Réhabilitation d’Alfred Dreyfus : la France reconnaitra-t-elle les injustices envers les Juifs et Israël ?

En ce jour du défilé militaire du 14 juillet et au lendemain de l’hommage tardif de la république française au capitaine Alfred Dreyfus, je souhaite saluer tous les dreyfusards, tous les hommes de bonne volonté qui ont combattu acharnement contre l’injustice, contre la désinformation et les intrigues et surtout contre la haine du juif, contre la bête immonde qui relève aujourd’hui la tête sous diverses formes contre l’Etat d’Israël.
Désormais, la statue de Dreyfus est exposée aujourd’hui devant le grand public face à la Cour de Cassation. Louis Mittelberg, le célèbre caricaturiste Tim, a conçu et réalisé cette œuvre d’art historique. Suite au discours tristement célèbre du Général De gaulle, Tim avait publié une caricature immortelle montrant un représentant du « peuple dominateur et sûr de lui-même » derrière les barbelés des camps de la mort.
C’est bien à Paris, lors du procès ignoble contre Dreyfus que Théodore Hertzl avait réaliser l’urgence du mouvement sioniste et a publié « l’Etat juif ».
L’histoire des Juifs fait partie de l’histoire nationale de la France. Personne, aucun dirigeant politique, aucun intellectuel ou historien ne pourra le contredire et le démentir.
Les Juifs ont habité la France plusieurs siècles avant les Francs et les Normands. Leurs premières implantations remontent à l’époque gallo-romaine, dès le 1er siècle. Depuis, ils se sont intégrés et ont contribué dans tous les domaines à la construction et à l’essor du pays, fidèle toujours aux lois républicaines, dévouer pour leur patrie en osant se dresser face à la tyrannie et aux décrets antisémites de Vichy.

Soulignons que plus d’un million et demi de Juifs ont combattu dans les rangs des Alliés.
En réhabilitant définitivement le général de brigade Alfred Dreyfus, en lui rendant sa dignité de soldat et d’officier, la République et l’armée française regagnent enfin leur honneur. Elles l’avaient perdu pendant les années sombres de Pétain, au moment de la Guerre des Six Jours et celle de Kippour quand les Israéliens regardaient la mort en face. La France avait adopté une politique incompréhensible et lâche. Aujourd’hui encore, elle perd à chaque événement dans notre région sa dignité, son honneur et ses valeurs universelles. Elle refuse de se ranger avec le monde libre, de reconnaître les Gardiens de la révolution iranienne organisation terroriste, comme l’a fait actuellement la Grande Bretagne. De ce fait, elle ignore qu’elle soutient indirectement le camp des Islamistes, tous ceux qui prônent la haine du juif, l’antisémitisme, le boycottage et la destruction de l’Etat juif.

Bien entendu, il ne s’agit pas de boycotter et couper les ponts avec le monde arabe mais de combattre ensemble contre les ennemis djihadistes et les fanatiques.
Israélien francophile, j’ai le privilège d’être depuis plusieurs décennies un observateur privilégié des relations franco-israéliennes. Je souhaite comme beaucoup d’Israéliens de tourner la page. De revoir la France des Lumières, des droits de l’Homme et des valeurs universelles, celle de Victor Hugo, Chateaubriand, Zola, Mendés France, Cassin, Blum, Bloch et Badinter, une longue liste d’amis sincères et fidèles d’Israël. Ils sont de vrais justes de la nation.
Je souhaite retrouver une France qui ne perd pas son âme, celle d’Edmond Giscard d’Estaing qui nous disait il y a 50 ans, juste après l’opération Entebbe, et devant l’indifférence de son fils Valéry : « Israël a sauvé l’honneur de la France ».
Et enfin, espérer un jour de 14 juillet voir défiler avec les troupes françaises des soldats et des soldates de Tsahal sur les Champs Elysées…
