Discours du Premier ministre Nétanyahou à l’ONU – 27 septembre 2018

Adaptation et version française – Freddy Eytan-CAPE de Jérusalem.

 

Honorables délégués, Mesdames et Messieurs,

Lorsque j’avais pris la parole à cette tribune, il y a juste trois ans, Israël était le seul pays parmi les 200 qui siègent dans cette salle, qui s’était opposé ouvertement à l’accord nucléaire (signé avec l’Iran le 14 juillet 2015 à Vienne). Nous nous y opposons car cela menace notre avenir, notre survie. Nous nous y opposons car l’accord a ouvert la voie à la production d’un arsenal nucléaire iranien. Et en levant les sanctions, cela a alimenté la campagne hégémonique, celle des affreuses tueries et de la conquête de l’Iran à travers tout le Moyen-Orient et ailleurs.

Nous nous y opposons encore car ce mauvais accord reposait sur un mensonge grossier et fondamental. On nous disait avec conviction, non, l’Iran ne cherche pas vraiment à développer des armes nucléaires. (sic)

Israël a dévoilé au grand jour l’énorme supercherie. En février dernier, les Israéliens ont mené un exploit audacieux en pénétrant dans le sacro-saint des archives atomiques secrètes de l’Iran. Nous avons obtenu plus de 100 000 documents et vidéos stockés dans des coffres forts, dans un soi-disant bâtiment paisible et innocent dans le centre de Téhéran.

En mai dernier, j’ai présenté devant les médias internationaux un bref aperçu de cette prise spectaculaire. J’ai fourni des preuves tangibles sur les projets de l’Iran de vouloir construire des armes nucléaires et de tromper la communauté internationale. Israël a partagé cette information sensible, ainsi que des preuves encore plus accablantes que nous avons découvertes, avec les membres signataires du P5 + 1 et avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Plusieurs mois se sont écoulés et aucune mesure n’a été prise par l’AIEA. Aucune question sur ces révélations, aucune demande d’inspection dans ce nouveau site découvert dans ces archives secrètes.

Alors, face à cette indifférence et l’inaction, j’ai décidé de révéler aujourd’hui une autre découverte que nous avons déjà partagée avec l’AIEA et avec quelques services étrangers du Renseignement.

Ce que je vais dévoiler n’a pas été publié à ce jour. Aujourd’hui, je révèle donc pour la première fois que l’Iran possède une autre installation secrète à Téhéran, un entrepôt atomique secret permettant de stocker d’énormes quantités d’équipements et de matériel issus de son programme secret pour la production d’armes nucléaires.

Au mois de mai dernier, nous avons exposé le matériel du site des archives atomiques secrètes de l’Iran, ici même, dans le district de Shor-Abad situé à Téhéran. Aujourd’hui, je révèle la présence d’une deuxième installation, un entrepôt atomique secret. C’est juste ici, dans le district de Turquz-abad de Téhéran, juste à quelques kilomètres de là.

Laissez-moi vous montrer exactement à quoi ressemble cet entrepôt atomique secret. (Nétanyahou présente à la tribune des photographies et documents irréfutables)

 

La carte de l’entrepôt atomique secret présenté par Benjamin Nétanyahou (GPO)

C’est bien ici. Voyez-vous, ces archives atomiques, se trouvent également dans un cadre innocent. Pour ceux d’entre vous qui utilisent Google Earth, nous leur disons, cet entrepôt atomique n’est plus désormais secret, il est situé dans la Rue Maher. Chacun peut avoir ses coordonnées, et essayer de le situer sur votre ordinateur. Je vais d’ailleurs vous facilitez la tâche, il se trouve à 100 mètres seulement de Kalishoi, une entreprise de nettoyage de tapis… En fait, j’entends dire qu’ils sont là-bas de vrais professionnels dans le nettoyage… ces tapis persans pourront-donc être radioactifs…

À l’heure actuelle, les pays dotés de satellites pourraient constater une activité accrue, un branle-bas, dans cette fameuse rue Maher, cela se poursuivra probablement dans les jours et les semaines à venir. Les personnes qu’on verra sont en réalité des responsables iraniens qui essaient désespérément de terminer le travail de nettoyage de ce site. Parce que, voyez-vous, depuis que nous avons dévoilé ces archives, les autorités iraniennes s’empressent de tout dissimuler, de nettoyer, de fond en comble, l’entrepôt atomique.

