Le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem et ses conséquences

L’ambassade des États-Unis sera transférée officiellement le 14 mai 2018, au 14 rue Flusser à Arnona, dans le quartier Ouest de Jérusalem.

Au cours des dernières semaines, plusieurs travaux ont été effectués pour faciliter les voies d’accès, installer l’éclairage des routes, et appliquer d’autres mesures de sécurité. Il s’agit d’un emplacement temporaire et les services consulaires qui se trouvent actuellement sur place obtiendront un statut d’ambassade, mais les passeports et les visas continueront à être fournis aux Israéliens et aux Palestiniens.

L’ambassadeur David Friedman continuera à résider à Herzliya et ses activités seront partagées entre son nouveau bureau à Jérusalem et l’ancienne ambassade de la rue Hayarkon, à Tel Aviv. En pratique, le bureau de Jérusalem sera une branche de l’ambassade de Tel-Aviv.

L’emplacement définitif du bâtiment de l’ambassade à Jérusalem ne sera décidé qu’à l’étape finale, au moment où tous les employés de l’ambassade à Tel-Aviv passeront à Jérusalem. Une branche supplémentaire du consulat américain opère actuellement depuis la rue Agron, à Jérusalem, et elle continuera à gérer tous les contacts avec l’Autorité palestinienne.

L’ambassade sera située dans le quartier Ouest de la ville, mais une partie du bâtiment « débordera » vers ce qui était autrefois un no-mans-land entre Israël et la Jordanie.

Le fait que l’ambassade sera installée dans le quartier Ouest a une double signification : Les Etats-Unis affirment que Jérusalem-Ouest est une zone non négociable, mais en revanche, estiment que Jérusalem-Est fait encore l’objet de négociations sur l’avenir des Territoires.

Cependant, contrairement à ses prédécesseurs, Trump n’a pas exprimé une opinion à cet égard. A ce stade, il ne considère pas Jérusalem-Est comme « la capitale d’un futur État palestinien ».

Le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem gomme, pour l’heure, la notion d’« internationalisation » de Jérusalem que les États-Unis n’avaient jamais officiellement reniée depuis le 29 novembre 1947, jour où l’Assemblée générale des Nations Unies avait adopté la résolution 181 sur le partage de la « Terre d’Israël » entre Juifs et Arabes.

Rappelons que cette résolution avait stipulé que « la ville de Jérusalem sera constituée en corpus separatum sous un régime international spécial et sera administrée par les Nations Unies ».

Toujours selon cette résolution, les frontières de Jérusalem « comprendront la municipalité actuelle, plus le village et centres environnants, dont le plus oriental sera Abou Dis, le plus méridional Bethléem, le plus occidental Ein Karim (y compris l’agglomération de Motsa) et le plus septentrional Shu’fat ».

 

Le Guatemala a hissé son drapeau peu avant le transfert officiel de son Ambassade (capture d’écran YouTube)

La « carte internationale » a tracé des limites aussi larges que possible afin de satisfaire les intérêts des chrétiens et des Arabes. Les chrétiens ne voulaient pas seulement le contrôle de l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, mais aussi la surveillance de l’église de la Nativité à Bethléem. Les Arabes craignaient une majorité juive à l’intérieur des limites municipales actuelles, et donc, ils ont demandé de les étendre pour permettre faciliter introduire une majorité arabe. D’ailleurs, un référendum était en cours de discussion entre toutes les parties.

Cette résolution onusienne n’a jamais été appliquée à la lettre. Les résultats de la guerre d’Indépendance de 1948-49 et la division de Jérusalem entre Israël et la Jordanie ont rendu « lettre morte », l’internationalisation de la Ville sainte.

Jusqu’à ce jour, les États-Unis n’avaient jamais officiellement renoncé à l’internationalisation mais avaient insisté sur le fait que le statut final de Jérusalem serait déterminé dans le cadre de négociations de paix entre les parties.

Le transfert enterre en réalité tous les plans audacieux qui souhaitaient partager la ville, entre autres, lors des négociations menées pendant les mandats des Premiers ministres Ehoud Barak et Ehoud Olmert.

Barak et Olmert étaient prêts à partager Jérusalem, et deux administrations américaines, celle de Bill Clinton et de George W. Bush, étaient intensément impliquées dans la médiation entre les parties en les encourageant à adopter ce plan dans l’espoir de parvenir à la paix. Les pays de l’Union européenne ont également participé aux négociations sur le partage éventuel de Jérusalem.

