La présence militaire de l’Iran sur le plateau du Golan

wikipedia-logo1La dernière attaque lancée contre des combattants du Hezbollah et des militaires iraniens expose au grand jour la présence de l’Iran le long de la frontière israélienne avec la Syrie.

Le Hezbollah et l’Iran ont officiellement confirmé cette attaque, prouvant ainsi leur présence militaire conjointe à Mazrat al-Amal dans la zone de Kuneitra. Ce fait accompli est une réalité nouvelle pour l’Etat juif, à ses portes, sur les hauteurs du Golan.

Le Hezbollah a annoncé la mort de six de ses combattants, dont Jihad Moughniyeh, le fils du tristement célèbre Imad Mughniyeh, reponsable de plusieurs attentats terroristes contre des cibles israéliennes et juives à travers le monde. Il y a quelques mois seulement, Jihad Mughniyeh a été nommé par le Hezbollah, et en accord avec Téhéran, « commandant en chef du Golan ».

Dans cette même attaque, trois autres chefs de la force iranienne al-Qods ont été tués : le Général Mohammed Allahdadi, le commandant Ali Tabatabai, et un autre chef connu sous le nom d’Assadi, qui était, selon toute vraisemblance, le commandant des forces expéditionnaires iraniennes en Syrie.

Dans le communiqué officiel du Hezbollah, aucun détail n’a été mentionné sur la mort des Gardiens de la Révolution présents sur le Golan. Cependant, plusieurs informations sont fournies par des sources iraniennes.

Ali Tabatabai, aussi connu sous le nom d’Abou Ali Rida, était chargé par les Pasdarans de contrôler le front du Golan avec Jihad Mughniyeh du Hezbollah. Le Général Allahdadi, de son vrai nom Hushang Allahdad, était l’officier de liaison en chef des Gardiens de la Révolution en Syrie, chargé aussi des cargaisons d’armes en provenance d’Iran pour le Hezbollah.

Dans un communiqué officiel, le Hezbollah a menacé de riposter avec une réponse « douloureuse et inattendue ». L’organe de presse du Hezbollah al-Manar a indiqué que « Tel-Aviv joue avec le feu et menace ainsi la sécurité de l’ensemble du Moyen-Orient ».

Selon certaines sources non identifiées, citées par le quotidien libanais al-Safir, la réponse du Hezbollah serait toutefois « contrôlée pour éviter une escalade menant à une guerre totale ».

 

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a condamné l’opération attribuée à Israël, mais s’est abstenu de délivrer une menace concrète contre Israël.

L’ayatollah Mahari, Secrétaire personnel de l’Ayatollah Ali Khamenei, a appelé le monde entier et les autorités religieuses, notamment les dirigeants du centre sunnite d’al-Azhar au Caire, à condamner vigoureusement l’attaque contre les « héros du Hezbollah ». Il a souligné que l’attaque n’était qu’une « provocation contre Téhéran». Elle jette la lumière sur « l’échec cuisant d’Israël pour empêcher les réalisations iraniennes dans le domaine nucléaire et les pourparlers en cours avec l’Occident ».

Ali Shamkhani, Secrétaire général de la Sécurité nationale iranienne, a promis que le Hezbollah répondrait au moment et au lieu voulus.

Le fait que trois officiers de haut rang des Pasdarans aient été tués lors de cette attaque souligne, une fois de plus, que l’Iran considère la Syrie et le Liban comme des tremplins de première ligne contre Israël.

L’Iran a démontré à maintes reprises sa détermination à l’égard de la Syrie ainsi qu’à l’égard du Hezbollah car ce dernier bénéficie d’avantages stratégiques et politiques découlant de sa présence active sur le sol syrien ; une présence encore renforcée depuis le déclenchement de la guerre civile. Le soutien iranien au régime de Bachar al-Assad et sa présence sur les hauteurs du Golan confirment sa stratégie par étapes et la mise en œuvre de sa doctrine de défense. L’Iran a en effet pour objectif d’écarter toute menace étrangère de son territoire national et de mener la campagne contre Israël et l’Occident loin de ses frontières.

Shimon Shapira

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