Les Juifs d’Ethiopie sont tous nos frères et sœurs 

Depuis la nuit des temps, ils vivaient isolés et abandonnés dans le désert et les villages d’Ethiopie. Ils avaient survécu aux régimes totalitaires, aux persécutions, aux épidémies, à la sécheresse, aux différents envahisseurs, et aux guerres civiles et tribales.

Pourtant la communauté « Beta Israel » est descendante de la tribu de Dan et elle n’a jamais renoncé à son judaïsme. Elle appartient, tout naturellement et de droit, au peuple juif.

En février 1973, 25 ans après la création de l’Etat d’Israël, le Grand rabbin Ovadia Yossef reconnaît leur judéité et le gouvernement Rabin leur accorde la « loi du retour ».

Cette noble communauté a accepté son destin dans la solidarité, souffrant sans plainte, et en pratiquant les lois civiles et divines. Dans la dignité humaine et avec une foi inébranlable, elle rêvait de s’installer un jour en Eretz Israel.

Juifs éthiopiens à leur arrivée en Israël, “Opération Solomon”, 1991 (photo GPO/Zvika Israeli)

Au départ, une poignée d’hommes et de femmes seulement exaucèrent leur vœu pieu. A partir du mois de novembre 1984, tout bascule et le « chemin du retour » devient réalité. Une première opération extraordinaire, minutieusement montée par le Mossad, réussit à rapatrier par un pont aérien un nombre considérable de Juifs d’Ethiopie. Les conditions au départ étaient pénibles, atroces, des centaines de kilomètres à pied dans le désert accablant, plusieurs meurent en route avant de pouvoir arriver à destination.

Nous avons vécu des scènes tirées d’un film biblique à la Cecil B. De Mille. Hommes, femmes, vieillards et enfants, visages bruns émaciés, vêtus de longues robes blanches et chaussés de sandales, livre de Torah à la main, sortent effarouchés des carlingues dans un silence religieux, puis s’agenouillent pour embrasser la Terre promise… Ils viennent de traverser la mer Rouge « sur les ailes de l’aigle »… comme il est annoncé dans les Ecritures.

Hélas, après un chaleureux accueil, l’intégration connaîtra problèmes, humiliation et rejets. Certes, ils vivaient dans leur pays d’origine dans des conditions de vie biblique, dans des villages lointains et perdus, sans eau potable, médicament, ni électricité, et il fallait qu’ils s’habituent rapidement à la modernité. Toutefois, nous devrions reconnaître que malgré les projets, les investissements et les budgets, les autorités ont finalement échoué dans leur mission. Devant une société israélienne indifférente et parfois violente l’intégration fut insurmontable. Pourtant, les revendications étaient modestes et l’argent seulement n’apporte pas le bonheur.

Cette communauté se contentait de peu, et souhaitait vivre avec respect et fierté ses traditions d’origine.

Cérémonie au mont Herzl en mémoire des Juifs morts durant leur voyage vers Israël, 2014 (GPO/Gideon Kobi)

Dans les années 1950, le jeune Etat d’Israël avait réussi à absorber des centaines de milliers de Juifs venus d’Europe, du Moyen Orient et du Maghreb. Il existait une certaine discrimination surtout à l’égard des Juifs venus du Maroc. Cependant, il n’existe aucun rapport direct avec l’intégration des Juifs d’Ethiopie.

A l’époque, Israël venait de naître et tous vivaient dans des conditions difficiles et sur tous les plans. Aujourd’hui, en 2019, il est inadmissible et révoltant qu’une société moderne et riche comme la nôtre se montre indifférente à l’égard d’une communauté de 14 5000 âmes dont 58 000 sont des sabras. Pour qu’elle raison ? Leur couleur de peau ? Leur langue amharique ? Ou leur tradition ancestrale particulière ?

Cette communauté n’est guère étrangère ni à notre passé trimillénaire, ni à nos fêtes ou à nos livres sacrés hébraïques. Ses enfants sont des soldats courageux, dont plusieurs sont tombés sur le champ de bataille. Ils sont premiers dans les compétions sportives et s’intègrent parfaitement au sein des entreprises et dans tous les domaines.

Certes, il existe encore de nombreux jeunes délinquants, vivant toujours dans des villes dortoirs. Une mauvaise prise en charge des autorités locales et de graves lacunes existent dans les écoles. Un grand tort était de mettre en classe des élèves selon un critère ethnique et un laisser-faire durant de longues années.

Un jeune Israélien d’origine éthiopienne pendant la fête de Sigad en 2009 (GPO/Mark Neymann)

La grogne et la colère de la nouvelle génération sont compréhensibles et même justifiées et elles ne datent pas d’aujourd’hui. Cette fois-ci, l’humiliation a débordé vers une violence inacceptable, manipulée à la fois par des casseurs, par les réseaux sociaux, par des politiciens, et amplifiée par les médias locaux et étrangers, sautant sur l’occasion pour accuser l’Etat juif de racisme.

