La nouvelle république égyptienne

  • wikipedia-jacquesMohamed Morsi, fils de paysan, islamiste emprisonné à plusieurs reprises, a succédé à Hosni Moubarak lors d’élections au suffrage universel. Il est devenu président de la plus grande nation arabe  inaugurant ainsi la Seconde République égyptienne.
  • La victoire de cet ingénieur formé à l’école américaine brise la tradition des personnalités militaires égyptiennes depuis 1952. Après 60 ans de règne ils cèdent aujourd’hui la place aux Frères Musulmans.
  • Il n’est pas certain que l’Egypte va évoluer dans le sens d’un régime similaire à la Turquie. Pour le faire, les Frères musulmans doivent renoncer à leur rêve de longue date à savoir imposer la charia. Ils devraient aussi protéger les droits des femmes et des minorités religieuses mais cela exigerait une lutte permanente et sans merci.
  • Les Frères musulmans sont des habiles pragmatiques et pleinement conscients que l’Egypte a suffisamment de problèmes internes. Désormais, ils orienteront leurs efforts sur les problèmes économiques graves qui touchent tout le pays. Dans ce cas, il est peu probable qu’un changement fondamental interviendra dans la politique étrangère et notamment et surtout vis à vis des Etats-Unis, à moins qu’un nouveau conflit imprévu serait à l’ordre du jour.
  •  Rappelons que l’armée égyptienne reçoit chaque année 1.3 milliard de dollars de Washington, et le secteur civil bénéficie de l’investissement américain. Toutefois, le Caire n’hésitera pas à confronter les Etats-Unis sur des questions relatives à la souveraineté nationale et les droits de l’Homme dont la présence d’ONG.
  • Le Hamas dans la bande de Gaza – filiale des Frères musulmans – en tire de grands espoirs dans le nouveau régime, mais il sera probablement déçu. Cependant, une opération militaire israélienne de grande envergure contre le Hamas ne pourra laisser l’Egypte indifférente. Pour l’heure, l’Egypte devrait rétablir la sécurité dans la péninsule du Sinaï (surtout après le dernier attentat du 6 août  causant la mort de 16 gardes- frontière égyptiens) et dans le pays entier car des cellules de groupes islamistes visent toujours de renverser le régime.
  • Dans ce contexte et à la lumière des mesures prises par le Conseil suprême des Forces armées (CSFA) dont le but est de freiner les ambitions du pouvoir, Morsi  évitera la confrontation et sera dans l’obligation de transiger avec l’armée.

     Les Frères musulmans sont une confrérie dont la haine à l’égard d’Israël est bien connue. Bien que Morsi ne soit plus l’un de ses membres et se veut président de tous les Egyptiens, il a appelé à  une révision du traité de paix avec Israel signé en 1979, affirmant que ce dernier ne l’a pas respecté. Les Frères musulmans se sont opposés avec véhémence à la paix et l’ont accepté  par intérêt et pragmatisme. En raison des liens avec les Etats-Unis, Morsi accepte de facto le traité de paix mais refusera que le Hamas soit vaincu ou humilié par Israël. Toutefois, tant que le conflit demeure à « feu doux », il n’envisagerait pas l’escalade et la reprise des hostilités contre Israël, du moins tant que le CSFA soit omniprésent.

Le problème majeur et à court terme est de rétablir la sécurité dansla Péninsuledu Sinaï et de reprendre le contrôle de la péninsule, devenu plaque tournante du terrorisme international. Rappelons que le  gazoduc vers Israël etla Jordaniea été saboté une quinzaine de fois depuis la chute de Moubarak. Israël a également averti ses touristes de quitter dans l’immédiat le Sinaï devenu refuge idéal pour les terroristes, les contrebandes et le trafic d’armes. Il existe environ plus de dix mille extrémistes islamistes dans la péninsule obtenant un soutien logistique des bédouins locaux.

Pour aider l’Egypte à reprendre son emprise sur le Sinaï, Israël a accepté à trois reprises  d’augmenter le nombre des troupes égyptiennes dans la péninsule, ce qui devrait modifier certaines clauses du traité de paix.

En conclusion, des observateurs sont convaincus que Morsi ne pourra achever son mandat et certains lui prédisent une année seulement au pouvoir. Tout dépendra du rôle des généraux de l’armée et de la rédaction de la nouvelle constitution. Ce bras de fer et un grand défi pour Morsi. S’il choisira la confrontation, il pourra alors adopter le modèle turc, à savoir que dans ce pays un cinquième des généraux de l’armée est en prison. A suivre….

Lire le texte intégral de l’article et ses références sur le site anglais du JCPA-CAPE.

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