A la suite des discours de Trump, les chances que des plans similaires soient à nouveau abordés durant l’Administration actuelle demeurent assez faibles.

Depuis juin 1967, et au cours des 50 années de l’Unification de la ville, l’administration américaine a souvent défini Jérusalem comme « territoire occupé ». Parfois, elle s’était abstenue, comme ce fut le cas avec Madeleine Albright, la Secrétaire d’État du Président Bill Clinton.

Toutefois, durant toute la période de l’administration Jimmy Carter, le département d’État américain avait fréquemment fait référence à cette notion, mentionnant la partie Est de la ville « territoire palestinien occupé ». Il semble maintenant qu’avec l’administration Trump Jérusalem Est ne soit plus un « territoire palestinien occupé ».

La position américaine actuelle ne distingue pas entre l’Ouest et l’Est de la ville. Elle fait référence à Jérusalem avec toutes ses parties comme une seule unité. En même temps, les Etats-Unis ont clairement montré qu’ils ne considéraient pas nécessairement les frontières actuelles comme sacro-saintes.

Dans chaque discours, le président Trump mentionne le lien historique du peuple juif à Jérusalem, tout en soulignant la réalité actuelle de la ville.

L’une des conséquences est donc la reconnaissance des faits accomplis sur le terrain. Depuis 1967, soulignons que plus de 200 000 personnes vivent au-delà de la ligne Verte (environ 40% des résidents juifs de Jérusalem). Des milliers de juifs se sont aussi installés dans les alentours de la Vieille ville, principalement dans l’ancien quartier juif.

La place du Mur des Lamentations est redevenue après plusieurs années, un lieu de pèlerinage pour les Juifs souhaitant visiter aussi le Mont du Temple. Le président américain, qui est venu lui-même sur les lieux lors de sa dernière visite officielle, reconnaît donc les infrastructures, les parcs nationaux, les institutions gouvernementales et nationales qui ont été construites dans les parties Nord et Est de Jérusalem – y compris sur le Mont Scopus, où l’hôpital Hadassah et l’université hébraïque ont été rétablis après 1967.

Au Nord, l’aéroport Atarot fermé actuellement pour des raisons sécuritaires, pourrait reprendre ses vols aériens. Dans toutes les parties de la ville, de nombreuses fouilles archéologiques ont été menées pour découvrir le glorieux passé de Jérusalem à travers les siècles.

Une reconnaissance officielle aussi de la partie Ouest de la ville, où sont installés tous les ministères et les bureaux du gouvernement, la Knesset, la résidence du Président et la Cour suprême.

Cependant, il n’y a pas de « cadeaux gratuits » et en échange, il faudrait s’attendre à ce que les Américains exigent des concessions israéliennes, entre-autres, nous ne savons pas s’ils ne s’opposeront plus à la construction de nouveaux quartiers situés au-delà de la ligne verte. Par exemple, la construction stratégique dans le quartier du Givat Hamatos dans le sud de Jérusalem, approuvée depuis longtemps par le bureau de planification de Jérusalem, est toujours gelée, comme la construction également de la zone E1, ou le quartier reliant Maalé Adoumim à Jérusalem.

Plusieurs observateurs diplomatiques estiment que la déclaration Trump est liée aux pourparlers sur un « accord du siècle » israélo-palestinien. Selon cette analyse, il n’est donc pas exclu que Trump demandera à « payer la facture » pour avoir osé franchir cette étape historique.

Pour l’heure, le statu quo sur le Mont du Temple sera maintenu. Les Juifs ne seront pas autorisés à y prier mais seulement à le visiter. La gestion conjointe de facto du site par Israël et la Jordanie se poursuivra. Le statut particulier sur le Mont du Temple qu’Israël a accordé à la Jordanie dans le cadre du Traité de paix signé entre les deux pays ne changera pas, non plus. Trump est conscient plus que jamais de l’énorme sensibilité de tous les parties, et que ce site sacré est sans doute une poudrière, l’un des lieux les plus sensibles de la planète.

Le président Trump ne promet pas que Jérusalem demeurera dans ses limites municipales actuelles le jour où la paix sera instaurée.

Il a toutefois laissé aux Palestiniens une étroite manœuvre, et a écarté leurs plans grandioses et fantaisistes pour une division de la ville. Il est possible, par exemple, que les Saoudiens proposent à Mahmoud Abbas qu’il ravive la vieille idée d’une capitale palestinienne à Abou Dis (un quartier limitrophe à l’Est de Jérusalem).

