La défaite de la Pax americana et les dangers pour Israël

Le président Macron adore les symboles et commémorer les grands événements de l’Histoire de France. Un activisme diplomatique tous azimuts et prétentieux dont le but est d’accrocher une bonne place dans l’arène internationale, de dicter un agenda, attirer les projecteurs, obtenir une bonne presse et un succès rapide, même éphémère. Cette ligne de conduite a été une fois encore confirmée lors du Sommet du G7 réuni ces jours-ci à Evian.
Fasciné par l’accueil royal, par le diner somptueux offert au château de Versailles, et les flatteries excessives de Macron, Donald Trump, vaniteux, décide sur place de parapher le protocole d’accord avec l’Iran et le signe également en version persane, devant le regard curieux d’Emanuel Macron, et des salves d’applaudissements…
Comment expliquer les manigances, qualifier ce comportement impulsif et désinvolte, cette duplicité, ce véritable théâtre de l’absurde, sinon de mascarade …
Les masques sont enfin tombés. Toutes les tentatives de Trump et de Macron à enjoliver ce faux-semblant et à minimiser les menaces de l’Iran sont trompeuses et hypocrites. Pire, des voix s’élèvent pour dire : l’Iran a droit au nucléaire comme tous les pays, et qu’il peut disposer de missiles balistiques…
Incroyable mais vrai, personne ne dit clairement que le but du régime des ayatollahs est la destruction de l’Etat juif. L’indifférence mortelle de l’Occident et l’Amérique en tête n’a pas variée depuis les années sombres de la Seconde Guerre mondiale.

Personne n’est dupe, le mensonge est visible, criant. L’accord signé à distance avec l’Iran n’est sans doute pas un traité de paix historique avec les Etats-Unis ni non plus le traité qui fut signé le 28 juin 1919 dans la fameuse Galerie des Glaces qui avait mis fin à la Première Guerre mondiale.
Cet accord atypique et bizarre dans les annales diplomatiques est en réalité une déclaration d’intention, une entente préliminaire non contraignante d’une durée limitée de 60 jours, une sorte de « non-Paper » dont chaque partie pourrait l’interpréter différemment et même le violer. Nous constatons déjà des malentendus car on ne signe pas un traité à la sauvette, aveuglement, sans obtenir des garanties et l’approbation de toutes les factions du régime théocratique iranien et surtout l’aval des Gardiens de la révolution.
Cet accord est pire que celui signé par Barack Obama en 2015 à Vienne, il est mauvais sur tous les plans parce qu’il a renoncé à toutes les revendications que Trump et Netanyahou avaient exigé préalablement de l’Iran notamment sur ses capacités nucléaires, ses missiles balistiques et son soutien au Hezbollah, sans parler des promesses concernant la chute du régime islamiste.

En signant, Trump légitime et renforce le pouvoir des ayatollahs. Il plonge le peuple iranien dans la misère et le désespoir et il déstabilisera plusieurs années encore tout le Moyen-Orient.
Dans un contexte de crise énergétique, devant les risques de perdre des contrats commerciaux, notamment des bénéfices familiaux, Trump se trouvait au pied du mur. Il ne pouvait plus dicter l’ordre du jour mondial. Désemparé et incapable aussi de déclencher de nouvelles frappes contre l’Iran au moment où la majorité des nations se disputent sur son territoire la Coupe du monde de football.
En souhaitant vivement mettre fin à la guerre et obtenir un succès diplomatique, Trump a choisi de redorer son blason au château de Versailles.
En fait, le conflit contre l’Iran a prouvé que les Etats-Unis sont en effet une grande et impressionnante puissance militaire mais manquent de stratégie claire et dissuasive pour pouvoir diriger le monde et dicter une véritable Pax americana.
Le président Trump, son adjoint Vance, et les conseillers Witkoff et Kushner, ont commis durant les négociations plusieurs erreurs. Comment expliquent-ils l’arrêt immédiat de la guerre des Douze jours de juin 2025 ? Pourquoi ont-ils permis durant une année entière la survie et le durcissement du pouvoir des ayatollahs. Ils ont négocié en position de faiblesse et en méconnaissance de la culture iranienne, et en ignorant l’entêtement du régime des ayatollahs, leurs ruses, les mensonges et leurs manipulations.
Résultat : les menaces de Trump sont à multiples reprises ridiculisées et le régime islamiste dicte désormais l’ordre du jour et sort de cette guerre vainqueur face aux Etats-Unis, la plus forte puissance de la planète. Les Chinois se frottent les mains, avancent leurs pions habilement et gagnent des points dans l’arène internationale, tandis que l’Europe demeure absente. Son rôle se limite à accueillir chaleureusement les grandes puissances…
Les exigences sur le droit de passage et le contrôle du détroit d’Ormuz rappellent aussi la campagne de Suez de 1956. Elle avait humilié la France et la Grande Bretagne et n’a pas réussi à éviter la nationalisation par Nasser de la compagnie du canal de Suez. Le colonel Nasser a poursuivi ses activités belliqueuses en formant un panarabisme tel que l’Iran le souhaite aujourd’hui avec ses milices chiites.
Profondément déçus de la politique de Trump, les Israéliens observent la marche à suivre avec inquiétude et désarroi. Comment l’Etat voyou réussit avec cet accord de mettre fin aux frappes, d’obtenir la levée des sanctions, de galoper vers l’arme atomique, et de poursuivre ses crimes contre sa propre population.
Trump est sans doute le grand responsable de cette situation dangereuse d’autant plus qu’il accepte le soutien irréversible de l’Iran au Hezbollah et exige un cessez-le-feu immédiat également au Liban au moment où chaque jour nos soldats tombent héroïquement sur le champ de bataille.
Exalté et trop vite emballé par les succès de Tsahal et du Mossad, Netanyahou a mal interprété les nombreuses discussions avec Donald Trump et a sous-estimé sans émettre aucun doute les caprices, les contradictions, les valses hésitations et les réelles intentions du président américain.
Netanyahou a également mal géré les négociations diplomatiques et surtout a permis à ses ministres de prononcer des discours arrogants, provocateurs et irresponsables. Les réactions intempestives du Vice-président Vance, ses mises en garde fougueuses et ses intimidations véhémentes prouvent que les relations actuelles avec les Etats-Unis traversent une crise grave.
Certes, nous avons connu dans le passé des malentendus avec toutes les administrations américaines mais cette crise pourrait avoir des retombées majeures sur l’avenir des relations stratégiques, militaires et économiques et également sur le soutien de la communauté juive.
Netanyahou a perdu son grand cheval de bataille. Il est pointé du doigt par toutes les chancelleries et l’opinion internationale, et surtout par la majorité des Israéliens comme le seul responsable de la situation.
Dans la tourmente, devant les dangers existentiels, dans ce contexte complexe, dangereux et alarmant, une rencontre d’explication Netanyahou-Trump à Washington devient urgente.
