La crise syrienne et le rôle insignifiant de l’ONU

La crise syrienne est la troisième preuve d’une série d’échecs de l’ONU. Durant ces deux dernières décennies, l’Organisation des Nations-Unies a  échoué dans ses tentatives  d’empêcher des massacres. Son incapacité flagrante d’intervenir au moment voulu dans les crises au Rwanda et en Bosnie. De nombreux éditorialistes évoquent même la faillite de l’organisation en raison de son cuisant échec d’accomplir l’un de ces principaux objectifs pour lesquels elle a été créée.

En 1994, le commandant des forces onusiennes au Rwanda, le général Romeo Delair, a expédié un message urgent au siège de l’ONU à New York. S’appuyant sur des informations crédibles, il alarmait que les dirigeants du pays, originaires de la tribu Hutu, avaient l’intention de commettre des massacres contre les Tutsis. Kofi Annan, alors chargé des Forces de la paix au sein de l’ONU, avait répondu en priant le commandant Delair de s’abstenir de toute ingérence. .. Et quelques mois plus tard…plus de 800 mille Rwandais sont massacrés!

L’échec de l’ONU se poursuivra  avec le déclenchement de la guerre en Bosnie, le cœur de l’Europe. Le Conseil de sécurité de l’ONU avait créé « une zone de sécurité » située dans les environs de la ville Srebrenica afin de garantir la sécurité aux musulmans bosniaques. Le Commandant local des Forces de l’ONU a assuré sa protection en ces termes: “croyez-moi, je vous promets de ne plus jamais vous quitter”. .. Et quelques temps plus tard, en juillet 1995, l’armée serbe- bosniaque  attaque l’enclave de Srebrenica et massacre plus de 8000 musulmans!

Ainsi, à chaque fois que l’ONU est mise à l’épreuve, à chaque fois que ses forces pour le maintien de la paix dans le monde souhaitent protéger des populations en détresse elles échouent dans leur mission.

Aujourd’hui, l’ONU affronte une “nouvelle Srebrenica”…Depuis mars 2011, une guerre civile se déchaîne en Syrie, mais en raison du veto imposé par les Russes et par les Chinois ce n’est qu’en mai 2012, seulement après  le massacre d’une centaine de civils dont de nombreux enfants à Houla, que le Conseil de Sécurité  condamne le régime d’Assad sans toutefois prendre des mesures adéquates.

En février 2012, une nouvelle initiative de l’ONU dirigée par l’ancien Secrétaire général Kofi Annan et mandatée par la Ligue arabe échoue également et embarrasse fortement l’Occident.

Dans ce contexte, il est clair que la raison principale de tous ces échecs   découle des intérêts des pays membres de l’organisation. L’ONU refuse d’adopter la morale et de condamner vigoureusement les responsables des massacres ou prendre contre eux des mesures efficaces.

Le 28 mai dernier, le Wall Street Journal a même qualifié l’ONU « de collaborateur » pour avoir permis le massacre de Houla, et celui de Srebrenica en 1995. C’est sans doute une sévère critique, mais elle est justifiée par un argument essentiel que nous ne pouvons ignorer : l’ONU est une organisation dont les attentes de protection au sein des populations en détresse et regardant la mort en face sont quasiment immenses. En réalité, la déception est si profonde que l’impuissance de l’organisation onusienne.

Si l’ONU est incapable de prendre des décisions pour éviter des génocides, et ne distingue pas entre assassins et victimes, est-il juste et possible  de lui attribuer  sérieusement un poids moral quelconque à ces déclarations au sujet du conflit israélo-palestinien ? La crise syrienne n’est-elle pas éloquente? N’illustre-t-elle pas la perte d’autorité morale qu’avait jadis l’ONU? Israël doit réaliser la situation néfaste et répliquer dans ce sens à chaque fois qu’un fonctionnaire officiel de cette organisation ose nous condamner injustement.

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