Lorsque la question d’Al-Aqsa et du Mont du Temple était à l’ordre du jour, les Palestiniens avaient réussi à descendre par milliers en manifestant dans les rues, et en fin de compte sur la question des détecteurs, Israël a finalement cédé.

La zone de Givat HaMatos (Google Earth)

L’un des dangers d’un autre imbroglio religieux réside dans la coopération entre la Jordanie et la Turquie d’Erdogan. Ces dernières années, la Turquie prend pignon sur rue à Jérusalem en canalisant des fonds vers diverses institutions et entreprises au sein de la vieille ville.

Erdogan essaye par tous les moyens d’inciter les Palestiniens par des motifs religieux. L’intérêt d’Israël est donc d’éviter à tout prix une guerre de religion, tout en isolant le Mont du Temple de l’agitation actuelle, et ainsi empêcher des acteurs extrémistes de mettre le feu aux poudres.

Sur le plan diplomatique, le transfert de l’ambassade américaine fait en effet boule de neige. Le Guatemala et le Paraguay suivent les États-Unis ; la République tchèque, la Roumanie, la Slovaquie, les Philippines, le Honduras, la Bolivie et d’autres pays envisagent aussi de le faire. Les évangélistes américains ont aussi contribué à la détermination de Trump de transférer l’ambassade de Tel-Aviv et de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël.

Le “prix” qu’Israël paiera semble être une retenue continue dans la construction et un gel occasionnel de la construction à Jérusalem. L’ambassade ouvrira ses portes à Jérusalem-Ouest, avec un “débordement” de la ligne de démarcation de 1967, qui était auparavant interdite. Les Etats-Unis disent effectivement qu’il n’y aura pas de négociations futures sur Jérusalem-Ouest, mais ce n’est pas le cas à l’égard de l’Est. L’Egypte, l’Arabie Saoudite et la Jordanie ne se presseront pas pour manifester leur mécontentement mais l’Autorité palestinienne, le Hamas et la Turquie tenteront cependant de provoquer des manifestations. Le potentiel le plus probable d’affrontements demeure sur le Mont du Temple. Les forces de sécurité israéliennes tenteront d’empêcher toute flambée de violence.

Contrairement aux condamnations et aux menaces de guerre des Palestiniens, mais aussi à l’euphorie et au sentiment de victoire du côté israélien, le transfert n’est sans doute pas un prétexte d’évoquer une deuxième Nakba, ni non plus une répétition de la reconnaissance d’Israël du 29 novembre 1947 à l’ONU. Le transfert de l’ambassade est avant tout  une reconnaissance de jure de ce qui existe déjà de facto: Jérusalem, et certainement sa partie occidentale, où les États-Unis sont en train d’installer leur ambassade, est en fait la capitale d’Israël. Les États-Unis, contrairement à la plupart des autres pays du monde, reconnaissent cette réalité.  Cela signifie-t-il que le concept de l’internationalisation de Jérusalem ne sera jamais rejeté dans l’arène publique à l’avenir ? Cela signifie-t-il qu’une formule d’internationalisation spécifique concernant les Lieux saints et la Vieille Ville ne sera plus jamais à l’ordre du jour à un moment donné dans un futur proche ou lointain ? Il est difficile de le savoir actuellement car plusieurs acteurs sont ici en jeu.

La démarche américaine concerne la possibilité que d’autres pays suivent les traces des États-Unis. Le ministère israélien des Affaires étrangères rapporte que plus de dix pays ont pris contact pour le transfert de leurs ambassades à Jérusalem.

La pression exercée par les organisations chrétiennes évangéliques a joué un rôle important, sinon décisif, dans la décision du président américain, Donald Trump, de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël et d’y transférer l’ambassade américaine.

L’homme clé dans ce dossier épineux, est sans doute, le vice-président Mike Pence, qui s’est décrit plus d’une fois comme « chrétien, conservateur et républicain » (dans cet ordre). Pence était membre actif de l’église évangélique. Son influence et son amitié profonde pour le peuple juif ont été exprimées lors d’un discours qu’il avait prononcé à la tribune de la Knesset en janvier 2018. Il évoqua la sagesse de la Bible hébraïque qui avait inspiré également les fondateurs des Etats-Unis : « Ainsi, à travers les générations, le peuple américain est devenu un ardent défenseur de l’aspiration du peuple juif à retourner sur sa terre ancestrale après 2 000 ans d’exil. Un parcours, qui fut le plus long de tous les peuples, mais en dépit des conquêtes et des expulsions, des inquisitions et des pogroms, le peuple juif a tenu sa promesse, s’est levé de ses cendres pour se ressusciter, pour réclamer un avenir juif, et pour reconstruire l’Etat juif. »

