Vers un nouvel ordre stratégique au Moyen-Orient au détriment d’Israël

Depuis le déclenchement du fameux Printemps arabe, le Moyen-Orient change de mains et de visages.

Plusieurs leaders sont tombés, abattus, déchus ou exilés ; des régimes se sont écroulés et des populations vivent toujours dans la terreur, dans la peur effroyable de massacres, face aux ravages et à l’exode.

Dans l’Histoire contemporaine, cette région du monde n’a jamais connu tant de bains de sang, tant de scènes monstrueuses et horribles, et de guerres meurtrières et si longues.

Ces jours-ci, il semble qu’on s’achemine vers une certaine accalmie. Daesh bat en retraite sur tous les fronts et bastions en laissant derrière lui ruine, désastre et désolation.

La vision cauchemardesque de pouvoir créer un Etat islamique indépendant s’estompe bien que les risques terroristes soient omniprésents également en Europe.

La diplomatie prend enfin le dessus. Les puissances et les stratèges s’attèlent à redessiner les cartes, les zones d’influence, et les lignes rouges. Pour l’heure, deux grands vainqueurs peuvent se réjouir et se frotter les mains avec satisfaction : la Russie et l’Iran. Chacun, pour des raisons et intérêts différents, ont réussi à gagner les batailles sur les fronts syrien et irakien.

Le régime du boucher de Damas est toujours en place au grand dam des Français et des Américains. La coalition occidentale, qui a participé aux raids et opérations militaires, semble être indifférente aux résultats sur le terrain et n’a pu imposer un règlement ni un diktat en sa faveur. Même la création d’un Etat indépendant kurde s’est envolée en fumée en raison d’une faiblesse occidentale, particulièrement américaine.

Cette nouvelle situation est grave et s’accentue avec le nouvel axe formé par la Russie et deux pays musulmans non-arabes : l’Iran chiite et la Turquie sunnite.

L’Arabie saoudite, la Jordanie, l’Egypte, et les Etats du Golfe, suivent avec inquiétude ces nouveaux développements et préfèrent se rapprocher de l’Etat juif, le seul pays stable de la région, capable d’affronter l’hégémonie iranienne.

L’administration Trump est certes une alliée incontournable d’Israël, mais ses activités timides dans le nouvel ordre stratégique qui se dessine en Syrie et en Irak, et surtout son consentement tacite à une présence militaire iranienne, proche de nos frontières, sont incompréhensifs et fort dangereux.

Les engagements de Trump pour garantir notre sécurité sont sans doute sincères et présentent des gages solides, ainsi que les garanties de Poutine à Nétanyahou, mais ils ne prévalent pas sur les intérêts propres à chacun, et devant le bras de fer stratégique mondial.

Dans ce contexte, nous ne pouvons plus compter que sur de vagues promesses, surtout quand les menaces sont omniprésentes et existentielles. La seule garantie est dans la foi de notre juste cause, dans notre dissuasion et dans la puissance de Tsahal.

Nous devrions donc agir avec fermeté et sagesse pour pouvoir mieux nous préparer à toutes les options militaires et diplomatiques à la fois.             

Freddy Eytan

 


Pour citer cet article :

Freddy Eytan, « Vers un nouvel ordre stratégique au Moyen-Orient au détriment d’Israël », Le CAPE de Jérusalem, publié le 22 novembre 2017: http://jcpa-lecape.org/vers-un-nouvel-ordre-strategique-au-moyen-orient-au-detriment-israel/

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