La nouvelle « chasse aux sorcières »

Dès le début du premier millénaire les persécutions contre les accusés de sorcelleries et de pratiques magiques notamment contre les Juifs lors de l’Inquisition médiéval ont fait des dizaines de milliers de morts. Depuis la croisade anticommuniste du sénateur McCarthy aux Etats-Unis, la « chasse aux sorcières » désigne la persécution systématique de personnes en raison de leur opinion, de leur idéologie, de leur appartenance à un groupe ou à un parti politique. Ces dernières années, ce phénomène fait partie du débat politique. Il est pratiqué dans les médias, et particulièrement sur les réseaux sociaux et dans toutes les campagnes électorales.
Dès le 7 octobre 2023, les antisémites et les militants pro-palestiniens, tels le maire islamiste de New-York Zohran Mamdani, la députée européenne Rima Hassan, Jean-Luc Mélenchon qui déclare sans éprouver de gêne ni de remords : « ses coreligionnaires qui ont mis Jésus sur la croix »…Navy Pillay, la nouvelle Prix Nobel de la paix qui valide des accusations de génocide à Gaza, des ONG comme le BDS, tous propagent avec le soutien d’une jeunesse populaire révolutionnaire et ignorante, des allégations floues et mensongères et des soupçons d’intentions. Ils ciblent les Juifs sionistes et les accusent des fautes et des malheurs des autres et comme seuls responsables de « toutes les guerres au Moyen-Orient et du génocide du peuple palestinien ».
Désormais, celui qui condamne Israël est chaleureusement récompensé tandis que le Hamas, responsable du pogrome contre des juifs innocents, crie victoire…

Nous saluons vivement tous ceux qui combattent et dénoncent cette ignoble et dangereuse mascarade. Comment ne pas réagir devant la déligitimation antisémite ? Comment des militants d’extrême gauche dont de nombreux juifs intellectuels en Amérique et en Europe osent-ils se ranger aveuglement avec des islamistes et ainsi gommer le massacre le plus cruel depuis la Shoah ?
Pourquoi les chefs des missions diplomatiques en Israël ne réagissent pas à la désinformation, ne racontent pas les réalités sur le terrain, et ne suivent pas les propos courageux et nobles de l’ambassadeur des Etats-Unis, Mike Huckabee, un fervent sioniste chrétien qui exprime franchement les 4 vérités sur le conflit avec les Arabes et dénonce vigoureusement les diatribes incendiaires du maire islamiste qui est à la tête de la ville américaine la plus peuplée de Juifs.

En revanche, nous devrions nous aussi respecter nos juges et notre justice tout en appliquant sagement des réformes justifiées.
Cependant, dès 2019, avec la mise en examen de Benjamin Netanyahou pour corruption, fraude et abus de confiance, la chasse aux sorcières est devenue plus fréquente au sein des partis politiques israéliens et dans les médias. Les partisans du Premier ministre, les « bibistes », accusent systématiquement le procureur général, les conseillers juridiques et la Cour suprême.

Au premier jour de son procès et entouré de plusieurs ministres présents au tribunal, Netanyahou avait osé critiquer l’injustice des juges et affirma que leur but final était de faire tomber un gouvernement de droite. Par la suite et dans un climat explosif, le ministre de la Justice Yair Levin présentait à la télévision son programme révolutionnaire sur la refonte judiciaire. Il contesta la légitimité des juges et boycottera le président de la Cour suprême. Du jamais vu dans un pays démocratique.
Cette réforme provoqua des vagues de manifestations populaires et les dirigeants de l’opposition accusèrent Netanyahou de diriger le pays vers l’abime.

Du jour au lendemain, la société israélienne perdra sa clairvoyance et sa sérénité.
Depuis tout bascule, les affrontements et les querelles entre la droite et la gauche se multiplient tandis que nos ennemis se frottent les mains et préparent leur attaque surprise contre l’Etat juif qui fut enfin mise en œuvre le 7 octobre 2023.
La crise de confiance s’installe partout en Israël. Plus grave, la méfiance l’emporte également entre le chef du gouvernement, l’armée, les chefs du Mossad et le Shin Beit.
La chasse au bouc émissaire est lancée de plus belle et amplifiée par tous les médias sans aucun contrôle ni éthique. Les fuites aux journalistes pleuvent de partout avec la publication de documents confidentiels et sans aucune responsabilité à l’égard de la sécurité de l’Etat.
Une aubaine pour nos ennemis et détracteurs. Des journalistes israéliens profitent de l’impuissance de la censure militaire et osent sans scrupule transmettre aux journaux étrangers des informations délicates.
Un véritable lavage de cerveau est mis en jeu et des allégations non vérifiables sont véhiculées sur les réseaux sociaux.
Dans la conjoncture actuelle et face aux menaces omniprésentes nous assistons à une cascade de scandales, des défaillances au sein des ministères et des institutions, et une absence totale de gouvernance efficace et contrôlée.
Plus révoltant, on s’habitue à un phénomène dangereux : personne ne rend des comptes. Aucune responsabilité. Aucune redevabilité.
A la veille des élections législatives, il est normal que les lecteurs et les téléspectateurs réagissent selon leurs propres opinions politiques. Malheureusement, ils n’ont pas vraiment toutes les informations crédibles et les outils pour savoir qui a vraiment raison et qui est coupable.
Seule une enquête approfondie dirigée par des juges honorables pourra faire la lumière sur toutes les défaillances et redonner à la nation israélienne confiance dans l’avenir.