L’élection de Pence et sa nomination comme vice-président expriment le poids significatif des électeurs évangéliques américains qui ont « offert » la présidence à Donald Trump. L’influence de leurs organisations et de leurs dirigeants a été décisive dans le transfert de l’ambassade et la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël. Parmi les organisations qui ont exercé de fortes pressions sur la Maison Blanche existe un groupe chrétien dirigé par Mike Huckabee, ancien gouverneur de l’Arkansas. Il existe aux Etats-Unis plus de 60 leaders d’organisations évangéliques pro-Israël.

Le président de l’Ambassade Chrétienne Internationale, Dr. Jurgen Buhler, a déclaré récemment que « les chrétiens évangéliques aux Etats-Unis soutiennent le président Trump en masse pour avoir tenu sa promesse d’appliquer la loi et d’honorer Jérusalem comme capitale d’Israël. »

En contrepoids aux organisations évangéliques, le Département d’Etat et l’ancien Secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, ont exercé des pressions inverses, et ont continuellement averti Trump des conséquences diplomatiques et sécuritaires.

Donald Trump, seul président américain à avoir tenu sa promesse sur Jérusalem (GPO)

En Israël, certains ont comparé la position de Trump devant le Département d’Etat avec la détermination de David Ben Gourion en décembre 1949 contre les préoccupations du ministre israélien des Affaires étrangères, Moshe Sharett. Dans une note à Sharett du 4 décembre 1949, nous pouvons lire : « je vous prie de rassembler le gouvernement demain matin. Je présenterai devant la Knesset une déclaration selon laquelle l’État d’Israël ne sera en aucune manière satisfait d’un gouvernement étranger dans la Jérusalem juive et de sa séparation du pays. Si nous avons le choix entre quitter Jérusalem ou les Nations Unies, nous préférerions quitter les Nations Unies. »

Après le vote sur l’internationalisation de Jérusalem à l’ONU, Ben Gourion annonça que Jérusalem continuera à être la capitale d’Israël, et exigea le transfert de tous les bureaux du gouvernement de Tel-Aviv à Jérusalem.

Depuis, l’État d’Israël a évolué dans tous les domaines et Jérusalem fut réunifié en 1967. Toutefois, Trump comme Ben Gourion ignorent les opinions des experts et les avertissements des instances internationales et de l’opinion publique.

En dehors de la composante de l’idéologie religieuse qui a motivé Trump, et de son amitié innée envers Israël, la question de savoir quel prix Israël doit ou devra payer pour la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale et le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem a été soulevée à plusieurs occasions. La clé de la réponse à cette question se trouve dans l’une des phrases du discours d’amitié de Pence devant la Knesset. Pence a répété et clarifié (comme Trump lui-même l’a fait à d’autres occasions) que les frontières finales de Jérusalem seront déterminées par des négociations entre les deux parties. Dans cette déclaration se trouve la poursuite de l’implication significative des États-Unis dans tout ce qui concerne les plans de construction et de construction à Jérusalem et dans la région du Grand Jérusalem au-delà de ce qu’on appelle la « ligne verte ».

L’administration Trump est opposée à la construction dans deux endroits spécifiques que les Palestiniens et les Israéliens considèrent comme particulièrement stratégiques : le quartier E1 entre Maaleh Adoumim et Jérusalem, et Givat Hamatos, qui se trouve dans le sud de Jérusalem. Les Israéliens et les Palestiniens ont été impliqués dans un conflit sur E1 pendant de nombreuses années concernant la croissance urbaine dans cette zone. Les Israéliens veulent continuer à construire entre Jérusalem et Maaleh Adoumim et la mer Morte le long de la bande sud-est. Les Palestiniens veulent construire du nord au sud, en créant une meilleure continuité entre Ramallah et Bethléem, et vers le sud en direction d’Hébron. Même aujourd’hui, les Américains appellent les deux parties à ne rien construire et à geler la situation en laissant telle qu’elle est sur le terrain.

