Liban : la continuité sans le changement

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Le désespoir et l’incertitude planent toujours sur les Libanais. Aucun changement important n’est prévu dans la vie politique après les résultats des élections du 17 mai 2022. Désormais, toutes les illusions sont perdues. Toutes les protestations et manifestations n’ont pas changé le système sectaire et corrompu. Aucun mouvement ou parti politique n’est aujourd’hui capable de prendre des décisions audacieuses et d’initier des réformes politiques et économiques fondamentales. Le soi-disant changement est dans la continuité et annonce le pire.

Le faible taux de participation (49%) est une expression profonde de la méfiance des Libanais à l’égard du régime. Elle a favorisé les partis politiques traditionnels, les tribus et les familles qui ont maintenu leur emprise sur le système politique.

Le Hezbollah et Amal ont obtenu la confiance totale des chiites, tandis que le camp chrétien, divisé comme toujours, s’est scindé en deux formations principales de représentation égale.

Comme prévu, la majorité de la communauté sunnite a boycotté les élections conformément aux directives de l’ancien Premier ministre Saad Hariri. 

Khamenei, Nasrallah, Soleimani

12 sièges ont été remportés par les représentants du mouvement contestataire. Même s’ils représentent une minorité au sein du parlement qui est de 128 sièges, ils ont contribué à la défaite des principaux alliés du Hezbollah.

Cela dit, il est clair que le Hezbollah et Amal ont maintenu leur pouvoir avec 27 sièges de la communauté chiite. Toutefois, ils perdent la majorité dont ils jouissaient au parlement (71 sièges) par rapport à l’actuelle coalition potentielle de 62 sièges. Hassan Nasrallah a admis qu’il avait perdu la majorité mais a souligné en revanche qu’aucun groupe politique ne pourrait prétendre avoir la majorité absolue. 

Résultats définitifs

(Capture d’écran/L’Orient-Le Jour)

Cette situation exige une coopération de toutes les parties afin de faire face aux nouveaux défis.

Les prochains jours seront consacrés à la formation des différentes commissions parlementaires, l’élection du Président du Parlement, la formation d’un gouvernement et l’élection d’un nouveau président de la république. Le Hezbollah s’efforcera d’être représenté dans toutes les formations gouvernementales en évitant de siéger dans les rangs de l’opposition.

Contrairement aux revendications de ses opposants politiques, Nasrallah a été très clair sur le démantèlement de l’armement de la milice chiite : le Hezbollah ne désarmera pas et continuera à assumer la responsabilité de combattre contre Israël par tous les moyens. 

Suite aux menaces israéliennes de frapper l’Iran et ses installations nucléaires, l’Iran continue de développer les capacités militaires du Hezbollah en lui fournissant, entre autres, des missiles de précision.  

Lors de sa campagne électorale, Nasrallah avait accusé Israël de voler le gaz et le pétrole des ressources naturelles libanaises.

En conclusion, les résultats des élections législatives du 17 mai 2022 n’ont entraîné aucun changement radical dans le système politique. Le Hezbollah et Amal sont toujours omniprésents et dominants dans le pays du Cèdre et probablement pour longtemps encore.

Voir l’intégralité de l’article sur le site du Jerusalem Center
https://jcpa.org/hizbullah-will-continue-to-dominate-lebanese-politics-in-the-aftermath-of-the-elections/

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