Le mois dernier seulement, ils ont retiré de ce site 15 kg de matières radioactives et les ont répandues à travers la capitale afin de dissimuler les preuves que nous possédons.

Maintenant, les responsables iraniens qui nettoient ce site ont encore beaucoup de travail à faire, car ils ont à remplir au moins 15 conteneurs maritimes. Ils sont vraiment gigantesques, puisqu’ils devraient contenir 20 tonnes de matériel. Un calcul simple, cela signifie que ce site contient jusqu’à 300 tonnes, 300 tonnes d’équipements et de matières nucléaires. Incroyable mais vrai !

Justement, chers distingués délégués, vous vous poser sans doute la question : Pourquoi donc l’Iran a-t-il conservé des archives atomiques secrètes et un entrepôt atomique ? Après tout, nous pourrions dire que l’Afrique du Sud et la Libye, lorsqu’ils avaient abandonné leur programme nucléaire, la première chose qu’ils ont faite a été de détruire les archives, le matériel et l’équipement.

Et la réponse à cette question est bien simple. La raison pour laquelle l’Iran n’a pas détruit ses archives et son entrepôt, c’est parce qu’il n’a pas abandonné son objectif de développer des armes nucléaires. En fait, il était prévu d’utiliser ces deux sites d’ici quelques années (lors de l’expiration de l’accord) lorsque le moment serait venu de fabriquer la bombe atomique.

Mais, Mesdames et Messieurs, rassurez-vous, cela n’arrivera jamais. Cela n’arrivera pas, car ce que l’Iran cache, Israël le trouvera.

 

Ce que l’Iran cache, Israël le trouvera

 

Mesdames et Messieurs,

J’ai un message direct à adresser au chef de l’AIEA, M. Yukiya Amano.

Il est sans doute un homme sincère et souhaite œuvrer dans le bon sens.

Eh bien, Mr. Amano, faites ce qu’il faut faire. Allez donc inspecter cet entrepôt nucléaire immédiatement avant que les Iraniens ne finissent de le dissimuler et le vider complètement.

Honorables délégués,

Vous vous rappelez sans doute qu’on nous avait promis que des inspections pourraient avoir lieu à chaque moment et n’importe où ? Vous vous souvenez, n’est-ce pas ?  Eh bien, allons-y, allez maintenant lancer des inspections sur ce site, ici même. (Nétanyahou montre du doigt le site)

Mr Amano, pendant que vous y êtes, là-bas, profitez d’inspecter les autres sites secrets dont nous vous avons parlé. Une fois pour toutes, dites au monde entier toute la vérité sur les intentions de l’Iran.

J’ai également aujourd’hui un message direct aux tyrans iraniens :

Israël sait ce que vous faites et Israël sait où vous le faites. Israël ne laissera jamais un régime, qui appelle et prône notre destruction, développer des armes nucléaires. Ni maintenant, ni demain, ni dans dix ans, jamais !

Et Israël fera tout ce qui est en son pouvoir pour se défendre contre l’agression iranienne. Nous continuerons à agir contre vous en Syrie. Nous agirons contre vous au Liban. Nous agirons contre vous en Irak. Nous agirons contre vous chaque fois que nous le jugerons et choisirons le lieu et la date pour défendre notre État et notre peuple.

Distingués Délégués,

Il y a trois ans, quelques semaines après la conclusion de l’accord sur le nucléaire, j’avais posé une question simple : est-ce en inondant la théocratie radicale de l’Iran par de l’armement et de l’argent qu’on réduira son appétit d’agression ? Pourtant, de nombreux partisans de l’accord l’ont vraiment cru. Ils croyaient que le régime iranien deviendrait plus modéré, plus pacifique. Ils pensaient que l’Iran utiliserait les milliards de dollars reçus en allègement de sanctions pour améliorer le niveau de vie de son peuple – pour résoudre le problème de l’eau, du transport routier, de l’électricité, des hôpitaux, des écoles… C’est ce qu’ils croyaient vraiment, et peut-être que beaucoup d’entre vous l’ont également cru.

Eh bien, cela n’est pas arrivé.

Au lieu de cela, l’Iran a utilisé l’argent pour alimenter sa vaste machine bien huilée de guerre.

L’année dernière, l’Iran a attaqué des Kurdes en Irak, massacré des sunnites en Syrie, armé le Hezbollah au Liban, financé le Hamas à Gaza, lancé des missiles en Arabie saoudite et menacé la liberté de navigation dans les détroits d’Ormuz et de Bab al Mandeb.

