Le Qatar achète les valeurs européennes et impose un récit islamiste

Ambitieux, fiers et prétentieux, les émirs du Qatar pensent pouvoir conquérir le monde grâce aux ressources naturelles, et l’argent plein les poches. La fortune de la famille Al Thani qui dirige le pays depuis plusieurs décennies est évaluée à 172 milliards de dollars. Ces nouveaux riches ne connaissent pas de limites et souvent franchissent des lignes rouges. Depuis les jeux pour la Coupe du monde de football à Doha, novembre-décembre 2022, le minuscule émirat a réussi à devenir un empire médiatique avec le lancement de BEI Sports et en acquérant des droits de diffusion pour toutes les compétitions sportives. Pour attirer la sympathie et améliorer leur image, les Qataris sont capables de blanchir de l’argent et de verser des pots de vin, au sein même des institutions européennes.
En décembre 2022, éclate à Bruxelles le premier Qatargate. La police belge dévoile un scandale au siège du Parlement européen. Le Qatar aurait versé des sommes importantes pour influencer des décisions en sa faveur. Plus de 1,5 million d’euros en liquide ont été saisis lors de perquisitions. Plusieurs députés européens sont arrêtés dont Eva Kaili, la vice-présidente grecque ainsi qu’un réseau de lobbying dirigé par des Italiens. On avait aussi soupçonné l’actuelle ministre française de la Culture, Rachida Dati, ancienne députée européenne et candidate aujourd’hui aux prochaines élections de la Mairie de Paris…
La capitale française est depuis plusieurs décennies favorite des investissements qataris. Un accord fiscal très avantageux pousse ce petit émirat à miser de nombreux milliards de dollars dans les immeubles de luxe, les palaces, les hôtels, tels le Royal Monceau, un centre de conférence internationale du Quai d’Orsay devenu Peninsula… ou l’achat de l’immeuble du siège du journal Le Figaro… et de nombreuses propriétés et manoirs de la Côte d’azur et ailleurs.
Le fonds qatari QIA (Qatar Investment Autority) a acquis à Londres le célèbre grand magasin Harrods, le gratte-ciel The Shard (la plus haute tour d’Europe) et des hôtels prestigieux comme The Savoy et le Claridge’s.

Au départ, le Qatar s’est concentré sur des investissements patrimoniaux et dans le sport tel que l’acquisition du club de football Paris-Saint Germain. Après la démission du président exécutif, Daniel Levy, du club anglais Tottenham, les qataris souhaitent acquérir ce club fondé en 1882 mais également racheté Manchester United fondé en 1878….
Rappelons que le Qatar a fait don de 6 millions de dollars pour la construction d’un stade de football moderne à Sakhnine”, une ville arabe dans le Nord d’Israel…
Depuis le 7 octobre 2023, l’effort est misé sur le soft power dans la diplomatie, la culture et l’enseignement à l’école et dans les universités, en France, au Royaume Uni et aux Etats-Unis.

Le Qatar utilise Al Jazeera pour jouer un rôle d’influence et servir d’intermédiaire pour régler aussi des conflits locaux ou pour influer sur la politique européenne ou américaine. Cette chaîne est un instrument stratégique pour influencer l’opinion publique internationale et demeurer un acteur diplomatique incontournable. Elle diffuse en plusieurs langues mais ne respecte pas toujours la déontologie et l’éthique journalistiques. Nous l’avons constaté depuis le massacre du 7 octobre 2023 dans les reportages tronqués sur Gaza.
Pis encore, la désinformation ne se limite pas sur les réseaux sociaux mais dans la fabrication des manuels scolaires. Ces jours-ci, les Editions Hachette ont retiré de la vente trois manuels de révision du baccalauréat qui falsifient les faits du massacre du 7 octobre. Dans ce texte ignoble nous pouvons lire entre autres : « à la suite de la mort de plus de 1200 colons juifs lors d’une série d’attaques du Hamas, Israël décide de renforcer son blocus économique et d’envahir une grande partie de la Bande de Gaza, entraînant une crise humanitaire de grande ampleur dans la région. »