Chaque citoyen a ici le privilège de manifester dans les rues, de protester contre les injustices et surtout contre la mort d’un jeune manifestant, mais sans pratiquer haine ni violence. La police devrait assurer ces manifestations de rue et permettre l’ordre et la libre circulation tout en évitant de tirer trop rapidement sur la gâchette.

La communauté venue d’Ethiopie sera très heureuse le jour où les préjugés et les préjudices seront mis définitivement aux vestiaires. Rendons-leur donc l’honneur et le respect qu’ils méritent et soyons fiers de les voir vivre avec le sourire parmi nous.

Contrairement aux autres sociétés qui ont connu le racisme et l’Apartheid, nous formons nous une grande famille, le peuple du Livre, des Dix commandements, une nation de frères et de sœurs venus du monde entier pour vivre dans la fraternité au sein du seul Etat juif de la planète.

Freddy Eytan

 


Pour citer cet article

Freddy Eytan, « Les Juifs d’Ethiopie sont tous nos frères et sœurs », Le CAPE de Jérusalem, publié le 7 juillet 2019: http://jcpa-lecape.org/les-juifs-dethiopie-sont-tous-nos-freres-et-soeurs/

NB : Sauf mention, toutes nos illustrations sont libres de droit.

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4 Comments

  1. Merci Mr Eytan pour votre chaleureux commentaire.Dans ces moments difficiles, pour tous, un maximum de voix doivent s’élever pour que les passions ne submergent pas la raison.
    Si le” tikoun” est necessaire , et si la rue en est l’initiateur, il est hors de question que fureur et violence soient les maitres du jeu. Inacceptable aussi que des trublions professionnels noyautent un mouvement populaire pour faire passer leurs fantasmes.

  2. Un juif raciste anti juifs cela n’existe pas fut il policier, si le personnage se dit juif , il doit le prouver et ddans ce cas il sera passible de H’erem sinon purger sa peine et expulsé d’Israël , double penne s’il en est mais il faut purifier notre pays

    • Comment les antisionistes à visées génocidaires et l’instrumentalisation-détournement d’un fait divers est fait aux fins d’attiser un climat de diabolisation d’Israël

      Le policier était un héros mais les médias prompts à ne pas revenir sur leurs erreurs n’en feront pas mention et les haineux, si nombreux sur ce forum, pourront dormir tranquilles si satisfaits de leur vilenies.

      ” L’enquête policière sur les tirs ayant entraîné la mort du jeune homme éthiopien, Solomon Tekah suit son cours. L’investigation balistique est formelle. Elle révèle que les balles ont été tirées au sol, comme l’avait, depuis le début, prétendu le policer en civil qui a abattu le jeune éthiopien…
      Une autopsie de Solomon Tekah a révélé que seule, une partie de la balle, s’était logée dans son corps, ce qui tend à prouver que la balle a d’abord touché une surface dure (le sol) puis aurait ricoché pour atteindre la victime. Et en effet, la partie restante de la balle a, bel et bien, été retrouvée dans le sol sur le lieu de la fusillade.”

      Le quotidien Walla News a rapporté la version des faits selon les premiers éléments de l’enquête policière :

      ” L’officier de police en civil (et en en congé) était de sortie avec son épouse et ses enfants et tous se baladait en soirée dans un parc lorsque qu’un jeune éthiopien de 13 ans était en train de se faire agressé par trois jeunes éthiopiens d’une vingtaine d’années essayant de lui voler son argent et son téléphone. Le policier en civil se serait approché de la scène en leur ordonnant de laisser le garçon tranquille. L’officier se serait alors identifié comme un policier. Mais loin de les calmer, les agresseurs du jeune garçon qui semblaient être ivres, aurait insulté le policier qui au final aurait alors décidé de quitter les lieux puisque son intervention avait permis au jeune garçon de 13 ans de s’enfuir.

      Cependant peu après, les trois jeunes éthiopiens seraient revenus à la charge en lui jetant des pierres. Frappé à la tête et à la poitrine, l’officier aurait alors appelé au secours, mais ayant le sentiment que sa vie et celle de ses proches étaient en danger, il aurait ensuite sorti son arme pour dissuader les agresseurs. C’est à ce moment, qu’il aurait tiré vers le sol. « Je n’ai pas tiré dans les airs de peur de blesser les passants, car la zone était peuplée« , a déclaré l’officier lors de l’enquête. Et la preuve balistique révélée dans l’enquête citée ci-dessus corrobore le témoignage de l’agent.”

      http://www.tel-avivre.com/2019/07/05/premiers-elements-de-lenquete-sur-la-mort-de-solomon-tekah-le-jeune-ethiopien-age-de-19-ans/

  3. Un texte agréable à lire et plein d’amour. Un texte réparateur.

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