Comment parler de paix et de modération ? Le rêve se transforme au cauchemar.

Et si vous pensez que l’agression de l’Iran a été confinée au Moyen-Orient, détrompez-vous. Le mois dernier, deux agents iraniens ont été arrêtés pour avoir planifié des attaques terroristes ici, aux États-Unis. Et il y a plusieurs semaines, des agents iraniens ont été arrêtés pour avoir planifié des attaques terroristes au cœur de l’Europe.

Pourtant, alors que les États-Unis confrontent l’Iran à de nouvelles sanctions, l’Europe et d’autres pays l’apaisent en essayant de l’aider à contourner ces sanctions.

Maintenant, je vais utiliser un mot, un mot dur, très fort : apaisement. Je l’utilise à contrecœur, mais malheureusement, c’est exactement ce que nous constatons aujourd’hui encore en Europe. (80 ans après la signature des Accords de Munich)

Pensez-y : la même semaine, lorsque l’Iran avait été pris en flagrant délit pour l’assassinat de citoyens européens, les dirigeants, eux, déroulaient le tapis rouge au président Rohani, en promettant de donner encore plus d’argent à l’Iran.

Je suis fils d’historien, je dois m’interroger sur la marche à suivre. Je ne demande pas de le savoir simplement en tant que fils d’historien, je pose la question en tant que Juif, citoyen du monde, personne qui a vécu le XXe siècle : ces dirigeants européens n’ont-ils rien appris de l’Histoire ? Quand vont-ils se réveiller de leur torpeur ? De l’indifférence mortelle ?

Eh bien, en Israël, nous n’avons pas besoin de sursauter, car l’Iran nous menace tous les jours. Car malgré tous les nombreux espoirs entourant l’accord sur le nucléaire, cet accord n’a pas retardé sine die la guerre. Non, il a bien rapproché la guerre à nos frontières, à nos portes.

En Syrie, l’Iran tente d’établir des bases militaires permanentes contre nous et a déjà lancé des missiles et des drones sur notre territoire. À Gaza, l’Iran arme des groupes terroristes pour lancer des attaques à la roquette contre nos villes et des attaques terroristes contre nos civils. Au Liban, l’Iran demande au Hezbollah de construire des sites secrets pour convertir des projectiles inexacts en missiles à guidage de précision, des missiles pouvant cibler au plus profond d’Israël avec une précision de dix mètres.

Ecoutez bien, le Hezbollah utilise délibérément le peuple libanais innocent résident à Beyrouth comme bouclier humain. Ils ont placé trois de ces sites de conversion de missiles près de l’aéroport international de Beyrouth. (Nétanyahou utilise de nouvelles photographies et les expose devant le public onusien)

Voici une photographie satellite qui vaut mille missiles… Et voici ici l’aéroport international de Beyrouth.

Voici le premier site de missile. C’est dans le quartier d’Ouzai au bord de l’eau, à quelques rues de la piste d’atterrissage.

Voici le deuxième site. Il est construit près d’un stade de football, le voici, il est situé deux rues plus loin.

Et voici le troisième site. Il est adjacent à l’aéroport, juste à proximité.

J’ai donc aussi un message clair au Hezbollah : Israël à des yeux d’argus et sait exactement ce que vous faites et ce que vous manigancez. Israël suit de très près vos pas et vos activités. Et Israël ne vous laissera pas vous en sortir à la sauvette.

Carte des sites de missiles de précision à Beyrouth (GPO)

Mesdames et Messieurs,

Tout comme les partisans de l’accord sur le nucléaire avaient tort de savoir ce qu’il se passerait lorsque les sanctions seraient levées, ils se sont trompés, encore et encore, sur ce qu’il se passerait lorsque les sanctions seront rétablies.

Ils ont fait valoir que les sanctions américaines à elles seules auraient peu d’impact, peu d’impact économique sur l’Iran. C’est bien ce qu’ils ont dit. Vraiment ?

Eh bien, voyons ce qui est arrivé à l’économie iranienne le jour où le président Trump a forcé les entreprises à choisir entre faire des affaires avec l’Iran ou avec les États-Unis, dont le PIB représente 50 fois le PIB iranien.

Il y a un an, l’économie iranienne était en plein essor. Maintenant, elle s’effondre. La monnaie iranienne est en chute libre. L’inflation et le chômage montent en flèche. Les compagnies aériennes britanniques, les banques allemandes, les sociétés pétrolières françaises, les importateurs japonais de pétrole et bien d’autres se bousculent pour sortir.

