Des élections cruciales pour l’avenir d’Israël et les Juifs de la diaspora

La course à la victoire électorale entre dans son sprint final. Les partis s’arrachent les voix des indécis et les nombreux sondages nous laissent perplexes.
Tout pronostic reste hasardeux. Rien n’est donc joué et il est impératif de voter ! C’est un privilège mais aussi un devoir car ce jour-là l’électeur est roi. Il est maître de la situation et de la destinée de son pays.
Israël est le seul Etat démocratique de la planète dont l’existence est mise en danger par de nombreux pays et organisations terroristes qui souhaitent le voir disparaître et le rayer définitivement de la carte.
Les résultats des élections auront aussi des retombées sur les communautés juives qui subissent depuis plus de trois ans des vagues antisémites et une chasse aux sorcières sans précédent, particulièrement en France.
En dépit du fait que les affaires économiques et sociales nous préoccupent profondément, les questions sécuritaires et les menaces proches ou lointaines dominent et sont omniprésentes.
Les Israéliens forment une société très politisée ; pourtant nous assistons lors de ces élections à une personnalisation des partis. Il est regrettable que cette campagne électorale, comme d’ailleurs les précédentes, ait effacé les idéologies, les vrais partis, les programmes électoraux, les grands meetings et le militantisme. Avec la banalisation de la démocratie, le peuple s’est transformé en simple spectateur passif devant le petit écran. La passion l’emporte sur la raison. Tout est devenu spectacle avec ses messages creux, ses sondages éphémères, ses promesses vides de sens, populistes et irréalisables.

Hélas, on ne fait plus la distinction entre l’important et l’insignifiant, l’essentiel et la futilité, le faux et le vrai et les messages diffusés sont généralement secondaires et médiocres.
Les Israéliens vont aux urnes dans un climat tendu et incertain et après une campagne très agitée. Ils veulent changer de pouvoir et de système électoral sans savoir comment. Il existe, comme d’ailleurs dans le monde entier, une carence en leadership dans tous les domaines.

Cette dernière décennie, nous vivons à l’ère où le mensonge politique passe facilement. On peut donc mentir et tricher sans rougir de honte. On peut changer d’avis et tourner sa veste, être mis en examen et poursuivre tranquillement son chemin. La pratique de la fausseté et de la dérobade des responsabilités est odieuse et indigne. Elle prouve lâcheté, paresse et manque de bravoure.
Le Mal israélien réside sans doute dans la multiplication des petits partis et la présence de démagogues et populistes. Il est donc impératif et urgent de modifier radicalement le système électoral actuel. Un Premier ministre élu au suffrage universel ne devra plus être dépendant de petits partis charnières capricieux et extrémistes pour prendre des décisions audacieuses et lancer des réformes.
Nous devons aussi cesser de nous bercer d’illusions et de continuer à tromper le peuple en lui promettant des réformes immédiates dans le logement, la santé ou l’éducation. Une nouvelle politique est sans doute nécessaire mais les changements n’apparaîtront pas rapidement. Nous sommes un jeune Etat qui a commis déjà de nombreuses merveilles et nous devons être déterminés, mais patients.
Dans la même veine, celui qui pense que la Paix pourrait être à nos portes du jour au lendemain et que se dessinera bientôt un nouveau Proche-Orient beau et prospère, désinforme et trompe. Depuis le 7 octobre 2023, la fin de la belligérance avec nos voisins n’est pas à l’horizon et la paix définitive avec tous les Palestiniens n’est pas non plus réalisable dans un prochain avenir. Soyons réalistes mais aussi pragmatiques.
Dans ce contexte, seul un gouvernement israélien patriote, fort et stable pourra relever tous les défis dans tous les domaines et sortir l’Etat d’Israël de son isolement dans l’arène internationale.
Hélas, la société israélienne demeure déchirée et le nombre des indécis et surtout des absentéistes grandit. En l’absence de réforme, il est clair qu’on ne pourra non plus changer l’échiquier politique.
Dans ce contexte, le 28 octobre 2026, au lendemain des élections, le chef du plus grand parti devra faire toutes les acrobaties possibles pour obtenir une coalition stable d’au moins 61 députés.
Après plus de 17 ans au pouvoir, le Premier ministre, Benjamin Nétanyahou, 77 ans, s’est lancé dans cette bataille électorale avec tous les moyens qu’il possède notamment en semant les craintes pour l’avenir et par des coups bas pour assurer sa survie politique. Cette campagne est sans doute la plus rude et pourra mettre fin à sa carrière politique. Les défaillances de son gouvernement durant ces quatre dernières années sont criantes malgré tous les succès militaires. Le soutien du président Trump au candidat Netanyahou ne surprend pas. Il n’aura pas d’influence importante sur le résultat des élections mais cette intervention est grotesque et inadmissible dans nos affaires intérieures.
Enfin, espérons que ces élections se dérouleront correctement et sans incident majeur. Souhaitons que les Israéliens iront aux urnes dans le calme et la dignité et que le meilleur chef du parti politique gagne pour pouvoir former une coalition stable et nous assurer un avenir meilleur.
