L’Europe perd le contrôle de ses frontières ?

Freddy Eytan

L’invasion de la petite ville Ceuta dans l’enclave espagnole par l’afflux de dizaines de milliers de migrants marocains relance le débat sur la crise migratoire à travers le monde et particulièrement en Europe. Donald Trump choisit de faire son cheval de bataille, tandis que le président turc, Erdogan, utilise la présence de réfugiés sur son sol comme monnaie de chantage.

Alors qu’une grande partie des migrants est déjà retournée au Maroc, des pays comme l’Italie et le Danemark s’inquiètent profondément et exigent d’exclure l’Espagne de l’espace Schengen, la zone de libre circulation en Europe.

Depuis la défaite du printemps arabe et la chute des régimes en Egypte, Libye, Tunisie, Irak et Syrie, les guerres civiles ont provoqué des transferts de populations. Plusieurs millions de déplacés principalement du continent africain cherchent toujours un emploi et un refuge paisible en Europe. Encouragés par des partis d’extrême gauche et des ONG militantes des droits de l’Homme, certains gouvernements tels que l’Espagne de Sanchez ou l’Allemagne de Merkel avaient largement ouvert leurs frontières tandis que des pays de l’Europe centrale telle que la Hongrie de Victor Orban avaient refusé d’accorder des visas.

En s’engageant à accorder une « amnistie » à plus d’un million et demi de migrants en situation irrégulière en Espagne, et en leur offrant un droit au travail, Sanchez a encouragé d’avantage des milliers d’Africains de quitter la désolation et la misère de leur propre pays pour s’installer illégalement chez lui.

Aujourd’hui, un sentiment d’impuissance plane en Europe sur l’incapacité d’exercer une ferme autorité pour pouvoir protéger et maitriser efficacement les frontières. Pour éviter des tensions diplomatiques inutiles, la majorité des Etats européens réalisent l’urgence de renforcer les contrôles dans les points de passages et d’adopter des mesures adéquates pour combattre ce fléau.

Des milliers de migrants franchissent la frontière vers Ceuta
Des milliers de migrants franchissent la frontière vers Ceuta (Capture d’écran/Al-Jazeera/YouTube)

Selon les opposants aux vagues migratoires, les baisses de natalité ainsi que les besoins légitimes et urgents de la main-d’œuvre étrangère nécessitent une légalisation pour accueillir un nombre limité de migrants en raison des risques sécuritaires. Ils concernent non seulement la lutte contre la contrebande et le trafic de stupéfiants mais surtout le transfert des armes et la planification d’attentats terroristes.

Une radicalisation de la communauté musulmane encourage les fanatiques de refuser de s’intégrer au sein de la société occidentale. Pour les opposants à l’immigration, notamment ceux des partis d’extrême droite et des mouvements racistes, la situation est très grave car l’afflux de migrants et la présence déjà de plus de 30 millions de musulmans pourront un jour modifier complètement la démographie et la spécificité identitaire de l’Europe, de la transformer d’un continent en majorité catholique en un continent multiconfessionnel et multiculturel.

En effet, les pères fondateurs de l’Union européenne n’auraient jamais imaginé un nombre si important de mosquées et des prières dans les rues…

European Parliament
(Steven Lek/CC-BY-SA-4.0)

Bien que présentes depuis plus de deux millénaires en Europe, les communautés juives qui étaient il y a quelques décennies seulement les plus importantes en nombre après les catholiques et les protestants sont désormais en minorité, très inquiets pour leur avenir face à la recrudescence de l’antisémitisme et de l’antisionisme.  L’augmentation des actes ignobles est orchestrée principalement par des partis de l’extrême gauche et par des associations et mouvements pro-palestiniens.

La totale ignorance de l’histoire du peuple juif et sa riche contribution à l’Humanité entière est à l’origine de la haine de l’Etat d’Israël. Certains militants et membres de ces partis politiques désinforment et manipulent les foules dans les rues et sur les réseaux sociaux.

Il est temps que cela cesse. Les gouvernements européens devront prendre leurs responsabilités par des décisions fermes tout en diffusant des programmes éducatifs dont l’étude approfondie de la Shoah et apprendre à coexister entre les peuples et les différentes religions tout en luttant contre le racisme.

Certes, depuis le 7 octobre, Israël est isolé sur la scène international mais l’Etat juif ne peut pas non plus soutenir des partis de droite fascistes pour contrer les partis antisémites et antisionistes de gauche. Nous déplorons toute ingérence dans les affaires intérieures d’un pays étranger et nous refusons toute intervention française ou américaine dans nos affaires et dans nos décisions gouvernementales. Les propos contre les colonies françaises ou espagnoles tenus par des diplomates ou des élus israéliens n’ont qu’une influence négative et provoquent des tensions bilatérales inutiles.

Les appels aux Juifs français à immigrer en Israël adressés hier par Ariel Sharon comme ceux des ministres de la coalition actuelle sont aussi déplacés et contreproductifs.

Il est bien facile de dire que « tous les européens sont des antisémites. »

Certes, l’antisémitisme n’a toujours pas été éradiqué mais nous sommes liés à l’Europe sur tous les plans, et oui, nombreux sont encore des fidèles amis d’Israël.

Pour sortir de son isolement dans le monde et obtenir le soutien de la société des nations, le gouvernement israélien devra changer de politique, mener une diplomatie cohérente, et prouver ses bonnes intentions. Prouver aux chancelleries et à l’opinion européenne que notre combat contre les Djihadistes est une juste cause, son objectif est universel et dans l’intérêt du monde libre.

Poursuivre la politique de l’autruche et condamner systématiquement l’Etat d’Israël encouragent les actes antisémites et les attentats terroristes. Le scénario du 7 octobre 2023, pourrait en effet se produire également en Europe.