Face à l’absence de leadership, le spectacle politique est insupportable

La présence d’Itamar Ben Gvir au sein du gouvernement Netanyahou est insoutenable et révoltante sur plusieurs plans, cause à l’Etat d’Israël de nombreux dégâts politiques et diplomatiques et l’isole dans l’arène internationale. La récente diffusion d’une vidéo humiliant des militants européens de la Flottille pour Gaza dépasse tout entendement.
La réaction de Netanyahou fut timide et incompréhensible d’autant plus que son gouvernement achève son mandat et des élections législatives sont prévues prochainement. Comment accepter dans un pays moderne et démocratique un ministre provocateur, un bagarreur inné, mis plusieurs fois en examen et qui fut inculpé pour incitation à la haine et pour complicité de terrorisme. Celui qui se moque éperdument des lois gouvernementales et fut arrêté à maintes reprises lors de ses visites provocatrices sur le mont du Temple de Jérusalem.
Incroyable mais vrai, l’homme qui jouait à cache-cache avec la police est depuis 2022 le « premier flic » de l’État d’Israël, ministre chargé du sensible portefeuille de la Sécurité nationale. Netanyahou a commis une grave erreur en offrant à Ben Gvir un pouvoir ministériel qu’il ne mérite guère. Cette nomination incompréhensive provoque justement un tollé général dans le pays et à l’étranger. Depuis sa nomination, les règlements de compte et les assassinats aveugles ont sensiblement augmenté entre les familles de la pègre au sein de la minorité arabe.

Le comportement de Ben Gvir déclenche à chaque fois une tempête médiatique mondiale et des condamnations en cascade notamment judicaires à l’encontre d’officiers, soldats et policiers israéliens qui risquent leur vie pour défendre des citoyens israéliens innocents. Pire encore, il encourage ses militants de commettre des attentats contre la population palestinienne et en revanche des actes antisémites et à travers le monde.
Le dernier spectacle de Ben Gvir est insoutenable aux yeux de la majorité des israéliens, de la classe politique, des juifs de la diaspora et tous ceux qui militent pour la cause d’Israël à l’étranger. Ce n’est pas seulement « la manière dont Ben Gvir a traité les militants de la flottille qui n’est pas conforme aux valeurs et normes d’Israël » comme l’affirme Netanyahou. C’est surtout l’absence de leadership et de la maitrise de tous les ministres, sans aucune exception. Dans cette affaire et dans les précédentes, Netanyahou se dérobe de ses responsabilités, sauvegarde sa coalition à tous prix, et agit tel un politicien et non comme un homme d’Etat.

Et pourtant, Il est un fils d’un célèbre historien. Il a combattu durant toute sa carrière pour améliorer l’image de l’Etat d’Israel. Orateur inné, ambassadeur à l’ONU à 35 ans et Premier ministre aujourd’hui encore, comment peut-il ignorer les conséquences désastreuses causées par la mauvaise réputation de certains de ses ministres et députés ?
Pourquoi ne respecte-t-il plus le travail inlassable des diplomates israéliens, ceux qui se trouvent en première ligne à l’étranger pour défendre la cause d’Israël contre vents et marées ? Comment ne pas licencier un ministre rebelle, un saboteur systématique des efforts diplomatiques ? Pourquoi ne pas apprécier et encourager tous ceux qui font de la vraie Hasbara, qui informent par des faits et des chiffres sur les réalités d’Israël. Qui présentent non seulement les causes politiques du conflit israélo-arabe, mais informent sur les divers aspects positifs du pays, ignorés du grand public, surtout par une jeunesse qui boude l’histoire et la géographie et se contente de messages creux et un lavage de cerveau sur les réseaux sociaux.
L’objectif est de raconter comment le peuple israélien avait fait des miracles dans tous les domaines malgré les guerres et les menaces quotidiennes. Comment il avait réussi à fleurir le désert et à construire un pays fort et moderne sans aucune ressource naturelle, sans aucun puit de pétrole.
L’important est de présenter l’État, comme juif et démocratique, tel qu’il est, avec ses avantages et ses défauts, et ne pas répondre aux critiques par des discours et des ouvrages de propagande et des campagnes ignobles et haineuses comme le font nos ennemis et nos détracteurs sans scrupule.
Netanyahou est sans doute conscient de la situation actuelle et des défis à relever. Il pense toujours être le seul capable de les relever pour marquer son empreinte et avoir une place honorable dans l’histoire du pays.
On peut évidemment douter et être sceptique car ces dernières années, son comportement n’était aucunement digne ni à la hauteur des espérances. Depuis sa mise en examen Netanyahou a échoué dans l’amélioration des relations humaines et dans sa conduite avec ses adversaires.
Certes, le pouvoir est l’aphrodisiaque absolu mais Netanyahou a préféré diviser pour régner. Il a écarté d’emblée les dauphins, les amis et ses militants. Il a permis aux extrémistes des débats houleux et une violence verbale dangereuse. Il n’a pas non plus tenu plusieurs promesses, certaines décisions ont été prises après avoir mal évalué les scénarios et les risques possibles.
Et pourtant, il possédait toutes les qualités, les atouts et les opportunités pour pouvoir changer la donne géopolitique du Moyen-Orient. Quel gâchis dramatique…
