Inde-Israël : une visite exceptionnelle et fructueuse

Freddy Eytan

La deuxième visite officielle du Premier ministre indien est exceptionnelle car elle a été effectuée malgré les préparatifs de guerre des Etats-Unis contre l’Iran et l’état d’alerte maximale en Israël. Ce voyage a prouvé la solidarité inébranlable de Narendra Mody à l’Etat d’Israël et au peuple juif. Contrairement à toutes les visites des chefs de gouvernement et de ministres étrangers, et opposé particulièrement à la position française traditionnelle, Modi a choisi d’effectuer un séjour exclusif à Jérusalem en refusant de se rendre à Ramallah. Il a condamné fermement le massacre du 7 octobre bien qu’il souhaite la création d’un Etat palestinien.

Humaniste, sage et courageux, Mody sépare les relations bilatérales avec la solution du conflit avec les Arabes. Conscient que l’amitié sincère entre deux civilisations anciennes est ancrée dans les esprits et guide la conduite des affaires internationales. Il réussit à fusionner la culture hindoue avec un pragmatisme économique libérale.

Rappelons que les deux pays ont obtenu la même année (1947) leur indépendance du mandat britannique. Durant plus de 44 ans, l’Inde de Jawaharlal Nehru ainsi que ses successeurs avaient refusé d’établir des relations diplomatiques complètes avec Israël. Ils avaient suivi une soi-disant politique de non-alignement, mais en réalité elle fut sur toute la ligne pro-arabe. Mody est beaucoup plus réaliste et applique la realpolitik. Il œuvre sagement pour une politique équilibrée entre toutes les puissances. Il n’intervient pas directement dans les différents conflits loin de ses frontières, mais parallèlement renforce la puissance militaire, économique et culturelle de son pays.

Narendra Modi prend la parole à la Knesset
Narendra Modi prend la parole à la Knesset (X/@narendramodi)

Il admire le peuple d’Israël pour toutes ses qualités spirituelles, ses combats courageux et sa réussite miraculeuse.

Dans ce contexte, Israël est plus que jamais un pays admiré et privilégié par les indous. Nous formons dans tous les domaines des partenaires stratégiques uniques et privilégiés.

Les relations économiques sont en beau fixe. Elles concernent : l’agriculture, la santé, le tourisme, la science, la technologie et l’innovation. Lors de cette visite, 16 contrats ont été signés et un traité de libre-échange commercial fut étudié sérieusement.

Benjamin Netanyahu, Narendra Modi
(X/@narendramodi)

La visite a réussi à consolider l’alliance stratégique et sécuritaire et à accélérer le développement conjoint de systèmes de défense antimissile balistique, d’armes laser ainsi que l’intelligence artificielle (IA), et la cyber sécurité.

Ce bref séjour de Mody en Israël a été effectuée une semaine après le voyage du président Macron à New Delhi et la signature d’un contrat de vente d’une centaine d’avions français du type Rafale. Cependant, nous demeurons bien avant la France le principal fournisseur d’armes. La coopération dans la technologique de pointe, du Renseignement, et dans la lutte contre le terrorisme s’est considérablement renforcée.

En absence de main d’œuvre palestinienne 40 000 hindous travaillent aujourd’hui en Israël et encore 50 000 sont prévus dans les prochaines années.

Soulignons que l’Inde est le pays le plus peuplé de la planète avec une population d’un milliard et demi d’habitants, tandis qu’Israël n’en représente que 10 millions seulement. En revanche, le PIB indien par habitant est de 2700 dollars mais en Israël il représente plus 55 000 dollars…pour comparaison, Le PIB en France n’est que de 39 700 dollars seulement…

Les relations privilégiées avec l’Inde de Mody font partie d’une stratégie qui a pour but de consolider de nouvelles alliances face à l’Iran et ses satellites et les organisations terroristes islamistes, mais aussi face à la Turquie d’Erdogan qui soutient le Pakistan- premier pays musulman qui dispose de l’arme nucléaire.

Dans les relations diplomatiques le respect et la franchise, l’accomplissement des promesses et l’application des traités signés sont des gages pour faciliter un dialogue sincère et une fluidité amicale entre les chefs d’Etat et de gouvernement.

Par conséquent, la guerre américano-israélienne contre l’Iran et le bon fonctionnement du tandem Trump-Netanyahou sont mises ces jours-ci à l’épreuve.