L’atout stratégique des Iraniens au Liban

wikipedia-logo1Le général Qasem Suleimani, chef de la Force al-Qods au sein des Gardiens de la Révolution iranienne, s’est rendu au Liban immédiatement après les funérailles du général iranien tué lors de l’opération ciblée sur le Golan. Suleimani a rencontré à Beyrouth le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, et plusieurs commandants de la milice chiite libanaise. Il a ensuite visité la famille Mughniyeh,  endeuillée par la mort de leur fils Jihad.

Dans la soirée, à minuit, Suleimani s’est recueilli devant la tombe de Jihad Moughniyeh en citant la sourate Al-Fatiha du Coran, celle de l’ascension de l’âme. Une photo de Suleimani assis sur cette tombe a été largement diffusée par les médias libanais et iraniens pour souligner le lien spécial et symbolique, entre le général iranien, responsable de l’exportation de la Révolution islamique, et son disciple préféré au Liban.

Lors de sa rencontre avec les dirigeants du Hezbollah, le général Suleimani a exigé que la réponse de la milice chiite à l’attaque ciblée sur le Golan soit de portée limitée, malgré les lourdes pertes.

Il est clair qu’à l’heure actuelle, l’Iran ne souhaite pas l’escalade ni enflammer toute la région par une nouvelle guerre au Liban. Pour dissuader Israël de ne pas attaquer ses installations nucléaires, l’Iran possède au Liban un arsenal considérable de missiles stratégiques.

Plus important encore, l’Iran devrait signer prochainement un accord, favorable de son point de vue, avec les États-Unis. Dans ce contexte, et selon les consignes du Guide suprême, l’Ayatollah Khamenei, le général Suleimani est venu spécialement au Liban pour s’assurer que le Hezbollah ne donnera aucun prétexte à Israël de lancer des raids au Liban et ainsi contrecarrer l’accord prévu avec les Américains.

Pour les Ayatollahs, le pays du Cèdre devrait être maintenu comme atout stratégique, une sorte de première ligne de défense de l’Iran contre Israël. Toutefois, un nouveau front contre Israël devrait être établi en Syrie, sur le plateau du Golan où le Hezbollah agira dans le cadre d’un prolongement de la même ligne de défense existante le long de la frontière libanaise.

La dernière attaque du Hezbollah contre une patrouille de Tsahal a été justifiée en raison de son emplacement géographique, à proximité des fermes de Shaba, situées dans le triangle des frontières israélo-syro-libanaises, dont la souveraineté israélienne demeure contestée par le Hezbollah depuis le retrait total d’Israël du Liban en mai 2000.

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Désormais, l’Iran préfère lancer ses représailles en dehors de la région. Son objectif est de frapper des cibles israéliennes ou juives. D’ailleurs, le chef des Pasdarans,  le général Ali Jaafari, a fait déjà allusion en déclarant : «Israël doit s’attendre à des représailles partout dans le monde. »

Dans son discours du 30 janvier 2015, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé que toutes les règles du jeu avec Israël sont quasiment brouillées. Il a rappelé l’assassinat de son prédécesseur, Abbas Mosawi, et a souligné qu’Israël  avait payé un fort prix dans l’attentat meurtrier contre l’ambassade israélienne à Buenos Aires en 1992. Selon ses propos, il n’est pas exclu que la réponse iranienne à l’attaque ciblée sur le Golan soit du même genre.

Nasrallah a souligné dans son discours le « lien de sang » qui existe entre l’Iran et le Hezbollah sur le Golan, en déclarant : «Le sang libano-iranien versé sur le sol de Kouneitra représente l’unité de notre combat et notre destin commun. Le secret de notre résistance est ancré dans le djihad ».

Shimon Shapira

Illustrations : Défilé du Hezbollah ; Suleimani se recueillant devant la tombe de Jihad Moughniyeh.

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