Iran : l’Europe se réveille de sa torpeur…

Depuis la Révolution islamiste de 1979, l’Europe se posait la question si les Gardiens de la révolution sont vraiment des terroristes ? Ce dilemme caractérise le raisonnement philosophique des Européens dans les affaires internationales. Cette approche logique pour peser le pour et le contre est débattue également pour qualifier le Hezbollah ou le Hamas. Pire encore, l’Europe ne qualifie pas l’Iran d’Etat voyou mais certains leaders osent dire que l’Etat juif est une voyoucratie qui viole systématiquement le droit international. Les Européens n’ont pas non plus exigé d’appliquer des sanctions contre le désir ardent des Ayatollahs d’anéantir l’Etat juif, par tous les moyens, y compris par la bombe atomique.
Durant de nombreuses décennies la valse-hésitation hypocrite persistait et l’Europe libérale pensait naïvement que le dialogue diplomatique avec le régime islamiste serait la meilleure solution pour que les Pasdarans renoncent à la terreur et au terrorisme international. Ils ignoraient que les Gardiens de la révolution sont des terroristes sanguinaires responsables de la mort notamment de nombreux Français et Américains. Qu’ils financent, commandent et sèment la terreur au Moyen-Orient, en Afrique et en Amérique latine. Rappelons à tous ceux qui ont la mémoire courte : Buenos aires, le 17 mars 1992, un attentat est perpétré contre l’ambassade d’Israël : 29 morts et 242 blessés. Le 18 juillet 1994, un autre attentat contre AMIA, siège de la communauté juive : 85 morts et 250 blessés.
D’autres attentats spectaculaires ont été déjoués sur le sol européen, à la dernière minute, grâce à des informations précieuses et des avertissements fournis par le Mossad. Comment l’Europe « championne des droits de l’homme » pouvait demeurer indifférente durant ces longues années ?

Le 18 janvier 2023, après plusieurs mois de répression brutale : 500 tués, 14 000 arrestations et quatre personnes déjà exécutées, sur la place publique, le Parlement européen avait exigé de sanctionner sévèrement les Pasdarans. La réaction des Ayatollahs s’est fait fortement entendre avec de nombreuses menaces, ils indiquaient clairement de ne pas intervenir « dans les affaires intérieures » de l’Iran.
Les messages menaçants ont provoqué des craintes de représailles. Après multiples consultations, les ministres des Affaires étrangères se réunissaient à Bruxelles. Débats, craintes, hésitations pour enfin décider de ne pas qualifier les Gardiens de la révolution comme organisation terroriste…

Le chef de la diplomatie européenne de l’époque, Josep Borrell, affirmait que « les pays de l’Union ne peuvent décider, à ce stade, de placer les Gardiens de la révolution sur une liste noire ». Pourquoi ? Il nous explique que « seul un tribunal peut trancher sur la question ». S’agit-il vraiment d’une question juridique ? Qui décide ? Les juges ? Les fonctionnaires ou les élus ?
Les Européens pensaient-ils vraiment que les Pasdarans deviendront des enfants de chœur ? Préfèrent-ils commercer avec les mollahs et faire de bonnes affaires, des projets économiques grandioses contre des barils de pétrole ?
Les dirigeants européens cherchaient vainement un faux-fuyant. Ils étaient même capables de tricher. Ils ont mis en place des mécanismes d’exportation destinés à éviter les transactions en dollars et à résister aux sanctions. La société allemande Siemens avait signé un accord de 1,6 milliard de dollars pour la construction de nouveaux trains et la modernisation de voies ferrées en Iran. Déjà en 2008, Siemens était associée à un monopole de télécommunication contrôlé par les Gardiens de la Révolution. C’est ainsi que le régime iranien pouvait par des capacités technologiques nouvelles surveiller et censurer les réseaux Internet.
Durant les troubles survenus lors des élections présidentielles de 2009, et récemment, les Pasdarans utilisent cette technologie pour contrecarrer les manifestations et bloquer les réseaux sociaux. Ils recueillent des informations sur chaque utilisateur, menacent les blogueurs et arrêtent les journalistes.
D’autres entreprises européennes, comme la Royal Dutch Shell et l’Italien ENI, ont aussi présenté des projets concrets à la National Iranian Oil Company, un groupe industriel lié aux Gardiens de la Révolution. Ces projets pétroliers et gaziers sont évalués à plus de 200 milliards de dollars en investissement. Ces sommes fabuleuses alimentaient les finances des Pasdarans.
Le 7 janvier 2026 tout bascule. Suite aux manifestations des commerçants du grand bazar de Téhéran qui protestaient contre la chute vertigineuse du rial (la monnaie locale) les manifestations s’étendent à plusieurs autres grandes villes du pays et elles se transforment en un mouvement populaire sans précédent contre le régime des mollahs. Les autorités réagiront avec force en utilisant tous les moyens notamment par des tirs sur la foule par des snipers et d’armes automatiques.
La répression est brutale, cruelle, sanglante. Le bilan est très lourd : 30 000 tués et des dizaines de milliers de blessés selon l’opposition.
Les réactions européennes sont mitigées. Comme de coutume on évite les jugements tranchés. On demande gentiment au gouvernement iranien de se retenir dans la violence…Dans les rues de Paris, Londres et Rome, les seules manifestations sporadiques sont de la diaspora iranienne.
Aucun mouvement gouvernemental, aucun parti politique, aucune ONG n’a le courage d’organiser des protestations. Un double jeu scandaleux et hypocrite persiste. La devise est transparente : on protestera dans les rues uniquement contre les Israéliens et pour les victimes palestiniennes …
Les Européens attendront trois semaines pour inscrire enfin les Gardiens de la révolution iranienne sur la liste des organisations terroristes.
Certes, il s’agit d’une décision importante mais une reprise des négociations des Américains avec l’Iran reculera sine die la chute du régime des mollahs et satisferont en premier chef les Européens.
En excluant un châtiment exemplaire aux ayatollahs et aux Gardiens de la révolution, à tous ceux qui massacrent leur propre peuple, les Occidentaux violeront leurs engagements, trahiront les opposants iraniens et seraient complices des crimes contre l’Humanité.
