La vérité sur le financement des terroristes palestiniens

Dans une chronique publiée le 14 mars 2018 dans le Washington Post, intitulée « L’Autorité palestinienne paie-t-elle vraiment 350 millions de dollars par an aux terroristes et à leurs familles ? » nous constatons que l’auteur de l’article, Glenn Kessler, a plutôt échoué à vérifier tous les faits et a ainsi réussi à blanchir la politique officielle de l’Autorité palestinienne qui encourage directement le terrorisme et récompense ses auteurs et leurs familles.

L’article de Glenn Kessler représente en effet une attitude bien connue de certains médias occidentaux vis-à-vis du conflit israélo-palestinien. Il confirme que l’Autorité palestinienne verse des sommes énormes aux auteurs d’actes terroristes et à leurs familles et que l’Autorité palestinienne gère deux organisations dédiées à cette fin. Il affirme également que les salaires sont promis à l’avance aux terroristes et qu’ils sont augmentés proportionnellement aux dégâts causés.

Cependant, Kessler échoue dans son jugement sur la « terreur ». Il justifie indirectement les paiements aux agresseurs civils pour violence intentionnelle contre des innocents afin de promouvoir des objectifs politiques et religieux.

Suite aux attentats spectaculaires du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, les massacres de Daesh en Syrie et ailleurs, et les assassinats de Juifs israéliens, Kessler recourt honteusement à l’excuse maladroite et perverse : « cela nous ramène au cliché selon lequel un terroriste est pour certains ce qui est un combattant pour la Liberté pour d’autres ».

Comme l’a souligné l’ambassadeur Dore Gold, président du JCPA-CAPE de Jérusalem : « Kessler pénètre dans le relativisme moral, ce qui dans le contexte actuel signifie que personne n’est en mesure de juger des attaques terroristes les plus abjectes. Avec l’impunité de la terreur, le monde devient plus dangereux car les normes internationales ne sont plus respectées ».

L’Autorité palestinienne érige des stèles en l’honneur de ses “martyrs”

Premièrement, l’attitude de Kessler et ses adeptes ignore le contexte. Soulignons que les terroristes sont payés conformément à une loi de l’Autorité palestinienne qui les définit comme combattants au sein de la société palestinienne. Deux institutions de l’AP ont été créées pour pourvoir aux « prisonniers et aux martyrs », de recevoir 350 millions de dollars dans le cadre du budget officiel de l’Autorité palestinienne pour l’année 2017. En outre, les dirigeants palestiniens honorent régulièrement les terroristes, érigent des stèles et monuments pour les commémorer, et leurs médias les félicitent. Cela reflète le paradigme palestinien qui considère la lutte en cours contre le sionisme comme un impératif pour chaque Palestinien jusqu’au jour de la victoire. C’est la logique derrière tous ces paiements scandaleux.

Deuxièmement, cette attitude ignore également l’engagement de l’Autorité palestinienne envers les Accords d’Oslo, selon lequel l’AP est censée combattre la terreur et l’incitation à la haine.

Troisièmement, ceux qui adoptent cette attitude sont prêts à tolérer la violence. L’AP promeut des jets de pierres, des coups de poignard et des attaques de véhicules bélier qui vont bien au-delà de la désobéissance civile. Si l’AP insiste sur le fait que la Commission des Prisonniers et l’Institution des Martyrs ne fournissent que des avantages aux « combattants de la Liberté », elle doit aussi reconnaître qu’ils sont en état de guerre ouverte contre la population civile israélienne.

Quatrièmement, cette attitude repose fortement sur des ONG biaisées sans mentionner leur raison d’être : la diabolisation d’Israël. Dans une tentative de justifier la politique de « payer pour tuer », Kessler cite l’affirmation palestinienne selon laquelle « les salaires ont pour but de rééquilibrer un système profondément injuste sous occupation ».

En fait, ce n’est pas la vraie justification que les Palestiniens utilisent pour défendre leur politique de salaires aux terroristes. L’Autorité Palestinienne considère les terroristes comme des guerriers et des héros envoyés en mission par les autorités palestiniennes, comme indiqué, par exemple, sur le site Internet de la Commission des Prisonniers, ainsi que sur les affiches des martyrs. C’est pourquoi les dirigeants de l’AP, y compris Mahmoud Abbas lui-même, insistent sur le fait qu’ils continueront à payer les terroristes en toutes circonstances.

Le 14 janvier 2018, Abbas s’est adressé au Conseil central de l’OLP, en affirmant textuellement :

« Nous ne voulons pas la guerre. Nous n’appellerons pas à une guerre militaire contre Israël. Quiconque a des armes peut aller de l’avant. Je n’ai pas d’armes. Je veux que la voie politique pacifique aboutisse à un règlement. Je vois qu’il n’y a que quelques partisans de la paix ici. Tous les autres sont en guerre. Les Américains nous disent toujours que nous devons cesser de payer les salaires aux familles des martyrs et des prisonniers. Nous rejetons catégoriquement cette demande. En aucun cas, nous ne permettrons de faire du tort aux familles des martyrs, des blessés et des prisonniers. Ce sont nos enfants, nos familles. Nous sommes fiers d’eux et nous les paierons avant de payer les vivants. »  

Par ses salaires, l’Autorité palestinienne incite à frapper les Juifs (attentat porte de Damas à Jérusalem)

Cinquièmement, l’auteur de l’article publié dans le Washington Post a apparemment expurgé les informations que lui a fournies l’Autorité palestinienne. Dans ses documents l’AP a bien détaillé comment elle dépensait son argent pour les terroristes. La majorité des dépenses sont définies comme des salaires, et le reste représente d’autres avantages telle qu’une assurance maladie, des services juridiques, des frais de scolarité, etc. Tous ces avantages s’ajoutent à leurs salaires. Ils représentent plus de 70% du budget total alloué aux terroristes au fil des ans.

En réalité, l’AP paie chaque année, fièrement et selon sa propre loi, des sommes considérables pour promouvoir la terreur en récompensant les terroristes incarcérés dans les prisons israéliennes ou tués dans le cadre de leurs activités terroristes. Il existe même une échelle de critères : pour les attentats les plus sanglants les auteurs perçoivent des salaires élevés.

Enfin l’essentiel : la politique des salaires aux terroristes de l’Autorité palestinienne continue à inciter à la terreur. Ces attentats ont déjà coûté la vie à des milliers de personnes, y compris à des Américains et des Européens.

Fournir toute justification ou rationalisation est scandaleux, immoral, illégal, et inacceptable. En revanche, mettre un terme à cette justification morale pourra ouvrir la voie à la paix. L’ignorer éradiquera l’impasse actuelle dans les négociations et encouragera de plus belle le terrorisme de tous bords.

 Yossi Kuperwasser et Sander Gerber

 

Voir le document de l’ancien général de brigade, Yossi Kupervasser, publié sur le site du CAPE le 13 août 2017.

Illustration : Mahmoud Abbas entouré de Dahlan (à droite) et Haniyeh (photo al-Riyadh)


Pour citer cet article :

Yossi Kuperwasser et Sander Gerber, « La vérité sur le financement des terroristes palestiniens », Le CAPE de Jérusalem, publié le 28 mars 2018: http://jcpa-lecape.org/la-verite-sur-le-financement-des-terroristes-palestiniens/

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