Les autorités ont également refusé de qualifier les émeutiers de terroristes, tandis que les affrontements ont fait des centaines de blessés dans les rangs de la police.

Il ne fait aucun doute que le président Macron a perdu le contrôle de la situation et qu’il en porte la principale responsabilité. Il a préféré s’occuper du règlement du conflit en Ukraine ou de la question palestinienne, faisant preuve de suffisance et d’une arrogance excessive, tout en négligeant les problèmes urgents de son propre pays. Il n’a pas pris les mesures appropriées face à la multiplication des vagues d’immigration en provenance des pays du Maghreb et a fait preuve d’impuissance face aux revendications des organisations islamistes. Il a également pris à la légère la détresse de la communauté juive et la montée de l’antisémitisme, malgré toutes ses vaines promesses d’améliorer la situation. Au cours des neuf dernières années, il a échoué dans tous les domaines, tant en politique intérieure qu’en politique étrangère.

Riots in Paris on 17 October 2026. Car set on fire on Boulevard Voltaire is being extinguished by the Paris Fire Brigade (BSPP)
(Jorge Jaramillo/Wikimedia/CC BY-SA 4.0)

Dans six mois, il quittera le palais de l’Élysée dans la honte, laissant une France exsangue, confrontée à la cherté de la vie et des problèmes énergétiques, à une économie gravement atteinte et à un effondrement de ses finances publiques, avec un déficit national estimé à plus de trois billions de dollars et une dette publique dépassant désormais 120 % du PIB.

Le dirigeant de l’extrême gauche, Jean-Luc Mélenchon, exploite la crise pour attiser l’anarchie parmi les jeunes des banlieues, dont la majorité sont des immigrés. On peut craindre qu’il n’amplifie la contestation afin de gagner la sympathie des musulmans et de parvenir au second tour de l’élection présidentielle prévue en mai prochain.

Président Emmanuel Macron

 

En revanche, la dirigeante de l’extrême droite, Marine Le Pen, parvient à renforcer sa position et arrive désormais en tête de tous les sondages en vue de l’élection présidentielle.

La paralysie politique porte gravement atteinte à la position de la France en Europe et sur la scène internationale. Elle aura également des répercussions sur les conflits au Moyen-Orient et sur les relations entre Paris et Jérusalem.

Macron ne dispose plus d’atout géopolitique et la capacité diplomatique de la France est au plus bas. Dans les prochaines semaines, nous saurons si, par un effet domino, la contestation s’étendra à d’autres pays européens sous la forme de manifestations violentes.