La guerre non déclarée du Hezbollah en Syrie

  • Les combats en Syrie se sont répandus jusqu’à la frontière libanaise, menaçant ainsi le fragile équilibre intercommunautaire du pays du cèdre. Ces attaques des deux côtés de la frontière sont devenues une routine et l’armée syrienne n’hésite pas à bombarder des villages libanais abritant des rebelles.
  • Au Nord-est du Liban et à l’intérieur du territoire syrien, figurent de nombreux villages habités par des chiites.
  • Le Hezbollah intervient directement et militairement dans les combats sous le prétexte de protéger les villages chiites de la région. Il revendique le contrôle de 18 villages situés autour du bassin de la rivière Oronte.

 

Le Mandat français avait en 1920 tracé les lignes de la frontière libano-syrienne, mais celle-ci n’a jamais été finalisée et demeure de facto une ligne de démarcation. Sur le terrain, le Hezbollah est omniprésent dans les villages chiites, tandis que l’Armée syrienne libre se trouve dans la plupart des villages sunnites  annexés à l’époque par la Syrie soit plus de 460 km2 en territoire libanais.

Le Hezbollah semble se tailler un couloir frontalier de 29 kms  à l’enclave alaouite syrienne situé le long de la côte. La milice chiite cherche à contrôler l’accès stratégique sur le bassin de la rivière Oronte pour pouvoir former un mini Etat contigüe alaouite-chiite en dépit de la présence sunnite des deux côtés de la frontière.

Pour la première fois, le Hezbollah « exporte » son savoir-faire militaire et son pouvoir pour les utiliser contre ses voisins arabes, et pour protéger le régime d’Assad et éviter sa chute. Toutefois, le Hezbollah a provoqué la solidarité de la majorité sunnite en Syrie avec celle du Liban, et de ce fait, il est fort probable que la chute du régime d’Assad amènerait le Hezbollah à se battre pour sa survie.

Le transfert du conflit syrien au Liban bien qu’il soit aujourd’hui limité aux zones frontalières, et le dernier attentat à Beyrouth contre un chef supérieur du renseignement libanais, ayant dirigé l’enquête sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, devraient étendre le conflit interne libanais entre partisans et adversaires du régime d’Assad.

La frontière Nord-est avec la Syrie qui était autrefois assez calme et permettait aussi aux contrebandiers le va-et-vient régulier de carburant et de produits alimentaires s’est transformée en passoire  d’armes, d’explosifs, et de munitions. Les combattants de l’armée libre syrienne (ALS) traversent facilement le pays et peuvent se déplacer librement pour mener à bien des opérations ou prendre position. La région en majorité forestière convient parfaitement à ces activités.

Depuis plusieurs années déjà le Hezbollah se bat pour prouver son autorité libanaise, mais les derniers événements en Syrie et le soutien de la milice chiite au régime d’Assad, avec bien entendu un encouragement intensif de  Téhéran, ont complètement changé la donne, peuvent dégénérer la situation et embraser toute la région.

 

 

 

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