Trêve fragile et négociations diplomatiques

Après 40 jours de guerre la trêve conclue sous les auspices du Pakistan n’est qu’un répit diplomatique et un soulagement temporaire aux populations mais elle ne garantit pas à Israël la fin des hostilités ni non plus une victoire totale sur l’Iran. De ce fait, la fragilité de la trêve suscite de fortes inquiétudes et tout dépendra de la détermination des Américains d’aboutir à un accord robuste selon les 15 points présentés par Donald Trump. Les premières discussions à Islamabad dirigées par le vice-président Vance prouvent que le processus des négociations sera long et difficile et la reprise des frappes n’est pas à exclure.
Certes, les succès militaires américano-israéliens sont indéniables mais un accord partiel sans mettre un terme à la menace nucléaire et la fin des tirs balistiques sera une victoire amère à la Pyrrhus…
L’Iran ose proclamer « une grande victoire » mais en fait il se trouve complètement isolé. Il a perdu ses chefs, de nombreux combattants, une grande partie de son puissant arsenal militaire et ses missiles destructifs ainsi que ses infrastructures industrielles. Son économie est au plus bas et la population est plongée dans une détresse irréversible. Elle souhaite vivement un changement radical et rapide et l’écroulement du régime des ayatollahs.
Cependant, Téhéran est à plus de 1900 kilomètres de nos frontières et présente une menace à l’échelle mondiale, notamment sur la libre navigation dans le détroit d’Ormuz. Israël est certes une puissance régionale mais ne peux poursuivre tout seul le combat pour renverser le régime des mollahs. De ce fait, laissons les Américains mener à bien les négociations avec les Iraniens pour se préoccuper sérieusement des menaces les plus proches, celles du Hezbollah et du Hamas. C’est d’ailleurs la principale vocation de Tsahal : l’armée de la défense d’Israël.

Le gouvernement a le devoir d’assurer une sécurité complète à tous les citoyens au Nord comme au Sud. Les villageois subissent depuis plusieurs décennies des attaques en permanence. Pour les résidents de la haute Galilée cela remonte aux années 1950.
A la veille du Yom Ahatsmaout, jour du soixante-dix-huitième anniversaire de notre indépendance, c’est inadmissible et révoltant ! Jusqu’à quand ?
Les vagues promesses des gouvernements successifs n’ont pas été tenues ni non plus les affirmations des généraux de l’état-major sur la dissuasion de nos ennemis. Il est temps que les dirigeants israéliens cessent de prononcer des discours prétentieux et irréalisables sur le terrain et se consacrent en priorité sur l’avenir de ces villageois courageux abandonnés en première ligne sans sécurité.

Nous devrions donc intensifier les pressions sur le Hezbollah tout en engageant des négociations diplomatiques directes avec le gouvernement libanais. L’Europe qui fut absente honteusement dans la guerre contre l’Iran, devra soutenir ces pourparlers historiques qui débutent à Washington, condamner fermement les attaques du Hezbollah contre Israël et déclarer clairement que ce mouvement est une organisation terroriste.
Le Liban n’a jamais participé à une guerre arabe contre l’Etat juif et nous souhaitons coexister avec toutes les minorités du pays du Cèdre. Depuis trois décennies, la milice chiite est grand responsable des malheurs des Libanais et de la déstabilisation du Moyen-Orient. Dans aucun pays au monde une milice dicte le pas à une armée, à un Etat souverain et indépendant. La mise en quarantaine du Hezbollah permettra donc de tourner la page, de se débarrasser du lourd fardeau et de mettre un terme à la terreur quotidienne ; un grand soulagement au peuple libanais pour qu’il puisse enfin vivre en paix avec l’Etat d’Israël.

Bien entendu, cela dépendra de la volonté politique du président Trump et des garanties qu’il offrira à Israël et à l’Etat libanais pour pouvoir enfin démanteler le Hezbollah de son arsenal militaire.
Après la déconfiture de l’armée iranienne et ses milices et la montée au pouvoir en Syrie d’un leader anti-Hezbollah, le temps est propice pour normaliser nos relations avec ces deux pays arabes voisins et préparer le terrain pour des négociations fructueuses avec l’Arabie saoudite et tous les émirats du Golfe.
La Deuxième guerre contre l’Iran a confirmé clairement que les mollahs chiites haïssent cruellement les Etats-Unis et Israël et sont les vrais ennemis du monde sunnite.
Dans le contexte international, Israël a tout intérêt à montrer son habilité diplomatique et ses bonnes intentions plutôt que de prouver ses capacités militaires et démontrer une image belliqueuse.
Il est capital de changer la règle du jeu, de mener une politique cohérente et une stratégie audacieuse en prenant en considération uniquement les intérêts de l’Etat d’Israël et la sécurité de sa population.
Pour le faire, nous devrions agir sagement dans l’arène diplomatique et présenter dans les médias et les réseaux sociaux notre juste cause et la belle image de l’Etat juif.
