La diplomatie musclée triomphe

La nouvelle année 2026 débute dans une tourmente diplomatique internationale aggravée par l’attaque américaine contre le Venezuela et la capture du président Maduro. La crise Ukrainienne est toujours sans issue tandis que l’incertitude plane sur tous les fronts au Moyen-Orient.
Benjamin Netanyahou est rentré à Jérusalem satisfait de ses entretiens fructueux avec Donald Trump en Floride et il l’a félicité pour son « intervention audacieuse et historique » au Venezuela.
Cependant, la situation géopolitique en Amérique Latine est bien différente de celle du Moyen-Orient et donc pour résoudre des négociations complexes et défendre nos intérêts nationaux en coordination étroites avec les Etats-Unis, nous suggérons d’adopter une diplomatie rigoureuse dans l’esprit de la doctrine « des petits pas » d’Henry Kissinger.
Trump n’est pas un idéologue mais un homme d’affaires chevronné et rusé, adepte de la loi du plus fort. La puissance économique demeure son cheval de bataille.
Trump et Netanyahou ont le don de transformer chaque événement en un spectacle. La présentation parfaite, la belle image devant une caméra ou un public joue toujours un rôle considérable dans leur conduite. Ils flattent pour gagner la sympathie et pour exploiter leur faveur selon les circonstances du jour. Les deux adorent la combativité et pour eux la politique est l’aphrodisiaque absolu. Ils pensent trouver des solutions originales à d’anciens problèmes.

C’est clair, pour mener une politique étrangère on cherche avant tout l’intérêt de son propre pays, tout en mesurant les forces de chacun. On pense pratique et non idéologique. C’est ainsi que Kissinger avait suggéré à Richard Nixon d’entrer en discussion avec la Chine maoïste, ce qui aboutira à la normalisation des relations sino-américaines dès 1971. Puis, juste après la guerre de Kippour de 1973 et pour stabiliser le Proche-Orient, il a mené des accords de désengagements partiels entre Israël, l’Égypte et la Syrie.
Il est regrettable qu’à la veille de cette rencontre cruciale en Floride, certains médias israéliens ont diffusé, comme de coutume, des informations de sources anonymes évoquant une nouvelle crise, des fortes pressions et de nombreuses divergences avec l’administration américaine. Ces médias ont préféré minimiser les enjeux positifs en se focalisant sur la forme plutôt que d’analyser sérieusement le fond des discussions. Par ignorance des dossiers, et parfois par méchanceté, certains correspondants ont choisi le cynisme, le sensationnel et les commérages.
Le doute et la critique sont essentiels dans le journalisme mais des opinions personnelles ou politiques et des informations non fondées sont inadmissibles. Désormais, sur les chaînes d’information, nous assistons quotidiennement à une disproportion flagrante et grotesque dans le jugement rédactionnel et à une compétition enfantine entre les différents commentateurs politiques. En revanche, Nétanyahou a tort d’ignorer la presse israélienne et de préférer des interviews uniquement dans les médias étrangers. Le mépris qu’il affiche à l’égard des journalistes représentants les téléspectateurs et les lecteurs des journaux israéliens est inadmissible et cela lui joue en boomerang.

Cela dit, la visite de Netanyahou à Mar-a-Lago et sa présence au gala du nouvel an offert par Trump ont réussi à dissiper certains malentendus et à consolider les relations israélo-américaines et l’amitié personnel entre Trump et Netanyahou.
Cependant, des divergences demeurent toujours concernant la solution du problème palestinien ou le rôle d’influence de la Turquie d’Erdogan ou du Qatar.
Trump est imprévisible et rancunier. Il garde toujours un sentiment d’amertume et ne tourne pas la page facilement. Dans ses discours, il critique toujours les méandres de la politique de son prédécesseur Joe Biden et se moquera de lui.
De ce fait, Netanyahou est mis à une rude épreuve et devra marcher à tâtons. Pour résoudre les différents problèmes et dissiper les malentendus, il est capital d’adopter une stratégie commune, une véritable realpolitik qui est fondée sur le calcul des forces et l’intérêt national.
Il n’y a pas d’autre alternative à l’alliance avec l’Amérique et nous devrions donc la sauvegarder tout en adoptant une politique indépendante mettant nos intérêts sécuritaires en priorité. Dans l’intérêt commun, une concertation préalable est toujours préférable avant toute décision majeure.
Par conséquent, pour pouvoir mettre en action la Realpolitik nous devrions mettre en pratique la diplomatie des petits pas et préparer le terrain et l’opinion publique avant chaque étape surtout sur l’avenir de la bande de Gaza.
Sur ce dossier particulier et sur d’autres, nous constatons que le monde arabe est profondément divisé. Il ne forme pas un bloc uni et solidaire sur la question palestinienne ou sur la menace iranienne. Chaque Etat agit selon la richesse de ses ressources énergétiques, ses propres intérêts stratégiques et économiques, et son rôle d’influence sur les affaires régionales.
La rivalité géopolitique et la concurrence commerciale entre Ryad et Abou Dhabi ainsi que les désaccords avec la Qatar- soutenu par la Turquie-complique la mise en œuvre d’une force internationale à Gaza et le démantèlement du Hamas.
Dans ce cadre-là, il est nécessaire de mener une diplomatie discrète et des contacts sécuritaires permanents entre les différents services de renseignements pour bâtir une confiance mutuelle, aborder les points de désaccord avec respect, connaître préalablement les intentions et pouvoir nouer de bonnes relations avec les principaux acteurs de la région.
Dans ce sens, la reconnaissance de la Somaliland est sans doute une excellente initiative élaborée par le Mossad. Elle offre à Israël des leviers de pressions sur le monde arabo-musulman et une présence stratégique et économique importante dans la corne de l’Afrique. L’accueil enthousiaste de la population locale prouve aussi que de nombreux pays africains souhaitent vivement une coopération fructueuse avec Israël. Notre devoir est de tenir nos promesses et ne pas les décevoir.
Dans ce contexte, les Etats-Unis doivent nous suivre pour pouvoir dissuader l’Iran, les Houthis du Yémen et les Somaliens et ainsi garantir l’indépendance de la Somaliland et la libre navigation internationale dans cette région du monde.
En Iran, le mouvement de protestation contre la vie chère et la dégradation de la situation économique s’est étendue ces jours-ci dans tout le pays. Pour l’heure, les manifestations ne semblent pas accélérer la chute du régime islamiste mais une attaque désespérée des ayatollahs contre Israel n’est pas à exclure. Une coordination étroite avec les Etats-Unis est capital pour contrer toute tentative des Iraniens de lancer des missiles balistiques et des drones explosifs contre l’Etat juif.
La mise en garde de Donald Trump aux ayatollahs sur une éventuelle intervention si les autorités iraniennes tiraient sur des manifestations pacifiques prouve une forte détermination américaine de réagir à toute répression violente du régime iranien contre sa propre population mais aussi à toute attaque contre Israël.
La capture du président Nicolas Maduro et sa traduction en justice à New-York va sans doute encourager les Iraniens de faire tomber les ayatollahs mais seule une révolte populaire spontanée soutenue par les Etats-Unis pourra renverser ce régime néfaste qui depuis cinq décennies déstabilise le Moyen-Orient.
