Tsahal face à deux fronts et à de multiples incertitudes

freddy_eytanLa chute du président Morsi en Egypte et ses retombées sur l’ensemble du monde arabe ont augmenté les menaces contre l’Etat juif. Désormais, Tsahal est confronté à deux crises sur deux fronts ; une situation qui rappelle l’escalade d’avant la guerre des Six Jours.

Au Sud, bien que nous ayons signé un traité de paix avec l’Egypte, le pays des pharaons risque le déclenchement d’une guerre civile et la péninsule du Sinaï s’est déjà transformée en un véritable tremplin permettant au Jihad mondial de lancer des opérations terroristes.

Au Nord, la guerre de Bachar el-Assad contre les rebelles fait toujours rage et elle risque de faire du plateau du Golan un champ de bataille pour les groupes terroristes de tous bords. Une guerre civile intercommunautaire au Liban n’est pas non plus exclue.  

Ainsi, deux territoires stratégiques, le Sinaï et le Golan, où sont pourtant installées des forces internationales pour le maintien de la paix, sont fortement menacés.

Le risque d’un nouveau conflit conventionnel avec la participation de l’artillerie et des blindés n’est pas envisageable dans un prochain avenir. Il ne proviendra pas de l’armée syrienne, très affaiblie par la guerre civile, ni de l’armée égyptienne, occupée à sauvegarder la sécurité à l’intérieur du pays, mais d’un conflit armé régional pouvant éclater à la suite d’un incident local, un attentat spectaculaire, des tirs de roquettes ou une prise d’otages. Rappelons que la Seconde guerre du Liban a été déclenchée en 2006 suite à la prise en otages de deux soldats israéliens, Réguev et Goldwasser, par le Hezbollah.

Le gouvernement israélien et Tsahal se trouvent devant un grand dilemme car nos actions diplomatiques et opérationnelles sont assez limitées. Nous ne pouvons intervenir et risquer l’embrasement de toute la région, mais nous ne pouvons non plus laisser faire sur les deux fronts à la fois. C’est notre propre sécurité et notre dissuasion qui sont en jeu.

Jusqu’à ce jour, le gouvernement Netanyahou a eu raison d’adopter un « profil bas » en choisissant de ne pas intervenir directement. C’était aussi son devoir de mettre en garde toutes les parties, y compris la Russie, et de lancer des opérations ponctuelles pour empêcher le transfert d’armes sophistiquées et non conventionnelles aux organisations terroristes, notamment le Hezbollah. Les barrières de sécurité construites le long des deux fronts, notamment dans la région sensible de la ville balnéaire d’Eilat, sont certes dissuasives et empêchent les infiltrations mais elles ne peuvent éviter les tirs de roquettes et de missiles.

La politique gouvernementale devrait être suivie par un dialogue permanent et constructif avec l’état-major égyptien, en consultation et en coordination avec les Etats-Unis.

Les dernières mesures prises par l’armée égyptienne dans le Sinaï contre le Jihad mondial et le Hamas, ainsi que la fermeture de nombreux tunnels dans la bande de Gaza sont encourageantes et vont dans le bon sens, mais elles sont insuffisantes. Huit ans après le désengagement du « couloir de Philadelphie », nous subissons encore les conséquences néfastes d’une décision irréfléchie et maladroite.

Dans ce contexte, et à l’approche du vote pour l’adoption d’un nouveau budget national, des réformes au sein de l’armée israélienne sont certes nécessaires, mais les coupes budgétaires envisagées ne devraient en aucun cas mettre en péril notre défense sur les deux fronts. Bien que Tsahal ait renforcé ses capacités technologiques et développé ses services de renseignement au niveau de ceux d’une grande puissance, l’Iran des ayatollahs reste toujours dans le collimateur.

La majorité écrasante du peuple israélien a confiance dans les décisions prises par les généraux de Tsahal, mais dans le contexte régional actuel la vigilance est plus que jamais de mise. Gardons toujours en mémoire les tristes défaillances de la guerre du Kippour, le moment fatal et décisif où nous avons vu la mort en face ! Ce scénario apocalyptique ne doit plus se reproduire !

Freddy Eytan

Retrouvez cet article sur Terre d’Israël et Desinfos.com.

1 Comment

  1. “la guerre du Kippour, le moment fatal et décisif où nous avons vu la mort en face!”
    le pays, de petites dimensions, ne permet pas, à mon sens,de subir une ou deux defaites militaires, puis de reprendre l’avantage par une victoire et gagner la guerre. Il est possible de reculer mais uniquement pour gagner.
    La geographie est tellement tendue, c’est là ou je comprends “…nous avons vu la mort en face..” La responsabilité est existencielle pour l’etat major de Tsahal, mais ils ont de l’experience, ce sont les gardiens d’Israel, .

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