Gaza: opération ponctuelle et Raison d’Etat

La collecte du renseignement sur les intentions de l’ennemi demeure une priorité absolue pour chaque armée et service secret.

Cela remonte aux temps bibliques avec les 12 espions envoyés explorer la Terre promise.

Les aventures et les exploits, de toutes sortes et catégories, se poursuivent aujourd’hui encore dans le monde mystérieux et sombre de l’espionnage.

Nous n’avons entendu à ce jour qu’une seule partie des exploits, comme ceux du légendaire Elie Cohen à Damas ou des autres agents du Mossad à Téhéran et ailleurs.

Toutefois, il existe aussi au sein de Tsahal et du Shin Beit des activités, très risquées mais nécessaires, effectuées par des unités spéciales au-delà de nos frontières, comme à Gaza ou au Liban, qui n’ont jamais été révélées.

Justement, comment alors expliquer que 480 attaques terroristes aient été déjouées depuis le début de l’année ainsi que des tentatives d’espionnage et un certain nombre de cyber-attaques ?

C’est clair, sans la collecte précise d’informations au sein du champ ennemi – souvent en temps réel – eh bien, presque chaque jour il y aurait eu un attentat ou une attaque contre des soldats et des civils.

La dernière opération menée à Gaza fait partie de la routine des unités spéciales. Chaque nuit, tandis que nous dormons à poings fermés, des commandos sont sur le terrain non seulement pour assurer la sécurité des frontières mais aussi pour rapporter des « informations fort précieuses. »

Ces « visites » en territoire ennemi ne sont guère une partie de plaisir. Elles sont minutieusement préparées, tout est passé au crible, au peigne fin. Parfois elles dégénèrent soudainement et aboutissent à des bavures ou des affrontements et à la perte tragique de nos soldats.

Une règle d’or pour l’état-major de Tsahal : aucun soldat mort, blessé ou vivant ne restera sur le champ de bataille. On emploiera tous les moyens et toutes les forces de feu pour ramener nos soldats en lieu sûr. Ainsi, dans cette opération à Gaza, toutes les mesures ont été employées pour éviter, à tous prix, le kidnapping d’un soldat par le Hamas. Si cela avait été le cas, il est certain que Tsahal aurait lancé une nouvelle opération, même de grande envergure pour contrer tout chantage abject ou échange de détenus comme ce fut le cas avec le soldat franco-israélien Guilad Shalit.

Benjamin Nétanyahou accueillant Guilad Shalit à sa libération en octobre 2011 (photo Avi Ohayon, GPO)

L’annulation de la rencontre du Premier ministre Nétanyahou prévue à l’Elysée avec le Président Macron et son retour immédiat, dans la nuit, à Jérusalem, prouvent surtout que la situation à Gaza est super sensible et qu’une seule étincelle peut provoquer une escalade irréversible au moment où toutes les parties s’acheminent vers une longue trêve. Cela prouve aussi que l’officier tombé était un être cher et très courageux. Un vaillant soldat inconnu du grand public dont les activités demeureront de longues années encore dans le brouillard. La présence inhabituelle du Président Rivlin à ses obsèques le prouve clairement.

Le Hamas et le Jihad islamique vont sans doute riposter à cette dernière opération. Nous sommes dans l’obligation de grincer des dents et d’éviter une opération de grande envergure qui nous ferait revenir au point de départ. La guerre totale n’est pas, pour l’heure, la meilleure solution.

Enfin, nous regrettons que certains hommes et femmes politiques de partis différents, surtout de l’opposition, s’attaquent à la politique actuelle du gouvernement concernant la bande de Gaza. La polémique parfois moraliste, parfois belliqueuse, est inutile et affaiblit beaucoup nos positions et surtout notre dissuasion.

La dernière opération devrait nous enseigner que la politique gouvernementale demeure la plus sage puisqu’il n’y a pas d’alternative au pouvoir terroriste en place. Il est impossible de trouver un règlement politique avec le Hamas. Soyons confiants et reconnaissants envers Tsahal, envers tous les autres services sécuritaires de l’Etat, qui exercent des missions dangereuses et un noble devoir pour justement assurer la sécurité absolue de tous les citoyens.

Freddy Eytan


Pour citer cet article

Freddy Eytan, « Gaza : opération ponctuelle et Raison d’Etat », Le CAPE de Jérusalem, publié le 12 novembre 2018 : http://jcpa-lecape.org/gaza-operation-ponctuelle-et-raison-detat/

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1 Comment

  1. On finira par reprendre Gaza. J’imagine mal une autre solution.

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