Trump et son gouvernement sont engagés dans un processus de transfert de l’ambassade et d’acceptation de Jérusalem comme capitale d’Israël, alors que le monde arabe est divisé. Le mutisme relatif de l’Egypte et des Saoudiens sur ce processus, auquel la Jordanie a également adhéré, a facilité la tâche de Trump. L’Egypte, l’Arabie Saoudite et la Jordanie bénéficieront également d’une aide économique et militaire généreuse. Elles font partie de la coalition de Trump et Nétanyahou contre l’Iran, le Hezbollah, le Hamas, la Syrie et aussi la Turquie. Au départ, les Saoudiens et les Egyptiens avaient exprimé une opposition au transfert et la Jordanie, qui a d’abord semblé se joindre à la Turquie, a fait un pas en arrière. Le roi Abdallah qui avait soutenu Mahmoud Abbas et Erdogan, a laissé faire après avoir reçu des Etats-Unis une aide financière qui contribuera à alléger la crise économique actuelle.

Toutefois, la Jordanie s’oppose fermement à « l’accord du siècle » et elle est préoccupée par deux problèmes :

  1. L’avenir de son statut comme gardienne des Lieux saints de Jérusalem, tel que cela est stipulé dans l’accord de paix signé avec Israël en 1994.
  2. Le statut des réfugiés en Jordanie. Environ 60% des résidents du Royaume hachémite sont des réfugiés. La Jordanie s’inquiète de ce que les États-Unis puissent exiger, dans le cadre de « l’accord du siècle», qu’elle intègre chez elle ces réfugiés et leur accorde des droits égaux comme tous leurs résidents.

Quant à Mahmoud Abbas, dont l’état de santé demeure fragile, il cherche à inscrire son nom dans les livres d’Histoire comme celui qui a lutté de toutes ses forces pour Jérusalem et qui n’a jamais cédé sur aucun compromis. L’Autorité palestinienne, qui maintient toujours une liaison sécuritaire avec Israël, a engagé une coopération avec la Turquie, devenue la plus farouche contre les intentions de Trump sur l’avenir de Jérusalem. La Turquie a récemment intensifié le tourisme dans l’enceinte d’al-Aqsa. Elle envoie des milliers de citoyens turcs pour bien marquer leur présence au sein de lieux saints islamiques.

Dans ce contexte plusieurs scénarios sont envisageables mais tous sont graves et inquiétants. Les extrémistes parlent de manifestations de masse violentes et d’attaques terroristes. Les forces de sécurité israéliennes se préparent en effet au pire. Il est à noter également les prochaines dates clé du calendrier :

  • Dimanche 13 mai 2018, (ou 28 Iyar selon le calendrier hébraique), est Yom Yerushalayim – le jour de Jérusalem.
  • Lundi 14 mai 2018, transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.
  • Mardi 15 mai 2018, jour de la Nakbaoù les Palestiniens commémorent le « désastre » suite à l’établissement de l’Etat d’Israël.
  • Mercredi 16 mai 2018, transfert de l’ambassade du Guatemala.
  • Vendredi 18 mai 2018, premier vendredi du mois de Ramadan. Les Palestiniens de Gaza ont l’intention d’intensifier leurs manifestations violentes le long de la barrière frontalière.

Le chef du bureau politique du Hamas, Ismail Haniyeh, a récemment promis que le Hamas « ruinerait et détruirait toutes les festivités des Israéliens ». Malgré cette déclaration, nous constatons que le grand public palestinien de Cisjordanie ne suit pas toujours les directives du Hamas. En outre, les dirigeants de l’Egypte, de l’Arabie Saoudite et de la Jordanie préfèrent se concentrer sur les efforts sur l’Iran plutôt que d’attiser les flammes en Israël.

Le Hamas a des intérêts opposés. Même s’il n’est pas encore prêt pour un nouveau round contre Israël, il poursuit ses activités pour créer une résistance significative et des attaques terroristes violentes en Cisjordanie.

A l’approche du Ramadan, le Hamas avec l’aide des Frères musulmans et de la Turquie tentera de mener des manifestations et des actes terroristes sous prétexte qu’« Al-Aqsa est en danger ».

En conclusion, les jours et les semaines à venir seront explosifs et tout dépendra des mesures préventives prises.

Nadav Shragai

 


Pour citer cet article :

Nadav Shragai, « Le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem et ses conséquences », Le CAPE de Jérusalem, publié le 13 mai 2018 : http://jcpa-lecape.org/le-transfert-de-ambassade-americaine-jerusalem-et-ses-consequences/

Illustration : panneaux de signalisation de la nouvelle Ambassade américaine à Jérusalem (photo Jewish News Syndicate)

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