Si cela n’a que peu d’impact économique, imaginez ce qu’il va se passer avec la prochaine série de sanctions américaines imposées en novembre.

Les partisans de la transaction ont également eu tort quand ils ont argumenté, en plaidant que le rétablissement des sanctions rallierait le peuple iranien autour de son régime.

Eh bien, ils se rallient vraiment, mais pas autour du régime. Ils se rassemblent contre le régime.

Ils ne scandent plus comme avant : « Mort à l’Amérique ». Ils scandent : « Mort au dictateur ! »

Ils ne disent plus : « Exportons la Révolution islamique ». Ils scandent « Quittez la Syrie ! », « Quittez le Liban! », « Quittez Gaza! », « Prenez soin de nous en Iran ! »

J’écoute ces protestations. Je parle directement au peuple iranien. Je publie des vidéos et je reçois des quantités de réponses. Au début, je pensais qu’il s’agissait d’exilés iraniens de Londres, Paris ou Los Angeles. Eh bien non, ce sont bien les Iraniens d’Iran qui saluent Israël, et critiquent le régime. J’ai interrogé mes services de Renseignement sur ce phénomène pour savoir ce qui se passe vraiment dans ce pays. Et peu de temps après, les manifestations ont éclaté, non pas à cause de mes propos transmis par les réseaux sociaux, mais c’était bien un formidable indicateur. Durant ces manifestations qui d’ailleurs se poursuivent, le peuple iranien fait preuve d’un courage incroyable.

La grogne est répandue partout, dans les centres urbains, dans les villages dans les bazars où les marchands sont en grève, où les jeunes femmes dévoilent leurs cheveux.

Le peuple iranien affronte courageusement un régime qui le réprime brutalement depuis quatre décennies. Un régime qui a dilapidé son argent, continue de le gaspiller dans des guerres sanglantes à travers le Moyen-Orient.

Dans ce contexte, j’ai dit aux dirigeants européens et à d’autres leaders : au lieu de courtiser les dictateurs iraniens, rejoignez les États-Unis, Israël et la plupart des pays arabes pour soutenir de nouvelles sanctions contre un régime qui nous menace tous, le monde entier.

Israël est profondément reconnaissant au président Trump pour sa décision audacieuse de se retirer de l’accord nucléaire désastreux avec l’Iran. Beaucoup, beaucoup de nos voisins arabes le sont également. Tous ceux qui se soucient de la paix et de la sécurité du monde devraient également être reconnaissants.

Mais, Mesdames et Messieurs, j’ai une importante confession à vous faire.

Cela peut vous surprendre, mais je dois admettre que l’accord avec l’Iran a eu une conséquence positive, une conséquence non intentionnelle, mais une conséquence positive. Il a rapproché, plus que jamais Israël et de nombreux pays arabes. Nous sommes plus proches les uns des autres, dans une intimité et une amitié que je n’avais pas vues de mon vivant et qui auraient été inimaginables il y a quelques années.

Et vous savez, quand vous nouez des amitiés autour d’une menace, d’un défi, vous voyez rapidement des opportunités, non seulement pour la sécurité, mais pour pouvoir apporter une vie meilleure à nos peuples. Israël peut aider et veut aider dans ce sens.

Israël apprécie profondément ces nouvelles amitiés et j’espère que le jour viendra bientôt où Israël pourra élargir le cercle de la paix, une paix formelle, au-delà de l’Egypte et de la Jordanie, à d’autres voisins arabes, y compris les Palestiniens. J’ai hâte de travailler avec le président Trump et son équipe pour atteindre ce noble objectif.

Je veux aussi profiter de cette opportunité, nous sommes ici dans l’enceinte de l’ONU – un lieu que je connais bien. J’ai servi ici comme ambassadeur de mon pays, il y a plusieurs années. Je souhaite donc saisir cette occasion pour exprimer la reconnaissance d’Israël au président Trump et à l’ambassadrice Haley pour le soutien indéfectible qu’ils ont apporté à Israël. Ils ont clairement soutenu le droit d’Israël à se défendre. Ils ont, à juste titre, tiré leur épingle du jeu de l’UNESCO et du Conseil des droits de l’Homme des Nations-Unies moralement en faillite. Ce Conseil a adopté le plus de résolutions possible contre Israël. Dix fois plus que l’Iran, ou la Syrie, et d’autres pays voyous. Le président Trump et l’ambassadrice Haley ont cessé de financer également l’UNRWA, une organisation qui, au lieu de résoudre le problème des réfugiés palestiniens, le perpétue.

