La lutte armée des Brigades des Martyrs d’al-Aqsa en Cisjordanie

wikipedia-haleviAu moment où la guerre à Gaza fait rage, il est important de souligner qu’en Cisjordanie les Brigades des Martyrs d’al-Aqsa reprennent leur activités terroristes en violation des accords signés entre Israël et l’Autorité palestinienne. La reprise de la « lutte armée » devrait  donc jeter la suspicion sur les engagements de Mahmoud Abbas concernant le combat contre  le terrorisme dans le cadre de tout règlement politique futur.

Dans ce contexte fort inquiétant, comment Israël pourrait obtenir la garantie que ses revendications sécuritaires seront respectées en Cisjordanie ?

Rappelons que le 26 juillet 2007, le chef de l’Autorité palestinienne a publié un décret concernant le « démantèlement de toutes les milices et les groupes armés » (voir ci-dessous en annexe). Ce décret  présidentiel incluait sans équivoque les Brigades des Martyrs d’al-Aqsa, dont le chef est Mahmoud Abbas lui même…

Le désarmement de ces brigades a été réalisé dans le cadre d’un accord  conclu entre Israël et l’Autorité palestinienne intervenu en juin 2007 juste après la prise du pouvoir de la bande de Gaza par le Hamas.

Israël avait alors accepté de libérer plus de 200 détenus du Fatah en échange d’un engagement écrit  de renoncer à la voie du terrorisme, de déposer toutes les armes et munitions et de ne jamais participer de quelque façon que se soit dans le commerce  des armes. Il a été également précisé que l’Autorité palestinienne veillerait scrupuleusement à la mise en œuvre de tous ces engagements.

Mais voilà que ces jours-ci, les Brigades des Martyrs d’al-Aqsa relèvent la tête au sein du Fatah et annoncent la reprise de la lutte armée en Cisjordanie.  Dans un communiqué officiel publié le 22 juillet 2014, elles annoncent, tambour battant, « une guerre d’usure, ouverte et totale, contre l’ennemi sioniste en conformité avec les lois et les conventions internationales qui confèrent aux Palestiniens le droit à une lutte armée dont le but ultime serait de chasser l’occupant de toute parcelle de la terre de Palestine. »

Le 16 août dernier, les Brigades des Martyrs d’al-Aqsa ont même publié une liste d’une trentaine d’attaques terroristes qu’elles avaient perpétrées récemment en Cisjordanie et à Jérusalem. Parmi ces attaques, des attentats contre des soldats de Tsahal à Naplouse et à Hébron, contre des implantations à Beit Eil et à Itamar, et près de l’Université hébraïque de Jérusalem. Toujours selon ce communiqué, plusieurs « soldats et sionistes ont été touchés et blessés ».

Ainsi, les Brigades des Martyrs d’al-Aqsa, branche  militaire du mouvement Fatah, dirigé par Mahmoud Abbas, reprennent officiellement leurs activités terroristes aussi bien en Cisjordanie qu’à l’intérieur de la ligne verte en Israël.

Assistons-nous à une nouvelle et troisième Intifada ?

Certes, nous ne savons pas si Mahmoud Abbas a donné son consentement aux Brigades des Martyrs d’al-Aqsa mais comment expliquer les dernières activités ? Les Brigades ne sont-elles pas sous la direction d’Abbas ?

Si Abbas a vraiment approuvé cette décision n’est-il pas alors complice de la politique de la terreur ? S’il n’était pas non plus au courant, cela ne prouve-t-il pas sa grande faiblesse en tant que partenaire privilégié du processus de paix ? Est-il dans ces conditions capable de signer un accord politique avec Israël ?

Enfin, nous constatons hélas, une fois de plus, que les décrets présidentiels qu’Abbas signe sont souvent sans valeur réelle et lui servent en fait d’écran de fumée pour atteindre des objectifs politiques.

Ce triste constat nous oblige à être très vigilants et intransigeants à chaque fois que  nous abordons des questions sécuritaires avec l’Autorité palestinienne.

Jonathan D. Halevy

 

Annexe : Décret présidentiel du 26 juillet 2007 signé de Mahmoud Abbas (texte original traduit de l’arabe)

« Après examen de la Loi fondamentale révisée en 2003 avec ses amendements, et en référence au décret présidentiel du 14 Juin 2007, qui a proclamé  l’état d’urgence, sur la base de la recommandation du gouvernement, et sur la base des pouvoirs accordés, et au nom de l’intérêt public, nous décrétons comme suit :

1. L’existence d’un seul élément de l’une des milices armées ou des groupes militaires ou paramilitaires irréguliers est hors la loi.

2. Il est interdit à toute milice armée ou groupe militaire ou paramilitaire irréguliers d’exercer toute activité clandestine. Tous ceux qui les aideront ou leur fourniront des services en porteront la responsabilité pénale et administrative.

3. Le gouvernement est tenu de mettre un terme définitif au phénomène des groupes armés.

4. Le gouvernement devrait mettre en œuvre les dispositions des lois et les règlements concernant l’interdiction du port d’armes et la confiscation de toutes les armes, munitions, explosifs et autres matériels de guerre qui ne sont pas autorisés et tous les matériaux qui constituent un danger pour l’ordre public .

5. Quiconque viole les injonctions de ce décret sera considéré comme ayant commis un crime pour lequel la peine sera conforme à ce qui a été stipulé dans la loi en vigueur.

Tous les acteurs concernés, chacun dans ses propres domaines, devraient mettre en œuvre les injonctions de ce décret et agir en conformité avec elles à partir de sa date de délivrance.

Publié dans la ville de Ramallah, le 26 Juin 2007, 11ième mois de Joumada, an 1428 de l’Hégire.

Mahmoud Abbas,

Président du Comité exécutif de l’OLP

Président de l’Autorité nationale palestinienne.»

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