Incroyable mais vrai. Dans la France de Victor Hugo et d’Emile Zola les mots sont aujourd’hui banalisés, injustes, trompeurs et destructifs. La puissance des mots est-elle aujourd’hui falsifiée par une main étrangère ?
Fort heureusement la Licra, la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme, a alerté en premier sur ce faussaire, et le président Macron a condamné sévèrement.
Nous constatons également que le gouvernement français ne supervise pas efficacement et minutieusement les ouvrages publiés également en arabe. Ne sont-ils pas identiques à ceux que Tsahal a découvert dans les écoles de Gaza, dans les établissements scolaires financés et dirigés par l’UNRWA ? Ne sont-ils pas des livres et brochures de propagande justifiant le récit du Hamas, celle des Frères musulmans ? Pourquoi le contrôle systématique sur les centres d’études islamistes est presque ignoré par les autorités ?

Après les années sombres du nazisme et la supercherie du communisme, l’Europe est envahie aujourd’hui par l’idéologie islamiste.
Affaiblie militairement et économiquement, incapable d’avoir une politique cohérente, impuissante face à la Russie et la Chine et craignant l’Amérique de Trump, elle se tourne vers les riches Emirats pour survivre. Pour exemple, Total Energies a signé un partenariat stratégique avec le Qatar pour la fourniture de gaz naturel liquéfié pour une durée de 27 ans.
Cependant, le Qatar a des ambitions dans tous les domaines de la société et les sphères de la vie. Sans aucune difficulté financière ni contrainte juridique ou commerciale, il investit en Europe dans la transition énergétique, la santé, l’aérospatiale et la culture.
L’intelligence artificielle fait partie de ses investissements. Dans cette logique, il est fort probable qu’elle sera demain utilisée pour manipuler et falsifier des faits historiques sur le conflit israélo-arabe et imposer un nouveau récit islamiste.
On estime que le Qatar a investi plus de 55 milliards d’euros en France et en Allemagne, et 46 milliards seulement au Royaume-Uni. Ce riche Émirat est aussi l’un des clients les plus importants de l’industrie d’armement européenne et particulièrement française.
Bien entendu, la relation commerciale entre les Etats est capitale pour le développement économique et la richesse industrielle.
Et pourtant, par des investissements faramineux en Europe et en Amérique, le Qatar se permet sans scrupule de dicter l’ordre du jour international.
En ce qui nous concerne directement, il n’est pas à exclure que le Qatar interviendra discrètement et financièrement dans la campagne des élections législatives pour augmenter le nombre de sièges de la liste unifiée de la minorité arabe à la Knesset.
Rappelons qu’Azmi Bishara, fondateur du parti Balad et ancien membre de la Knesset (1996-2007) fut accusé d’espionnage à la solde du Hezbollah. Il s’exile à Doha et depuis 18 ans il est un conseiller influent de l’émir du Qatar.
Au fil des ans, Doha est devenu le sanctuaire du terrorisme islamiste et le Hamas a pignon sur rue. L’Europe et l’Amérique de Trump devront être vigilants et très prudents avant de permettre au Qatar de jouer un rôle politique très actif dans le conflit avec les Palestiniens. Certes, l’argent n’a pas d’odeur mais cette oseille est sale, puant de corruption. Les valises diplomatiques pleine de pognon ont surtout servi pour acheter des armes et construire des tunnels d’attaque contre l’Etat juif.
Le but de Doha est clair : sauvegarder la présence du Hamas dans la bande de Gaza.
Devant l’impuissance européenne de superviser les activités rampantes et dangereuses du Qatar en Europe et dans notre région, le gouvernement israélien devra prendre en charge cette mission et créer un comité de vigilance comme celui qui existe déjà concernant les manuels scolaires diffusés par l’Autorité palestinienne.
Le soft power du Qatar est agressif et il est coordonné avec la Turquie d’Erdogan. Ces deux acteurs islamistes affiliés aux Frères musulmans sont devenus incontournables dans les décisions diplomatiques.
Nous devrions refuser toute médiation de leur part concernant la solution du problème palestinien et ne pas leur permettre une participation militaire dans le maintien de la paix.
La défense de l’Etat d’Israël et la sécurité absolue de nos citoyens passent bien avant la normalisation avec les pays musulmans même si le risque serait un désaccord total avec les Etats-Unis.