Jour après jour, l’administration Trump a résisté à ce qui a longtemps été une spécialité onusienne : calomnier et condamner Israël. Même si la résolution honteuse comparant le sionisme au racisme a été abrogée il y a 25 ans, je suis désolé de dire que sa puanteur infâme persiste encore dans ces salons.

Israël a transporté par avion les Juifs éthiopiens vers la liberté, pour une nouvelle vie en Israël, dans l’État juif. Pourtant, ici à l’ONU, Israël est absurdement accusé de racisme.

Les citoyens arabes d’Israël votent lors de nos élections, siègent à notre parlement, président nos tribunaux et ont exactement les mêmes droits individuels que tous les autres citoyens israéliens.

Pourtant, ici à l’ONU, Israël est honteusement accusé d’Apartheid. Aujourd’hui, il y a au moins cinq fois plus de Palestiniens qu’en 1948, année de la fondation d’Israël. Pourtant, à l’ONU, Israël est scandaleusement accusé de nettoyage ethnique.

Mesdames et Messieurs, vous savez à quoi je fais allusion.

C’est le même vieil antisémitisme avec un tout nouveau visage. C’est tout simplement la bête immonde.

Une fois, c’était le peuple juif qui a été calomnié et soumis selon des normes différentes.

Aujourd’hui, c’est l’État juif qui est calomnié et tenu à une norme différente.

Voici un exemple : Prenez les attaques incongrues lancées contre Israël après que notre Knesset, notre parlement, ait récemment adopté une loi déclarant Israël comme État-nation du peuple juif.

Remarquez qu’Israël est un pays libre. Vous pouvez vous opposer à une loi, et les gens l’ont fait. Vous pouvez demander une formulation différente dans telle ou telle clause, ou vous pouvez appeler pour ajouter ou soustraire une clause. Vous pouvez le faire.

Mais quand Israël est qualifié de raciste, Israël est qualifié de raciste pour avoir fait de l’hébreu sa langue officielle et l’étoile de David son drapeau national, quand Israël est considéré comme un État d’Apartheid pour se déclarer État-nation du peuple juif.

Ici, sont représentés plus de 100 pays qui n’ont qu’une langue officielle, même si de nombreuses autres langues sont couramment parlées dans ces pays. Il y a plus de 50 pays ici qui ont des croix ou des croissants gravés sur leurs drapeaux, même si nombreux sont des non-musulmans et non-chrétiens. Et il existe des dizaines de pays qui se définissent comme des États-nations d’un peuple donné, même si de nombreuses minorités ethniques et nationales vivent à l’intérieur de leurs frontières.

Aucun de ces pays n’est dénigré ou diffamé pour célébrer son identité nationale unique. Seul Israël est dénigré. Seul Israël est diffamé.

Ce qui est unique chez le peuple juif, ce n’est pas que nous ayons un État-nation. Ce qui est spécifique, c’est que beaucoup s’opposent encore à ce que nous ayons un État-nation.

Il y a quelques instants, le président Abbas a scandaleusement déclaré que la loi israélienne sur l’État-nation prouvait qu’Israël était un État raciste qui pratique l’Apartheid.

Président Abbas, vous devriez savoir mieux que quiconque puisque vous avez écrit une thèse niant l’holocauste. Votre autorité palestinienne inflige des peines de mort aux Palestiniens pour avoir vendu des terres à des Juifs. Avez-vous bien entendu ? Si un Juif achète un appartement, un terrain dans les territoires palestiniens, le Palestinien qui lui a vendu cette terre est exécuté. C’est ce que dit la loi palestinienne.

Président Abbas, vous payez fièrement les terroristes palestiniens qui assassinent des Juifs. En fait, plus ils massacrent, plus vous payez. C’est dans leur loi aussi. Et vous condamnez la moralité d’Israël ? Vous appelez Israël raciste ?

Ce n’est pas le chemin de la paix. Ce n’est pas le moyen de parvenir à la paix que nous voulons et dont nous avons tous besoin et à laquelle Israël reste attaché. Cet organisme ne devrait pas applaudir un régime qui paie des terroristes. L’ONU devrait condamner une telle politique ignoble.

Et l’ONU, l’ONU qui a négocié un cessez-le-feu en 2014, devrait exiger que le Hamas libère nos soldats tombés au combat, Oron Shaoul et Hadar Goldin, qui ont été kidnappés lorsque le Hamas a violé ce même cessez-le-feu.

Le Hamas devrait également libérer les deux citoyens israéliens détenus, Abera Mengistu et Hisham al Sayed.

Mesdames et Messieurs,

Chaque fois que je me tiens ici, à cette tribune, j’éprouve le même sentiment qu’aujourd’hui. J’ai le privilège d’être ici en tant que Premier ministre de l’État juif et démocratique d’Israël.

Certains pensent qu’Israël ne peut être à la fois juif et démocratique. C’est faux. Israël est les deux et Israël restera toujours juif et démocratique.

Depuis qu’Abraham et Sara ont effectué leur voyage vers la terre promise il y a près de 4 000 ans, la Terre d’Israël est notre patrie. C’est l’endroit où Isaac et Rebecca, Jacob, Leah et Rachel ont perpétué leur alliance éternelle avec Dieu.

C’est là que Josué a fait de nous une nation souveraine, où David a dirigé et où Isaïe a prêché, où les Maccabées ont combattu et où Massada est tombée. C’est le lieu à partir duquel nous avons été exilés et où nous sommes retournés, reconstruisant notre ancienne et éternelle capitale, Jérusalem.

L’État-nation d’Israël est le seul endroit où le peuple juif exerce fièrement son droit collectif à l’autodétermination. Ce droit a été reconnu il y a près d’un siècle par la Société des Nations et par les Nations-Unies il y a plus de 70 ans, lors du vote en faveur de la création d’un État juif. C’est ce qui a été dit, cette résolution : la création d’un État juif.

Dans le même temps, Israël est une démocratie dynamique, où tous les citoyens, qu’ils soient juifs ou non, jouissent des mêmes droits individuels et où ces droits sont garantis par la loi.

En Israël, que vous soyez Juif ou Arabe, chrétien ou musulman, druze ou bédouin, ou autre, vos droits individuels sont exactement les mêmes et ils resteront toujours les mêmes.

Au Moyen-Orient, ce n’est pas évident, c’est un euphémisme. Au Moyen-Orient, où les femmes sont souvent traitées comme des biens, les minorités sont persécutées, les homosexuels sont pendus, Israël est un brillant exemple de liberté et de progrès.

Mesdames et Messieurs,

Je ne pourrais pas être plus fier de représenter mon pays, Israël.

Je suis fier d’avoir fait d’Israël une puissance technologique mondiale de créativité à couper le souffle, de technologie de l’information, d’agriculture de précision. C’est extraordinaire, nous ciblons l’engrais et l’eau jusqu’à la plante individuelle… incroyable ! Je suis fier de ces génies qui apportent ces développements incroyables dans la gestion de l’eau, la cyber-sécurité, les véhicules autonomes, la santé numérique, les dispositifs médicaux et dans de nombreux autres domaines qui améliorent la vie de milliards de personnes dans le monde entier.

Je suis fier des brillants spécialistes israéliens, des entrepreneurs innovants et des artistes talentueux. Je suis fier des enseignants dévoués, des médecins et de nos équipes de recherche et de sauvetage qui sauvent des vies d’Haïti au Mexique, du Népal aux Philippines. Je suis fier, tellement fier des soldats israéliens courageux, des hommes et des femmes qui défendent courageusement notre pays tout en défendant les valeurs les plus élevées.

Et surtout, Mesdames et Messieurs, je suis surtout fier du peuple d’Israël, qui tire une force extraordinaire des sources profondes de notre patrimoine, qui possède un esprit indestructible et qui est déterminé à construire toujours un avenir meilleur pour le seul et unique État juif.

Je vous remercie.

 


Retrouvez le discours du Premier ministre Benjamin Nétanyahou à la tribune des Nations unies, le 27 septembre 2018 :


Pour citer cet article :

Le CAPE, « Discours du Premier ministre Nétanyahou à l’ONU- 27 septembre 2018 », Le CAPE de Jérusalem, publié le 30 septembre 2018 : http://jcpa-lecape.org/discours-du-premier-ministre-netanyahou-a-lonu-27-septembre-2018/

Illustration : Benjamin Nétanyahou à la tribune de l’ONU le 27 septembre 2018 (photo Avi Ohayon, GPO)

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